«Le temps est compté» pour les îles Kiribati

Des zones entières de l'archipel, qui compte une... (PHOTO BRADLEY AMBROSE, ARCHIVES AFP)

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Des zones entières de l'archipel, qui compte une trentaine d'atolls coralliens dont la plupart dépassent à peine le niveau de l'eau, ont déjà été envahies par l'océan, avertit le président de Kiribati, Anote Tong.

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Neil Sands
Agence France-Presse
Wellington, Nouvelle-Zélande

Le temps est compté pour les îles Kiribati, un archipel du Pacifique menacé par la montée des eaux, estime son dirigeant, qui réfléchit à un déplacement de sa population et ne se fait guère  d'illusions sur l'issue de la grande conférence climat de l'ONU à Doha.

Des zones entières de l'archipel, qui compte une trentaine d'atolls coralliens dont la plupart dépassent à peine le niveau de l'eau, ont déjà été envahies par l'océan, déclare le président de Kiribati, Anote Tong.

«Nous avons déjà des communautés qui ont dû être déplacées, car leurs villages étaient submergés», raconte-t-il à l'AFP dans un entretien téléphonique depuis la capitale, Tarawa.

«Il y a eu une grande marée» début octobre «et des communautés ont été envahies par les eaux. C'est de plus en plus fréquent. Le temps nous est compté», dit-il.

Kiribati fait partie des nations îliennes, avec les Maldives, Tuvalu et Tokelau, qui pourraient devenir «sans terre» à cause du réchauffement climatique, selon la Commission des droits de l'homme de l'ONU.

L'érosion grignote les rivages et les récoltes s'appauvrissent en raison de l'infiltration d'eau salée dans les réserves d'eau douce. Anote Tong réfléchit au déplacement de population vers les Fidji et le Timor oriental, des terres relativement proches.

Il ne se fait guère d'illusions sur l'issue des négociations de la grande conférence climat de l'ONU à Doha, ouverte cette semaine. «La réalité, c'est que nous sommes d'ores et déjà confrontés aux problèmes» causés par le réchauffement climatique.

«Est-ce que les négociations s'en préoccupent? Je ne crois pas. Beaucoup des négociateurs en font un simple jeu, ils ne se penchent pas vraiment sur ce qui se passe déjà dans les pays les plus vulnérables».

À Kiribati, «nous ne parlons pas de croissance économique ou de niveau de vie. Nous parlons de notre survie», ajoute le président de l'archipel.

Plutôt que d'attendre une hypothétique action extérieure, Kiribati examine les options à sa disposition, dont le déplacement d'une partie de ses 103 000 habitants.

Sont également envisagées la construction de digues et la plantation de mangroves. Mais une poursuite de la vie sur l'archipel semblable à celle des siècles derniers parait peu probable, selon Anote Tong. «Nous devons accepter la possibilité, la réalité, d'un déplacement d'une partie de notre population».

«Nous ne voulons pas que la nation de Kiribati disparaisse et nous devons travailler pour éviter cela».

Le gouvernement s'apprête à acheter 2000 hectares de terre aux Fidji, qui servira à fournir des aliments aux habitants de Kiribati, voire de terre d'accueil. Le Timor oriental a lui aussi des terres à vendre, a ajouté le président.

La construction d'îles artificielles est une autre option, mais très coûteuse.

Un rapport détaillant toutes les possibilités, leurs coûts et leurs faisabilités, doit être finalisé l'an prochain, afin d'être présenté aux donateurs éventuels.

Il n'y a pas d'échéance fixe pour une éventuelle relocalisation et il faut laisser le choix aux habitants. Mais «attendre jusqu'au dernier moment, avec pas d'autres options que sauter à la mer ou partir ailleurs n'est pas raisonnable».

Tong n'assistera pas aux négociations à Doha. «Que dire de plus pour galvaniser la communauté internationale et la pousser à agir? Il y a parfois un sentiment de profonde frustration, et parfois de futilité», déclare-t-il.

Il continue cependant de penser que le monde peut aider les nations comme Kiribati, qui ne sont pas la cause du réchauffement climatique, mais qui en payent le prix. «Les citoyens ont une conscience, mais ils ne sont pas ceux qui prennent les décisions. Ce sont les gouvernements», ajoute-t-il.

«Nous devons parler aux gens et nous ne pouvons pas perdre notre foi dans l'humanité. Je refuse d'abandonner».

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