Doha: les négociations tirent en longueur

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Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a pris la parole vendredi à Doha, à l'occasion de la dernière journée de la conférence de l'ONU, qui se tenait cette année dans la capitale du Qatar.

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Claire Snegaroff
Agence France-Presse
Doha

Délégations et ministres du monde entier continuaient à négocier très tard dans la nuit de vendredi à samedi à Doha pour tenter de surmonter de profonds désaccords sur des dossiers comme l'aide financière aux pays du Sud, bloquant un nouvel accord sur la lutte contre le réchauffement.

La pièce maîtresse de cet accord doit être la seconde période du protocole de Kyoto, seul outil engageant les pays industrialisés à réduire leurs gaz à effet de serre (GES), mais dont la portée sera essentiellement symbolique.

La conférence de l'ONU sur la lutte contre le changement climatique, qui s'est ouverte le 26 novembre en présence des délégations de plus de 190 pays, allait vraisemblablement se prolonger samedi, alors que la clôture prévue était vendredi.

Peu avant minuit, le vice-premier ministre du Qatar Abdallah al-Attiya, qui dirige les débats, a ouvert une séance avec une «chanson de la société civile», dont le clip a été diffusé aux délégués et qui appelait à «se réveiller» sur l'air de Bella Ciao.

«Vous avez vu? Ils attendent tous de vous une résolution rapide, alors nous avons besoin d'une solution», a déclaré M. al-Attiya, dont les méthodes de travail étaient critiquées par nombre de délégués, notamment européens.

Ils reprochent le manque d'implication de la présidence du Qatar, pays hôte qui a la particularité d'être le plus grand émetteur de CO2 au monde par habitant, pour faire avancer ces discussions.

L'un des grands dossiers toujours en souffrance était celui de l'aide que les pays du sud attendent des pays développés pour faire face au changement climatique, assurant une transition entre l'aide d'urgence de 30 milliards de dollars pour 2010-2012, et la promesse des 100 milliards par an d'ici 2020.

Les pays en développement, l'Alliance des petits États insulaires (AOSIS) en tête, veulent être rassurés sur le fait que l'argent sera un jour versé, et ont demandé 60 milliards de dollars d'ici 2015.

Les grands pays bailleurs de fonds ont refusé de s'engager sur une telle somme, et les négociateurs tentaient de trouver une «formule» qui «dessinerait un chemin pour arriver aux 100 milliards», a indiqué le ministre français du Développement, Pascal Canfin.

Mais les États-Unis s'opposaient en fin de soirée à toute mention d'une «trajectoire» les contraignant sur ce sujet, selon un négociateur.

Plus tôt, le chef de la délégation des pays les moins développés, le Gambien Pa Ousman Jarju, avait assuré: «Nous ne partirons d'ici sans une assurance que le financement se poursuivra».

L'invité-surprise des négociations, devenu un autre abcès de fixation, était la question des réparations demandées par les pays du Sud au Nord pour les «pertes et dommages» liés au changement climatique, et un bras de fer serré opposait les pays les plus pauvres aux États-Unis.

Les premiers veulent voir la mise en oeuvre d'un mécanisme sur ce sujet alors que la délégation américaine craint qu'il ne mène un jour à des actions en justice, selon un observateur des négociations.

Enfin, l'acte II de Kyoto devant débuter le 1er janvier 2013 était toujours en discussion.

Sa portée sera très limitée car il ne concernera que l'UE et l'Australie après le désistement du Japon, de la Russie et du Canada, soit uniquement 15% des GES globaux. Mais les pays du Sud y tiennent, au nom de la «responsabilité historique» du Nord dans le dérèglement climatique.

Ces dernières semaines, rapports et études ont sonné l'alarme sur la réalité du changement climatique et le fait que les efforts réalisés étaient bien loin du compte.

Le monde se dirige actuellement vers une hausse de 3°C à 5°C de la température globale et non 2°C, seuil au-delà duquel le système climatique risque de s'emballer.

Depuis 1995, la communauté internationale se retrouve chaque année, lors de complexes et laborieuses négociations sous l'égide de l'ONU, pour tenter de monter en puissance et répartir équitablement les réductions de GES entre les différentes nations.

Le prochain grand rendez-vous est celui de 2015 à Paris pour conclure un accord «universel» sur les réductions de GES, impliquant tous les pays dont les deux grands pollueurs que sont la Chine et les États-Unis, et devant entrer en vigueur en 2020.

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