Marée humaine «pour le climat»

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À Montréal, environ 3000 personnes ont participé à la marche pour le climat qui s'est déroulée du parc Lafontaine au parc Jeanne-Mance. D'autres marches ont été organisées dans plusieurs autres villes québécoises, dont Trois-Rivières et Québec.

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Richard Hétu

collaboration spéciale

La Presse

(New York) Une professeure d'université de Long Beach, en banlieue de New York. Un propriétaire terrien du Nebraska, dans les Grandes Plaines des États-Unis. Une militante écologique de l'archipel des Kiribati, dans le Pacifique Sud.

Dans la marée humaine qui a déferlé hier dans les rues de New York, ces trois individus incarnaient à merveille les enjeux locaux, nationaux et internationaux des changements climatiques, sujet qui doit réunir demain plus de 120 chefs d'État et de gouvernement à l'occasion d'un sommet de l'Organisation des Nations unies.

«Je vis avec cette question chaque jour», a déclaré Mary Anne Trasciatti, professeure de rhétorique à l'Université de Hofsra, à Long Island, en s'arrêtant le long de la 42e Rue, à mi-chemin d'un parcours de trois kilomètres. «Notre maison et notre communauté ont presque été détruites par l'ouragan Sandy, il y a deux ans. C'était bien sûr une conséquence des changements climatiques.»

«Nous sommes en train de rebâtir notre communauté, mais cela ne suffira pas si nous ne faisons pas quelque chose pour lutter contre le réchauffement climatique», a-t-elle ajouté avant de se remettre à marcher parmi une foule estimée par les organisateurs à plus de 400 000 personnes, dont certaines brandissaient des fleurs géantes, des pancartes et des banderoles soutenant diverses causes écologiques.

Keystone XL

«Stoppons le pipeline de TransCanada», pouvait-on lire sur l'affiche de Tom Genung, propriétaire terrien du comté de Holt, dans le nord du Nebraska, où doit passer l'oléoduc Keystone XL prévu pour le transport du pétrole des sables bitumineux de l'Alberta jusqu'aux raffineries de la côte du golfe du Mexique.

«Je ne suis pas un environnementaliste professionnel», a dit cet homme coiffé d'un chapeau de cowboy blanc. «Je suis un propriétaire terrien et je respecte cette terre autant que les autochtones d'ici ou du Canada. Nous sommes tous sur la même longueur d'onde quand vient le temps d'être garants de cette terre pour les générations futures», a-t-il ajouté, en évoquant notamment la menace que représente selon lui le projet de TransCanada pour la nappe aquifère d'Ogallala.

Peu après que Tom Genung eut tenu ces propos, les participants de cette manifestation baptisée «Marche du peuple pour le climat» se sont arrêtés et ont observé une minute de silence avant de faire un maximum de bruit avec leurs tambours, sifflets, klaxons, vuvuzelas ou cordes vocales. Le moment de silence avait pour but de commémorer les victimes des changements climatiques et le tintamarre devait servir à «sonner l'alarme sur le climat», selon les organisateurs - des groupes écologiques, syndicaux et sociaux -, qui ont fait l'impasse sur les discours de personnalités.

Celles-ci étaient pourtant bien représentées. Parmi les manifestants: le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, l'ancien vice-président Al Gore, l'acteur Leonardo DiCaprio et le maire de New York, Bill de Blasio.

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Une foule estimée à plus de 400 000 personnes a participé à la «Marche du peuple pour le climat», à New York, hier. 

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Plus importante de l'histoire

Des manifestations «pour le climat» ont également eu lieu dans d'autres villes du monde, dont Montréal, Londres, Paris, Rome, New Delhi et Rio de Janeiro. Celle de New York était probablement la plus importante du genre dans l'histoire américaine.

«Il est urgent d'agir: plus nous attendons, plus nous le paierons en vies humaines et en argent perdu», a déclaré Ban Ki-moon avant la marche.

Reste à voir si ce message sera entendu par les participants du sommet de l'ONU. Selon l'invitation du secrétaire général, ceux-ci auront une «occasion unique de défendre une vision ambitieuse qui, associée à des actions concrètes, permettra de parvenir à un accord mondial d'envergure en 2015».

L'avenir des Kiribati, cet État archipel du Pacifique, dépend peut-être de cet accord.

«S'ils agissent aujourd'hui, il n'est pas trop tard», a déclaré Penelise Alofa, directrice du Réseau d'action pour le climat des Kiribati, qui est arrivée à New York samedi soir pour forcer les dirigeants mondiaux «à écouter la voix de [son] peuple et à protéger [ses] îles», menacées selon elle par la montée du niveau des mers.

Mais la militante écologiste ne pèche pas par un excès de confiance.

«C'est faible», a-t-elle dit en parlant de l'attitude des dirigeants mondiaux par rapport aux changements climatiques. «Ils n'ont aucune volonté d'agir. Mais notre président [Anote Tong] est bon. Et il dit aux gens que nous devons agir maintenant.»

Et si les pays pollueurs continuent à se contenter de discours pieux sur le climat?

La réponse de Penelise Alofa ne tarde pas: «Les Kiribati disparaîtront.»




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