Arctique plus chaud, hivers plus froids

Des chercheurs pensent que le réchauffement de l'Arctique... (Photo Jonathan Hayward, archives La Presse Canadienne)

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Des chercheurs pensent que le réchauffement de l'Arctique rend moins circulaire, plus louvoyant, le vortex polaire qui empêche le froid arctique de migrer vers le sud.

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L'accélération de la fonte de la banquise arctique pourrait paradoxalement donner des hivers plus froids dans l'est du Canada et des États-Unis, selon une nouvelle étude. La tendance n'est pas visible à Montréal, mais la Nouvelle-Angleterre a été frappée ces dernières années par plusieurs vagues de froid et tempêtes de neige anormales.

« Il y a un débat dans la communauté des climatologues », explique Theodore Shepherd, de l'Université de Reading, en Angleterre, qui signe l'analyse parue à la fin d'août dans la revue Science. « Certains pensent que les hivers anormalement froids dans l'est des États-Unis reflètent la variabilité normale du climat et ne sont pas liés au réchauffement de la planète. D'autres pensent que le réchauffement de l'Arctique rend moins circulaire, plus louvoyant, le vortex polaire qui empêche le froid arctique de migrer vers le sud. Ces louvoiements du vortex font en sorte que l'air très froid va beaucoup plus au sud. »

Ce phénomène existe probablement en Asie, selon M. Shepherd.

« Il a été montré que le refroidissement des dernières années en Asie centrale est lié à la fonte de la banquise de la mer de Barents, au-dessus de la Russie. Il est plus facile d'analyser le lien entre les deux phénomènes à cet endroit parce qu'il n'y a pas les océans pour compliquer les calculs. » - Le climatologue Theodore Shepherd

À Montréal, l'hiver dernier a été plus chaud que la normale, mais les deux hivers précédents étaient plus froids, selon les données d'Environnement Canada. Des hivers beaucoup plus froids que la normale sont survenus au début des années 70, des années 80 et au milieu des années 90. Les normales elles-mêmes sont légèrement moins froides : par exemple, la normale pour 1971-2000 était de - 10,2 °C à Montréal en janvier contre - 9,7 °C pour 1981-2010.

LANCER UN DIALOGUE

M. Shepherd a dirigé une rencontre entre des scientifiques partisans des deux théories à Londres, il y a un an et demi. « À l'époque, j'avais été frappé de constater combien tout le monde restait sur ses positions. La rencontre a permis de lancer un dialogue afin de mettre au point ensemble une manière de tester vraiment l'hypothèse que l'Arctique plus chaud mène à des hivers plus froids. »

Pourrait-on en arriver à un scénario catastrophe de nouvelle période glaciaire, comme dans le film The Day After Tomorrow ? « Non, certainement pas, dit en riant M. Shepherd. Pour ça, il faudrait que le courant du Golfe [Gulf Stream] dans l'Atlantique Nord s'affaiblisse considérablement. Ça prendrait des millénaires. »

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