Les négociations sur le climat piétinent à Bonn

Les pays développés souhaitent que ces contributions soient... (PHOTO WOLFGANG RATTAY, ARCHIVES REUTERS)

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Les pays développés souhaitent que ces contributions soient faites le plus tôt possible en 2015, si possible d'ici à mars pour les plus gros émetteurs, afin qu'elles soient agrégées et qu'elles soient comparées à l'objectif global de limiter la hausse de la température moyenne à 2 °C.

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Céline SERRAT
Agence France-Presse
BONN

Les discussions engagées depuis lundi à Bonn, qui doivent ouvrir la voie à un accord mondial en 2015 pour limiter le réchauffement climatique, n'ont pas permis d'engager de vraies négociations sur le futur texte, les pays du Sud réclamant davantage de garanties sur les financements.

«La vérité, c'est que le niveau de confiance est très bas et que les financements sont toujours l'élément central» des discussions «surtout dans un monde où tout le monde va devoir réduire ses émissions», a confié à l'AFP Seyfi Nafo, porte-parole du groupe Afrique.

À l'avant-dernier jour de cette session intermédiaire, la dernière avant la Conférence annuelle de l'ONU sur le climat prévue en décembre à Lima, le bilan de la semaine est maigre.

«Le temps des discussions conceptuelles, des brainstorming est terminé, il faut agir maintenant», a déclaré en séance plénière l'Égyptien Mahmoud Samy, au nom du groupe des pays «alignés» composé entre autres de l'Inde, la Chine, la Bolivie, l'Argentine, et des pays pétroliers. «Quand allons-nous commencer les véritables négociations?», a-t-il lancé.

«Il y a de la frustration, tout le monde veut aller plus vite, car ça avance très lentement, et à ce rythme-là on peut y passer des années», a confié un négociateur européen, sous couvert de l'anonymat. «Sur la finance, on tourne en rond», a-t-il ajouté.

Les discussions se sont focalisées cette semaine sur les contributions de chaque pays à l'effort mondial de réduction des gaz à effet de serre. Les pays développés souhaitent que ces contributions soient faites le plus tôt possible en 2015, si possible d'ici à mars pour les plus gros émetteurs, afin qu'elles soient agrégées et qu'elles soient comparées à l'objectif global de limiter la hausse de la température moyenne à 2 °C.

Mais beaucoup de pays considèrent qu'ils ne peuvent pas s'engager sur des réductions d'émissions sans savoir de quels moyens ils disposeront pour se détourner des énergies fossiles et développer des économies «bas carbone», et pour s'adapter aux impacts du changement climatique en cours.

Craintes pour les 100 milliards d'ici à 2020

La Chine est allée dans ce sens en soulignant que les contributions nationales ne pouvaient pas être centrées sur les réductions d'émissions, et la discussion sur la finance et la technologie remise à plus tard.

«La plupart des pays développés comprennent qu'ils doivent donner des garanties sur le financement aux pays en développement», estime Alden Meyer, observateur des discussions pour l'Union des scientifiques concernés (Union of concerned scientists, UCS).

Le groupe des pays les moins avancés (PMA, 49 membres) voudrait même que l'atténuation soit centrale dans les contributions nationales.

«Les engagements qui vont être pris sont très lourds de conséquences», explique Seyfi Nafo. «S'engager pour 2030, c'est énorme, car cela va définir notre développement futur, pour la production d'énergie surtout», fait-il remarquer.

La nécessité d'avoir des garanties sur la mise à disposition de financements pour après 2020, date d'entrée en vigueur du futur accord de 2015, est d'autant plus importante que des pays du Sud craignent que les promesses de dégager 100 milliards de dollars d'ici 2020 ne soient pas tenues.

À ce titre, la prochaine capitalisation du Fonds vert sera cruciale pour eux. Des promesses proches de trois milliards de dollars ont pour l'instant été faites notamment par la France, l'Allemagne et la Suède.

Les pays du Sud comptent sur 15 milliards d'ici Paris. «Si on est à moins de 10 milliards, ce ne sera pas sérieux», avertit Seyni Nafo.

Mais le Fonds vert ne sera qu'une partie des 100 milliards promis et l'impatience grandit pour savoir quels seront les autres canaux de financement.

Au nom de l'Union européenne, qui a scellé vendredi à Bruxelles un accord avec des objectifs précis pour 2030 (moins 40 % des GES), Elena Bardram a indiqué que les membres de l'UE «étaient attachés à la transparence et à un engagement continu pour aider les pays qui avaient le moins de moyens pour faire face au changement climatique».

Comment cet engagement «va s'articuler avec l'accord de Paris, cela doit encore être discuté», a-t-elle conclu.

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