COP22: M. Trump, «nous comptons sur votre pragmatisme»

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« Le message de la COP au nouveau président américain est tout simplement de dire "nous comptons sur votre pragmatisme et votre esprit d'engagement" », a lancé vendredi Salaheddine Mezouar (au centre), le ministre marocain des Affaires étrangères, qui préside les débats. « Marrakech a aidé à ce que cette question soit prise en compte », a-t-il ajouté.

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Céline SERRAT
Agence France-Presse
MARRAKECH

Le président de la 22e conférence de l'ONU sur le climat, le marocain Salaheddine Mezouar, a affirmé compter sur le « pragmatisme » et l'« esprit d'engagement » de Donald Trump, vendredi à Marrakech.

Répondant à un journaliste qui lui demandait s'il avait un message à adresser au président désigné américain, qui a qualifié le réchauffement de « canular », le ministre des Affaires étrangères a répondu : « le message de la COP au nouveau président américain est tout simplement de dire "nous comptons sur votre pragmatisme et votre esprit d'engagement" ».

« La communauté internationale est engagée sur un grand combat pour l'avenir de notre planète (...) pour la dignité de millions et de millions de personnes », a poursuivi Salaheddine Mezouar.

« L'attente est claire, nous continuons le chemin, nous continuons à tracer notre cap, nous n'avons strictement aucun doute sur l'esprit de pragmatisme du président Donald Trump, mais également sur l'engagement (...) du peuple américain », a affirmé le ministre marocain.

La COP22, consacrée à la mise en oeuvre de l'accord de Paris conclu l'an dernier, termine ses travaux vendredi.

À Paris, la communauté internationale s'est fixé comme objectif de contenir la hausse du thermomètre mondial « bien en dessous 2 °C » et de revoir à la hausse les engagements des pays à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, actuellement insuffisants pour respecter cette limite.

Des progrès, mais pas spectaculaires 

Les négociateurs de près de 190 pays mettent un point final vendredi à Marrakech à la 22e conférence de l'ONU sur le climat, sans progrès spectaculaires mais en ayant réaffirmé sa détermination à appliquer l'accord de Paris malgré l'incertitude créée par l'élection du climatosceptique Donald Trump.

« Les progrès n'ont pas été spectaculaires [...] mais au moins il n'y a pas eu de blocage », a confié le représentant de Grenade au nom des petits États insulaires.

« Les débats ont été constructifs mais aussi un peu chaotiques et il y a beaucoup à faire », a reconnu un négociateur européen. « L'accord de Paris a décidé ce qu'il fallait faire, les discussions à la COP22 ont été centrées sur comment le faire », a-t-il dit.

Comment s'assurer que les 100 milliards de dollars annuels promis aux pays en développement seront bien atteints en 2020 ? Comment préparer le rendez-vous de 2018 lorsqu'un premier bilan des actions des pays doit être fait ?

Quelles informations les États devront-ils fournir sur leur politique en faveur du climat pour rendre le processus le plus transparent possible ?

À Marrakech, au-delà des incontournables questions de procédure avec plus de 190 pays autour de la table, les financements ont encore été un sujet sensible.

« Vingt milliards de dollars en 2020 pour les actions d'adaptation [systèmes d'alerte météo, d'irrigation, d'accès à l'eau potable, digues, etc.], c'est totalement insuffisant », a commenté Liz Gallagher de l'ONG 3G.

« Il y a énormément de projets d'adaptation qui ont besoin de financement, cela est un des points de discussion forts dans cette COP », a convenu vendredi Salaheddine Mezouar, le ministre marocain des Affaires étrangères, qui préside les débats. « Marrakech a aidé à ce que cette question soit prise en compte », a-t-il ajouté.

Pour plaider leur cause, les pays en développement mettent en avant la dernière évaluation du programme des Nations unies pour l'environnement, qui estime les besoins pour les seules actions d'adaptation entre 140 et 300 milliards annuels d'ici 2030.

Dans la « proclamation de Marrakech » publiée jeudi soir et endossée par tous les États, figure un appel à « augmenter le montant, les versements et l'accès aux financements pour des projets climatiques ».

Ce texte est aussi une réponse à l'élection de Donald Trump aux États-Unis.

« Nous, chefs d'État, de gouvernement, et délégations réunis à Marrakech [...] appelons à l'engagement politique maximal pour lutter contre le changement climatique », dit-il.

Alors que les discussions techniques avaient débuté, l'élection d'un président américain climatosceptique a été un choc pour les négociateurs, qui pensaient célébrer l'entrée en vigueur rapide de l'accord de Paris, effective depuis le 4 novembre.

L'inquiétude, un certain attentisme et l'affichage d'une volonté inébranlable à aller de l'avant ont ensuite pris le dessus.

« La politique chinoise reste inchangée », « la volonté de la Chine de travailler avec les autres pays demeure et je crois qu'un dirigeant avisé suivra la voie mondiale et historique » de la lutte contre le réchauffement, a encore déclaré jeudi Xie Zhenhua, le négociateur chinois.

Après le Royaume-Uni jeudi, 111 pays ont désormais ratifié l'accord de Paris.

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