On ne doit pas opposer les oléoducs aux éoliennes, affirme Trudeau

Selon Justin Trudeau, il faut continuer de produire... (PHOTO DON MACKINNON, AGENCE FRANCE-PRESSE)

Agrandir

Selon Justin Trudeau, il faut continuer de produire de la richesse avec les ressources naturelles du pays afin de financer la transition vers une économie à faibles émissions de carbone.

PHOTO DON MACKINNON, AGENCE FRANCE-PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
Vancouver

Le premier ministre Justin Trudeau a profité d'un discours lors d'une conférence sur les technologies vertes mercredi pour promouvoir la croissance des secteurs gazier et pétrolier au pays avant de prendre un peu de recul lors d'un impromptu de presse.

Au cours de la première journée de la rencontre fédérale-provinciale sur les changements climatiques, M. Trudeau a affirmé qu'une économie à faible émission de carbone créera de l'emploi.

Il a aussi fait l'annonce de la création de deux nouveaux fonds, totalisant plus de 125 millions $, pour aider les municipalités et stimuler les innovations vertes par la promotion de projets d'infrastructures respectueux du climat.

Mais, en reconnaissant les tensions croissantes d'un pays divisé par la richesse de ses ressources naturelles, le premier ministre libéral a tenté de mettre de côté les divisions politiques au sujet des sables bitumineux et du prolongement de l'oléoduc d'Énergie Est de TransCanada.

Justin Trudeau a reçu un accueil chaleureux d'une plénière emballée à l'ouverture de cette semaine de négociations et de réseautage mercredi matin, lors d'un discours faisant la promotion des opportunités économiques pour le pays.

Selon lui, il faut continuer de produire de la richesse avec les abondantes ressources naturelles du pays afin de financer cette transition vers une économie à faibles émissions de carbone.

Il a ajouté que l'idée qu'on doive choisir entre les oléoducs et les éoliennes est un faux débat, puisque le Canada a besoin des deux pour atteindre ses objectifs.

« Alors que nous continuons de nous assurer qu'il y ait un marché pour nos ressources naturelles, notre engagement intensifié envers un avenir plus propre sera un avantage de grande valeur », a-t-il déclaré

Tensions sur le carbone

M. Trudeau est à Vancouver pour rencontrer les premiers ministres dans les trois mois suivant la conférence de Paris sur le climat (COP21). Mais ses promesses d'établir de nouveaux objectifs d'émissions pour le pays et de créer une politique climatique pancanadienne ont transformé une simple feuille de route vers l'établissement d'un véritable cadre politique.

Malgré le ton rassembleur du premier ministre, les tensions étaient bien palpables.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, a continué de torpiller les discussions sur la taxe du carbone.

« Nous savons que les combustibles fossiles continueront à être utilisés dans le monde, certainement comme une énergie de transition, jusqu'à ce que nous obtenions des énergies renouvelables. C'est un fait », a déclaré Brad Wall aux journalistes, un étage au-dessus de l'endroit où M. Trudeau s'adressait au même moment à une plusieurs médias dans le Centre des congrès de Vancouver.

Il a dit que le pétrole et le gaz continueront d'être « des éléments centraux des économies du monde entier ».

« Est-ce que les Canadiens veulent être une partie de la réponse à ces besoins en combustibles fossiles? Voilà, la question que nous devons nous poser, a dit M. Wall. Et si la réponse est oui, alors nous devrons construire des oléoducs », a-t-il ajouté.

Les efforts de Justin Trudeau pour donner une certaine marge de manoeuvre aux premiers ministres de la Saskatchewan Brad Wall et de l'Alberta Rachel Notley au sujet des oléoducs ont immédiatement fait réagir les opposants.

Une séance de questions-réponses sur scène lors de la conférence amicale « Globe » a vite pris un nouveau tournant, au moment où la première question adressée au premier ministre a porté sur la hausse d'un degré Celsius du climat mondial.

« Comment pouvons-nous avoir l'oléoduc Énergie Est sur la même table? », a demandé Ziya Tong, l'hôte d'un programme de vulgarisation scientifique, appuyée par des cris dispersés et des applaudissements de l'auditoire.

M. Trudeau a répondu que le pays sait bien qu'il doit aller au-delà des combustibles fossiles, mais il n'en est tout simplement pas encore là.

«Vendre nos ressources sur le marché»

La question a de nouveau émergé lors de la conférence de presse suivante de Justin Trudeau.

« L'une des responsabilités de tous les premiers ministres du Canada est de vendre nos ressources sur le marché, a-t-il dit. Le Canada possède des ressources naturelles et nous avons besoin de les exploiter pour notre économie et notre croissance ».

L'idée est d'avoir une transition responsable et rapide durant le prochain demi-siècle, a ajouté M. Trudeau.

M. Trudeau a conclu la conférence de presse en niant le fait que son gouvernement veuille créer des conditions pour une plus grande consommation de combustibles fossiles.

« En fait, ce que nous essayons de faire, c'est de diminuer la consommation de pétrole et de gaz naturel, a-t-il précisé. C'est pour cela que les investissements dans les énergies renouvelables, les investissements dans les technologies propres, sont une partie importante de notre vision pour le futur. »

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer