Le «sommet des consciences» s'ouvre à Paris

L'ex-secrétaire général des Nations unies Kofi Annan participe... (PHOTO ÉTIENNE LAURENT, REUTERS)

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L'ex-secrétaire général des Nations unies Kofi Annan participe au sommet parisien.

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Benoît FAUCHET, Sabine WIBAUX
Agence France-Presse
PARIS

Dignitaires chrétiens, sages asiatiques, Indiens d'Amazonie ou philosophes occidentaux, des dizaines d'autorités morales du monde entier étaient réunies mardi à Paris pour un «sommet des consciences» sur le climat, quatre mois avant la cruciale conférence COP21 en France.

Ce rendez-vous «part du constat que la crise climatique, et plus largement la crise écologique, ne se réduit pas à ses dimensions scientifique, technologique, économique et politique», mais qu'«il s'agit d'une crise de sens», a souligné le président français François Hollande en ouverture de cet événement.

Le climat, «why do I care» («pourquoi je m'en préoccupe»), c'est le mot d'ordre de ce sommet auquel participent notamment l'ex-secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, le Bangladais Muhammad Yunus, pionnier du microcrédit et prix Nobel de la paix 2006, et le photographe brésilien Sebastiao Salgado.

L'acteur et ancien gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger, coorganisateur du rassemblement à travers son réseau R20, a pour sa part transmis un message vidéo, qui sera diffusé dans l'après-midi.

Ces personnalités «sont rassemblées pour envoyer un seul message : un accord doit être trouvé à Paris lors de la conférence sur le climat. Ce n'est pas une affaire de chefs d'État et de gouvernement, c'est l'affaire de tous les habitants de la planète», a souligné François Hollande.

L'événement a été organisé à l'initiative de l'ancien animateur de télévision Nicolas Hulot, grand défenseur de l'environnement et envoyé spécial du président français pour la protection de la planète.

«La crise climatique est l'ultime injustice», a-t-il martelé à la tribune, en allusion aux populations victimes des dérèglements climatiques, qui peuvent être en compétition pour l'accès à l'eau ou obliger de fuir leurs lieux de vie.

«Ce qui se joue à Paris : c'est la paix ou le conflit. Nous allons choisir la paix», a-t-il lancé sous les applaudissements.

La prochaine grande conférence sur le climat, du 30 novembre au 11 décembre, réunira 195 pays sous l'égide des Nations unies.

La communauté internationale s'est fixé pour objectif de limiter à 2 °C la hausse des températures, générée par les émissions de gaz à effet de serre, faute de quoi la science promet des impacts graves et irréversibles.

«Trajectoire»

Au même moment, toujours à Paris, des représentants d'une quarantaine de pays, dont une trentaine de ministres, participaient à une séance de négociations informelles à huis clos, pour tenter d'aplanir les différends et faciliter la conclusion d'un accord en décembre.

Réunis depuis lundi, ils cherchent des compromis sur deux questions majeures : l'objectif du futur accord (faut-il essayer de limiter la hausse des températures de 2 °C? 1,5 °C?) et la répartition des efforts entre pays développés et en développement.

L'objectif est d'impliquer les politiques suffisamment en amont, une leçon de l'échec de la conférence de Copenhague de 2009, quand les chefs d'État avaient été appelés à la rescousse en dernière minute.

Au sommet des consciences, ce sont des chefs religieux qui ont été appelés à la tribune. Le cardinal ghanéen Peter Turkson, président du conseil pontifical Justice et Paix et probable représentant du pape à la COP21, a ainsi appelé à emprunter la «route difficile» d'un «changement de trajectoire» sur le climat, un «engagement éthique» à ses yeux.

Dans la même veine, le patriarche oecuménique Bartholomée, qui exerce une primauté honorifique sur l'ensemble des orthodoxes, a souligné que «notre responsabilité est à la hauteur de l'urgence».

Les participants au sommet devaient lancer mardi en fin d'après-midi un «appel des consciences» adressé à chaque chef de délégation devant participer à la COP21.

La journée est aussi l'occasion de lancer «Green Faith in Action», une initiative mondiale visant à «rendre les villes de pèlerinages de toutes obédiences religieuses et spirituelles sobres en carbone et résilientes aux dérèglements climatiques». Sont notamment concernées La Mecque, Touba (Sénégal), Lourdes, Fatima (Portugal), Amritsar et Bénarès (Inde).

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