Ottawa veut fermer les centrales au charbon d'ici 2030

La centrale thermique au charbon Boundary Dam, en Saskatchewan,... (Michael Bell, archives PC)

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La centrale thermique au charbon Boundary Dam, en Saskatchewan, utilise la capture et le stockage du carbone. Sur cette photo apparaît, en avant-plan, une partie de l'unité pour traiter le carbone et, en arrière-plan, la centrale.

Michael Bell, archives PC

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

Le gouvernement fédéral souhaite encourager la fermeture des quelques centrales de charbon toujours actives au pays d'ici 2030.

La ministre de l'Environnement, Catherine McKenna, a expliqué lundi en conférence de presse dans le foyer de la Chambre des communes que l'objectif était de faire passer à 90 pour cent d'ici 2030 le pourcentage d'électricité provenant d'énergies propres, contre 80 pour cent actuellement.

Les quatre provinces où l'on trouve encore des centrales au charbon - l'Alberta, la Saskatchewan, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick - devront trouver des moyens de compenser les émissions de gaz à effet de serre de ces installations si elles demeurent ouvertes, a-t-elle précisé.

« On donne la flexibilité aux provinces si elles peuvent avoir des mesures qui vont réduire les émissions, ça va marcher », a soutenu Mme McKenna, tout juste de retour de la Conférence de Marrakech sur le climat.

« On sait déjà que l'Alberta a déjà annoncé qu'elle va éliminer le charbon d'ici 2030, et il y a la possibilité (dans le cas de la Saskatchewan) d'utiliser la capture et le stockage du carbone », a-t-elle illustré.

La ministre McKenna a plaidé que le remplacement du charbon par des technologies propres dans le panier énergétique « permettra de réduire grandement nos émissions de gaz à effet de serre et d'améliorer la santé des Canadiens ».

Cela constitue également « une façon de favoriser les investissements, puisque nous enverrons un signal clair au monde entier que le Canada est un excellent endroit pour investir dans l'énergie propre », a-t-elle fait valoir.

En confirmant son intention de tourner progressivement le dos au charbon, le Canada emboîte le pas à des pays comme la France, le Royaume-Uni, l'Autriche ou encore le Danemark, a fait remarquer la ministre.

Elle a dit ne pas s'inquiéter outre mesure du fait qu'au sud de la frontière, le président désigné des États-Unis, Donald Trump, semble avoir l'intention d'emprunter un chemin diamétralement opposé, ayant promis d'accroître la production de charbon.

« Nous considérons cela comme une énorme opportunité pour le Canada. (...) C'est une opportunité d'exportation (d'électricité) vers les États-Unis », a-t-elle offert, soutenant que le secteur privé est pleinement conscient que l'avenir est à la décarbonisation.

Cet avis est partagé par les représentants des groupes environnementaux et du milieu de la santé qui avaient convergé vers Ottawa, lundi, justement pour interpeller la ministre McKenna sur l'élimination progressive des centrales d'électricité au charbon.

« C'est une tendance mondiale dont le Canada peut seulement espérer faire partie », a résumé en conférence de presse au parlement le docteur Joe Vipond, de l'Association canadienne des médecins pour l'environnement (ACME).

D'autant plus que les coûts associés à l'inaction sont considérables, selon un rapport produit par l'Institut Pembina et une coalition d'organismes des milieux de la santé.

Catherine McKenna a dévoilé ce pan de la stratégie fédérale environ trois semaines avant une rencontre entre le premier ministre Justin Trudeau et ses homologues provinciaux et territoriaux au cours de laquelle un plan d'action pancanadien sur le climat doit être adopté.

À la Fondation David Suzuki, on a bien accueilli le plan, « mais on aurait préféré que le gouvernement fédéral ne permette pas des échappatoires pour maintenir les centrales au charbon ouvertes (au-delà de 2030) », a précisé Karel Mayrand.

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