Plaidoyer des scientifiques pour une action rapide et ambitieuse contre le réchauffement

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Dans leur déclaration, les scientifiques rappellent que pour limiter le réchauffement à 2 °C - sachant que + 0,8 °C a déjà été enregistré - les émissions de gaz à effet de serre doivent être nulles d'ici la fin du siècle, ce qui passe par une réduction de 40 à 70 % en 2050 par rapport à 2010.

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Céline SERRAT
Agence France-Presse
PARIS

Produire de l'énergie différemment, optimiser sa consommation dans les transports et le bâtiment, réduire la déforestation et transformer l'agriculture : pour réduire les menaces liées au réchauffement de la planète, les scientifiques ont appelé vendredi à agir vite et de manière «ambitieuse».

Cet appel a été lancé lors d'une déclaration ponctuant quatre jours de débats au siège de l'UNESCO à Paris, avec quelque 2000 experts de près de 100 pays, à moins de cinq mois de la conférence climat (COP21) qui doit être un tournant décisif dans la lutte contre le changement climatique.

«Le changement climatique est un défi déterminant au XXIe siècle» et «2015 est une année cruciale pour réaliser des progrès», écrivent 36 éminents chercheurs, représentant le comité scientifique de la conférence de l'UNESCO.

Les impacts du changement climatique en cours, dont la vitesse est inédite, ont «déjà touché chaque continent, de l'équateur aux pôles, des montagnes aux côtes», soulignent-ils en rappelant que les modifications du système climatique favorisent les évènements extrêmes (vagues de chaleur, fortes précipitations, feux de forêts, sécheresses, fonte des neiges et des glaces).

L'élévation du niveau des mers, l'acidification des océans, la migration rapide d'espèces marines, le déclin d'autres, la modification de rendements agricoles sont également des conséquences du réchauffement et leur ampleur sera décuplée si la hausse du thermomètre mondial se poursuit au rythme actuel.

Le réchauffement a «le potentiel d'affecter chaque région du monde, chaque écosystème et de nombreux aspects de l'activité humaine», préviennent les chercheurs, la plupart membres du groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), qui fait référence.

Le monde est donc à un tournant et «chaque nation a un rôle à jouer», poursuivent-ils, alors que 195 nations doivent conclure en décembre à Paris un accord universel engageant tous les pays - qu'ils soient développés, émergents ou en voie de développement - vers un modèle économique de moins en moins basé sur les énergies fossiles (gaz, charbon, pétrole).

«Économiquement faisable» 

«Une action ambitieuse pour réduire les émissions de gaz à effet de serre pour ne pas dépasser une hausse de 2 °C» à l'échelle planétaire «est économiquement faisable», selon eux. Mais reporter l'action à plus tard «augmentera ses coûts et sa complexité».

Dans les prochaines décennies, les investissements dans le secteur de l'énergie atteindront des montants faramineux et les sommes nécessaires à une transition vers des énergies propres (non émettrices de gaz à effet de serre) constitueraient «une petite fraction de ces montants», ont calculé les économistes.

Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, a argumenté dans ce sens vendredi lors d'une présentation à l'UNESCO : investir pour lutter contre le changement climatique «stimulerait l'économie, améliorerait la croissance et l'emploi», a-t-il défendu. Cela permettrait aussi de lutter contre «la croissance des inégalités», a-t-il insisté.

Soulignant que de nombreux pays n'arrivent même pas à supprimer les subventions aux énergies fossiles, l'économiste prône «un prix unique pour le carbone» au niveau mondial.

Dans leur déclaration, les scientifiques rappellent que pour limiter le réchauffement à 2 °C - sachant que + 0,8 °C a déjà été enregistré - les émissions de gaz à effet de serre doivent être nulles d'ici la fin du siècle, ce qui passe par une réduction de 40 à 70 % en 2050 par rapport à 2010.

Pour aller dans cette direction, les secteurs où il est le plus facile d'agir sont : déforestation, efficacité énergétique, production d'électricité, bâtiments et automobiles, précisent les chercheurs.

Agir au niveau de «l'aviation, des camions, du secteur maritime et de l'agriculture sera plus compliqué».

Enfin, pour encourager encore les politiques à agir sans attendre, ils mettent en avant la «vulnérabilité» plus importante des pays où sévit «la pauvreté, les inégalités, le manque d'infrastructure et de bonne gouvernance».

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