L'accord de Paris entre en vigueur

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Le slogan « Action Now » a été projeté sur la tour Eiffel durant la COP21, en décembre 2015.

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Céline SERRAT, Catherine HOURS
Agence France-Presse
PARIS

Moins d'un an après son adoption à Paris par 195 pays, le premier accord mondial pour éviter un emballement des dérèglements climatiques est entré en vigueur vendredi, à trois jours du début de la COP22 de Marrakech, où il sera question de son application.

« Cette entrée en vigueur rapide est un signal politique clair confirmant que tous les pays sont engagés en faveur d'une action décisive contre le changement climatique », soulignent dans un communiqué Patricia Espinosa, la responsable climat de l'ONU, et Salaheddine Mezouar, le ministre marocain des Affaires étrangères, qui présidera la COP22.

La présidence de la République française a salué « un jour historique pour la planète », la Commission européenne « un événement exceptionnel ».

Pour entrer en vigueur, l'accord devait être ratifié par 55 pays représentant au moins 55 % des émissions de gaz à effet de serre (GES). Cela s'est produit bien plus vite que prévu.

Aujourd'hui, 97 des 192 États ayant signé le texte l'ont ratifié (représentant 67,5 % des émissions). Une vingtaine devraient encore le faire d'ici à l'ouverture de la réunion de Marrakech, a indiqué la présidente de la COP21 Ségolène Royal.

« Le changement climatique est le plus grand défi à relever, et les villes » feront leur part du travail, a dit à ses côtés la maire de Paris Anne Hidalgo, présidente élue du réseau des métropoles pour le climat (C40).

Pour marquer cette étape, Paris devait illuminer vendredi en vert la tour Eiffel, l'Arc de triomphe et les quais de Seine. Des bâtiments publics devaient être éclairés ailleurs dans le monde, à Adélaïde, Bruxelles (la Commission européenne), Marrakech, New Delhi, Sao Paulo.

Toutefois, ce rythme inespéré ne doit pas masquer les immenses efforts que les pays vont devoir faire pour respecter l'objectif de limiter la hausse du thermomètre « bien en deçà 2°C » par rapport à avant la Révolution industrielle.

Sachant que la température moyenne de la planète a déjà gagné près de 1°C - et encore bien plus en Arctique ou en Méditerranée - le temps est compté, répètent les climatologues.

Pour arriver à plafonner le réchauffement sous 2°C, les émissions de GES doivent cesser de croître, puis être réduites de 40 à 70 % entre 2010 et 2050 selon les experts du climat.

« Le défi grandit »

« Alors que le monde se retrouve à Marrakech, nous devons retrouver le sentiment d'urgence que nous avions il y a un an », a plaidé dans un communiqué Jim Yong Kim, le président de la Banque mondiale, car « avec chaque jour qui passe, le défi du climat grandit ».

Première interrogation, qui sera réglée dès le deuxième jour de cette COP mardi : les Américains éliront-ils, avec Donald Trump, un président hostile à la lutte contre le réchauffement, ce qui menacerait le processus ?

Au-delà, il faudra trouver les moyens d'intensifier une transition économique et énergétique déjà amorcée mais difficile.

Le plafonnement des émissions implique un basculement à très grande échelle vers les énergies vertes et un abandon des fossiles (pétrole, charbon, gaz).

Il faudra des investissements importants pour rendre les secteurs de l'habitat, des transports et de l'industrie moins gourmands en énergie, et de nouvelles politiques agricoles et alimentaires.

« À court terme, et certainement dans les 15 prochaines années, nous devons voir des réductions sans précédent d'émissions et des efforts inégalés pour construire des sociétés pouvant résister au changement climatique », préviennent Patricia Espinosa et Salaheddine Mezouar.

Concrètement, cela veut dire que les pays vont devoir faire plus que les engagements pris dans le cadre de l'accord de Paris, qui prévoit un mécanisme pour réviser à la hausse les objectifs nationaux.

Cette question de « l'ambition collective » et de celle de chaque pays sera abordée à Marrakech, même s'il sera trop tôt pour espérer de nouveaux engagements.

Celle des financements sera également au coeur des débats, tant au sujet de l'aide publique de 100 milliards de dollars par an promis d'ici 2020 aux pays en développement, que celle bien plus vaste du « verdissement » de la finance mondiale.

En effet, seule une réorientation des flux financiers mondiaux vers des activités « bas carbone » (peu ou pas émettrices de CO2) pourra assurer un développement « propre » des pays, qui exigerait selon l'ONU 5000 à 7000 milliards de dollars par an.

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