Climat: le G20 dit sa «détermination» avant la COP21

La France, qui va accueillir du 30 novembre... (PHOTO ALAIN JOCARD, AFP)

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La France, qui va accueillir du 30 novembre au 11 décembre les 195 pays participant à la grande conférence sur le climat, avait tapé du poing sur la table dimanche en exigeant une réécriture du projet de communiqué soumis aux chefs d'État à leur arrivée dans la station balnéaire d'Antalya, où doit s'achever dans l'après-midi le sommet.

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Aurélia ENDANTALYA
Agence France-Presse

Au terme d'une laborieuse nuit de négociation, le G20 devrait dire lundi sa « détermination » à respecter l'objectif de limiter le réchauffement climatique à 2 °C, et éviter l'échec de la COP21 de Paris dans deux semaines.

Selon un extrait du communiqué qui doit encore être validé par les chefs d'État et de gouvernement réunis en Turquie, le G20 souhaite que la grande conférence de l'ONU sur le climat accouche d'un « protocole, autre instrument ou accord ayant force juridique » et « s'appliquant à toutes les parties ».

« Nous reconnaissons que 2015 est une année décisive », écrivent les 20 premières puissances économiques mondiales dans ce texte que l'AFP a pu voir. Elles plaident pour la conclusion à Paris d'un accord « juste, équilibré, ambitieux, durable et dynamique ».

Ce futur accord doit aussi respecter les « responsabilités différentiées et les capacités de chacun », selon le G20. En clair, faire une distinction entre les pays riches, responsables historiques du réchauffement, et les économies en développement.

Difficile consensus autour des 2 °C 

Le texte vu par l'AFP cite aussi en toutes lettres « l'objectif de 2 degrés » de réchauffement maximum, une mention en apparence consensuelle qui a pourtant fait l'objet de discussions acharnées.

La France, qui va accueillir du 30 novembre au 11 décembre les 195 pays participant à la grande conférence sur le climat, avait tapé du poing sur la table dimanche en exigeant une réécriture du projet de communiqué soumis aux chefs d'État à leur arrivée dans la station balnéaire d'Antalya, où doit s'achever dans l'après-midi le sommet.

Elle a été soutenue par les pays développés, qui craignent de voir se rejouer à Paris le fiasco de la conférence de Copenhague sur le climat en 2009.

« C'est le seul point que nous avons renvoyé aux sherpas », ces diplomates qui pendant des semaines négocient mot à mot ce si sensible communiqué final, avait dit dimanche soir aux journalistes le ministre français des Finances Michel Sapin, critiquant le « niveau de très grande généralité » du texte provisoire.

« Il faut quelque chose de politiquement beaucoup plus fort », avait exigé pour sa part le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.

Selon une source proche des discussions, les « sherpas » ont négocié jusque vers trois heures du matin, pour livrer ce texte à la formulation prudente, qui « devrait convenir » aux chefs d'État et de gouvernement.

« Pas sur la même planète » 

Une source européenne a elle relaté des débats laborieux, qui ont donné l'impression que les pays industrialisés d'un côté, et les pays émergents de l'autre, emmenés par l'Inde et l'Arabie saoudite, « ne vivaient pas sur la même planète ».

« Nous avons besoin d'une vision commune et d'une action collective, c'est tout simplement normal et logique », a-t-elle dit, déplorant que cette vision de « bon sens » n'ait « pas été vraiment partagée ».

La source européenne a toutefois aussi souligné la volonté des pays émergents de ne pas trop mêler le G20 aux  négociations de préparation de la COP21 elle-même, qui se tient sous l'égide des Nations Unies.

Pour Tristram Sainsbury, expert du Lowy Institute de Sydney, le communiqué final du G20 est « bien plus positif que ce qui était attendu avant le sommet ».

L'expert a toutefois souligné que le projet de communiqué ne mentionnait pas le financement de la lutte contre le réchauffement climatique, qu'il a comparé en anglais à un « éléphant dans la salle », un sujet épineux dont tout le monde évite de parler.

La chancelière Angela Merkel a confirmé lors d'un point presse que la question du financement n'avait « pas été abordée » à Antalya, et qu'elle le serait à Paris.

John Kirton, vice-directeur du G20 Research Group de l'université de Toronto, livre un avis général sévère sur le texte: « Il n'y a rien de neuf, tout a déjà été dit ».

Pour lui, « tout va dépendre d'une ultime tentative désespérée » à Paris.

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