2012, l'année des phénomènes climatiques extrêmes

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Sur cette image rendue publique par la NASA, on peut voir la banquise de l'Arctique alors qu'elle a atteint, le 16 septembre, son minimum saisonnier. La ligne jaune représente la moyenne de l'étendue de glace calculée entre 1979 et 2000.

ILLUSTRATION NASA

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Agnes Pedrero Ostertag
Agence France-Presse
Genève

Des phénomènes extrêmes sont survenus partout dans le monde en 2012, en particulier dans l'hémisphère nord, entraînant de très nombreux records de chaleur, une fonte record de la banquise arctique et des périodes de froid extrême, a indiqué mercredi l'Organisation météorologique mondiale (OMM).

«La variabilité naturelle du climat est due à des phénomènes comme El Niño et La Niña qui ont une incidence sur les températures et les précipitations aux échelles saisonnières et annuelles, mais ne remettent pas en cause la tendance générale au réchauffement sur le long terme imputable aux changements climatiques anthropiques», soit ceux qui sont liés à l'action humaine, affirme le Secrétaire général de l'OMM, Michel Jarraud, dans sa déclaration annuelle sur le climat.

Les années 2001 à 2011 font ainsi partie des plus chaudes jamais enregistrées, et les dix premiers mois de 2012 donnent à penser que cette année ne fera pas exception, pointent les experts de l'agence spécialisée de l'ONU basée à Genève.

La période janvier-octobre 2012 se classe ainsi «au 9e rang des plus chaudes jamais observées depuis le début des relevés en 1850», selon l'OMM. La température moyenne à la surface du globe (terres émergées et océans confondus) pour cette période présente une anomalie estimée à environ 0,45° Celsius au-dessus de la normale calculée pour les années 1961 à 1990 (14,2° Celsius).

Les informations et chiffres définitifs pour 2012 seront publiés en mars 2013. En outre, l'OMM publiera le 4 décembre un rapport décennal sur l'état du climat mondial.

Conséquence de ce réchauffement climatique, la banquise de l'Arctique a atteint le 16 septembre son minimum saisonnier - 3,41 millions de km2, soit l'étendue la plus réduite qui ait été constatée depuis le début des observations par satellite, indique l'OMM, confirmant des données publiées en septembre par le Centre national américain de la neige et de la glace (NSIDC).

La banquise de l'Arctique a ainsi perdu quelque 11,83 millions de km2 entre mars et septembre.

«L'étendue des glaces de l'Arctique a atteint un nouveau minimum record. La banquise a fondu cette année à un rythme alarmant qui met en lumière les profonds bouleversements survenant dans les océans et la biosphère», s'inquiète M. Jarraud.

Son constat est sans appel : «le climat évolue sous nos yeux et continuera de le faire à cause des gaz à effet de serre dont la concentration dans l'atmosphère ne cesse d'augmenter, atteignant une fois encore des niveaux records».

Cette alerte de l'ONU intervient alors que les diplomates de plus de 190 pays sont réunis depuis lundi (jusqu'au 7 décembre) à Doha pour le grand rendez-vous climat annuel qui devra décider de l'avenir du protocole de Kyoto et esquisser les bases d'un vaste accord prévu en 2015, auquel participeraient cette fois-ci tous les grands pollueurs de la planète.

Signé en 1997, le protocole de Kyoto est le seul traité légalement contraignant fixant des objectifs chiffrés de réduction d'émissions de GES aux pays industrialisés.

Car si l'année 2012 a débuté par un épisode La Niña d'intensité faible à modérée, qui a pour conséquence de refroidir le climat, depuis avril «la température moyenne à la surface des terres et des océans a continué d'augmenter mois après mois», souligne l'OMM.

Ainsi, la moyenne semestrielle pour les mois de mai à octobre 2012 se classe parmi les quatre plus élevées jamais enregistrées pour cette période de l'année.

Des températures supérieures à la moyenne ont été enregistrées sur la majeure partie de la planète, plus particulièrement en Amérique du Nord (à l'exception de l'Alaska), en Europe méridionale, dans l'ouest et le centre de la Russie et dans le nord-ouest de l'Asie.

Ces vagues de chaleur ont provoqué de nombreuses sécheresses, mais aussi des inondations en raison des fortes pluies provoquées par une atmosphère plus chaude donc plus humide.

En outre, le bassin de l'Atlantique a connu pour la troisième année consécutive une période des ouragans plus active que la normale, avec 19 tempêtes dont 10 ouragans, le plus violent étant Sandy. L'Asie orientale a aussi été frappée par de puissants typhons, déversant des pluies torrentielles.

L'année 2012 aura été aussi marquée par des chutes de neige et un froid extrême de fin janvier à mi-février, notamment en Russie et en Europe, avec des températures inférieures allant jusqu'à -50° Celsius.

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