Une tour Eiffel en Amazonie

Blanc et orange, l'Observatoire de la haute tour... (PHOTO YESICA FISCH, AP)

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Blanc et orange, l'Observatoire de la haute tour d'Amazonie (ATTO) contraste avec le vert de la réserve écologique d'Uatuma, à 350 km de Manaus, la capitale de l'Amazonie brésilienne.

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Javier TOVAR SAO SEBASTIAO DO
Agence France-Presse
UATUMA, Brésil

Au coeur de la forêt amazonienne se dresse une structure métallique aussi haute que la tour Eiffel : c'est un laboratoire destiné à étudier le changement climatique dans le poumon de la planète au cours des 30 prochaines années.

Blanc et orange, l'Observatoire de la haute tour d'Amazonie (ATTO) contraste avec le vert de la réserve écologique d'Uatuma, à 350 km de Manaus, la capitale de l'Amazonie brésilienne. On y parvient après des heures de voiture sur des pistes poussiéreuses et de navigation fluviale.

Pas de réseau pour le téléphone ou internet. De la forêt à perte de vue où le chant monotone et strident des cigales se mélange à celui des oiseaux et au bourdonnement des insectes.

«Le fait d'être loin des villes et de l'influence de l'homme assure une collecte de données relativement vierges», explique Meinrat Andrae, directeur de l'institut allemand Max Planck, à l'initiative du projet avec l'Institut de recherches d'Amazonie du Brésil (INPA).

Avec ses 3000 km d'est en ouest, la forêt amazonienne est la plus vaste forêt tropicale du monde, d'où son importance pour comprendre l'influence qu'elle a dans les processus climatiques et atmosphériques d'autres régions de la planète.

«Grâce à cette tour, nous allons mieux comprendre le rôle de l'Amazonie, son effet sur le climat local, mais aussi sur le climat mondial», assure à l'AFP le professeur Antonio Ocimar Manzi, responsable du projet du côté brésilien.

Harnais obligatoire

Personne n'échappe à la chaleur moite de «l'enfer vert». Pour se rafraîchir, on peut grimper sur la tour de 325 mètres - un de plus que la tour Eiffel -, où souffle une brise constante. Mais il ne faut pas avoir le vertige.

Un harnais est obligatoire et il y a plus de 1000 marches jusqu'à son sommet. L'accès est limité à 150 mètres de haut pour les journalistes.

Cet observatoire climatique, le plus haut du monde, a été inauguré samedi, mais n'est pas encore opérationnel.

Des tests ont été effectués, mais c'est d'ici à la fin de l'année qu'il sera doté des instruments nécessaires à sa mission, prévue pour durer 30 ans, permettant une étude sur le long terme.

Les forêts tropicales contribuent à l'équilibre climatique de la planète en raison de leur capacité à gagner ou perdre de grandes quantités de carbone.

Mais avec l'augmentation d'une fois et demie des émissions de gaz à effet de serre au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, les scientifiques veulent savoir ce que la jungle fait de cet excès de CO2.

Il y a déjà deux autres tours, de 50 et 80 mètres de haut, dans la réserve d'Uatuma qui analysent l'interaction de la forêt et de l'atmosphère, dans un rayon de 10 kilomètres.

Mais avec ATTO, le rayon sera élargi à 1000 kilomètres.

L'exemple de la Sibérie

Le responsable allemand, Jurgen Kesselmeier, raconte que l'idée de la tour a surgi pendant une pause café.

«On discutait à l'institut (Max Planck) quand Andrae a dit que ce serait parfait d'avoir une tour comme la ZOTTO en Sibérie, dans la région amazonienne. Je lui ai répondu «excellent!, mais qui va payer?»».

L'observatoire de Zotino (ZOTTO) fonctionne depuis 2003 et étudie les concentrations de CO2, méthane et autres gaz à effet de serre, dans la taïga sibérienne.

ATTO a coûté 26 millions de réais (7,4 millions de dollars) et a été financé à parts égales par l'Allemagne et le Brésil.

Cette tour de 142 tonnes a été construite dans le sud du Brésil.

Il a fallu 15 jours pour transporter ses 15 000 pièces en Amazonie, un trajet de 4000 km.

Jurgen Kesselmeier est impatient de connaître les données quotidiennes qu'elle va fournir : celles-ci permettront non seulement de mieux connaître l'Amazonie, mais aussi de formuler des recommandations aux gouvernements sur le changement climatique, l'un des défis du XXIe siècle.

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