Une espèce animale sur six menacée par le réchauffement climatique

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Dans certains pays de l'hémisphère austral, où des habitats se réduisent sans possibilité pour des animaux comme les reptiles et les amphibiens, les risques de disparition sont les plus élevés.

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Jean-Louis SANTINI
Agence France-Presse
WASHINGTON

Une espèce animale sur six risque de disparaître sous les effets du réchauffement climatique si les émissions de dioxyde de carbone (CO2) se poursuivent au rythme actuel, met en garde une recherche américaine qui juge urgent d'agir.

«Les résultats de cette étude suggèrent que les risques d'extinction vont s'accélérer avec la hausse des températures du globe, pour menacer jusqu'à 16% des espèces animales s'il n'y a pas de changement des politiques actuelles», souligne Mark Urban, un chercheur du département d'écologie et de biologie de l'Université du Connecticut, le principal auteur de ces travaux publiés jeudi dans la revue Science.

Ce scientifique a analysé 131 études portant sur l'impact du changement climatique sur la faune et la flore, menées dans plusieurs régions du monde et selon différentes méthodes.

Il a constaté que la perte de biodiversité s'accélérait pour chaque degré Celsius d'accroissement de la température sur le globe.

Selon l'hypothèse d'une augmentation de seulement 2°C des températures mondiales d'ici la fin du siècle par rapport à l'ère pré-industrielle, qui selon la plupart des climatologues est sous-estimée, cette dernière recherche a calculé que 5,2% des espèces seraient menacées extinction, contre 2,8% actuellement.

Avec une hausse de 3°C sur la même période, ce sont 8,5% des espèces qui pourraient disparaître. Si le mercure grimpe de 4,3°C d'ici 2100, ce serait alors 16% des espèces animales qui seraient menacées.

L'auteur de cette étude a également conclu que le danger d'extinction variait selon les régions du monde, selon qu'elles sont plus ou moins affectées par le réchauffement.

Dans certains pays de l'hémisphère austral, où des habitats se réduisent sans possibilité pour des animaux, comme des reptiles et des amphibiens, de se déplacer suffisamment vite, les risques de disparition sont les plus élevés: jusqu'à 23% des espèces en Amérique du Sud et 14% en Australie et en Nouvelle-Zélande seraient menacés.

Stratégies de conservation

L'Amérique du Nord et l'Europe sont les régions où le risque est le plus faible, avec 5 et 6% respectivement des espèces en danger.

«Nous avons un besoin urgent d'adopter des stratégies qui limitent le changement climatique si nous voulons éviter une accélération des extinctions animales sur la planète», plaide Mark Urban.

«Nous devons aussi mieux comprendre les effets du réchauffement sur l'extinction des espèces pour permettre d'éclairer les décisions en matière de politique à suivre au international sur les coûts  biologiques d'un échec à lutter contre le changement climatique et de mettre en oeuvre des stratégies de conservation pour protéger les espèces animales les plus menacées», poursuit-il.

Selon lui, 7,9% des espèces vont de toute manière disparaître à cause du réchauffement de la planète.

Par ailleurs, une recherche internationale également publiée dans la revue américaine Science jeudi s'est appuyée sur une analyse de fossiles d'organismes marins couvrant 23 millions d'années pour prédire les animaux et écosystèmes des océans les plus à risque d'extinction.

«Le changement climatique et les activités humaines ont un impact sur des groupes d'animaux qui sont depuis longtemps sur la planète et l'étude de leur histoire peut nous aider à mieux comprendre comment ils pourraient répondre aujourd'hui à ces nouvelles menaces», explique Seth Finnegan, professeur adjoint de biologie à l'Université de Californie à Berkeley, le principal auteur.

Grâce aux fossiles, ces chercheurs ont ainsi évalué les risques d'extinction de nombreux animaux marins, dont les requins, les baleines et les dauphins, mais aussi d'organismes plus sédentaires comme les coquillages et les coraux.

Ils ont également établi une carte des zones où ces espèces sont les plus affectées par le réchauffement et autres activités humaines, concluant qu'elles se situaient pour la plupart sous les tropiques.

Dans la perspective de la conférence internationale sur le climat de Paris en décembre, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a prévenu mercredi qu'il y a «très peu de temps pour éviter de graves conséquences pour la planète».

«Les données scientifiques sont claires, le climat est déjà en train de changer et l'activité humaine est la principale cause de cette évolution», a-t-il dit.

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