Un Québec froid dans un monde chaud

Au Québec, il faut remonter à 1993-1994 pour... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE)

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Au Québec, il faut remonter à 1993-1994 pour trouver un hiver plus froid que celui-ci, selon André Cantin, météorologue à Environnement Canada.

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On se souviendra longtemps de l'hiver qui vient de finir. Certains resteront marqués par les conditions exceptionnelles pour les sports d'hiver, en particulier pour le ski de fond, si sensible aux redoux.

D'autres, par le verglas suivi du froid extrême aux Fêtes, sans oublier les vols annulés par milliers dans les aéroports de l'est du continent à cause des tempêtes de neige.

Mais dans l'ensemble, sur la planète, cet hiver est le huitième au palmarès des plus chauds jamais observés.

Au Québec, il faut remonter à 1993-1994 pour trouver un hiver plus froid que celui-ci, selon André Cantin, météorologue à Environnement Canada.

«Pour Montréal, on est à 1,4° au-dessous des normales cette année, alors on peut quand même qualifier l'hiver de très froid, dit-il. Quand on s'éloigne de plus de un degré de la normale, c'est considéré comme froid.»

Mars sous les normales

C'est le mois de mars qui a fait la différence cette année. Sinon, les moyennes n'auraient pas été exceptionnelles. Jusqu'ici, mars est 4,5° au-dessous de la normale à Montréal.

«Si on regarde l'hiver météorologique, soit les mois de décembre, janvier et février, on parle d'un hiver qui peut revenir tous les six ou sept ans, dit M. Cantin. Mais si on considère la période du 21 décembre au 20 mars, on parle d'une période de retour de 10 ou 20 ans.»

Ceux qui ont vécu l'hiver 1994 se souviennent d'un froid mordant qui s'était installé tôt en saison et qui n'avait pas lâché pendant deux mois. Au bout du compte, on avait eu les températures les plus froides depuis 100 ans, avec une moyenne de - 12,4 °C à Montréal entre le 21 décembre 1993 et le 20 mars 1994.

On est très loin de ce record cette année, avec une moyenne de - 9,5 °C pour la même période. La normale est de - 8,1°.

Les précipitations ont été rares au Québec cette année, contrairement à la côte est des États-Unis.

Toujours pour la période du 21 décembre au 20 mars, les précipitations totales ont été généralement de 15 à 40% sous les normales. Sauf en Gaspésie, où elle a été de 20 à 30% plus abondante que la normale, la neige a été 20% moins abondante à Montréal et 50% moins au Saguenay.

Un hiver parmi les plus chauds. ... (Photo Reuters) - image 2.0

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Un hiver parmi les plus chauds.

Photo Reuters

1. Un hiver... chaud

L'hiver qui a paru si froid dans l'est de notre continent a été le huitième au palmarès des plus chauds des 135 dernières années. Pour les mois de décembre, janvier et février, la température moyenne globale a été supérieure de 0,57° à la moyenne, selon la NOAA, l'agence océanographique et atmosphérique américaine. La tendance était plus forte dans les océans (au sixième rang, à égalité avec 2005). Sur la terre ferme, il figurait au dixième rang des plus chauds.

Juneau, en Alaska, le 13 mars dernier. ... (Photo Archives AP) - image 3.0

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Juneau, en Alaska, le 13 mars dernier.

Photo Archives AP

2. On a sué en Alaska

L'Alaska a battu son record de chaleur de tous les temps pour le mois de janvier, cette année. Il a fait 16,7 °C à Port Alsworth, le 27 janvier. Non loin de là, à Anchorage, avec les pelouses verdoyantes, on se serait cru au mois de juin, rapportait le Anchorage Daily News. Le centre de ski d'Alyeska, qui reçoit en général plus de 16 mètres de neige par an, a dû fermer. Des courses de chiens de traîneau ont été annulées.

Hiver glacial à Philadelphie.... (Photo Archives AP) - image 4.0

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Hiver glacial à Philadelphie.

Photo Archives AP

3. La visite du vortex

Le vortex polaire a fait son apparition dans notre vocabulaire cette année. Ce n'est pas un phénomène atmosphérique nouveau, au contraire. La masse d'air arctique tournoyante est habituellement contenue par le courant-jet, cette ceinture de forts vents qui délimite les masses d'air froides et tempérées. Mais le courant-jet s'affaiblit. Sa force dépend de la différence de température entre les pôles et l'équateur. Et comme l'Arctique est la région qui se réchauffe le plus vite sur la planète, le courant-jet perd de sa vigueur. Un peu comme une toupie qui commence à vaciller quand elle ralentit, le vortex polaire s'est éparpillé au sud, provoquant plusieurs vagues de froid.

Inondation à Staines, en l'Angleterre. ... (Photo Archives Reuters) - image 5.0

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Inondation à Staines, en l'Angleterre.

Photo Archives Reuters

4. Désastre en Angleterre

Les tempêtes hivernales qui ont frappé à répétition la côte est des États-Unis ne se sont pas dissipées au-dessus de l'Atlantique. Elles sont allées frapper le Royaume-Uni, où des records de pluie ont été enregistrés pendant l'hiver. Et les données météo remontent à 1766. Ailleurs en Europe, plusieurs pays ont observé des températures chaudes pendant les mois de décembre, janvier et février. Pour l'Autriche, l'hiver s'est classé au deuxième rang pour la chaleur en 247 ans. En Allemagne, le quatrième en 133 ans. En Suisse, le troisième en 150 ans. Aux Pays-Bas, le deuxième en 208 ans, ex aequo avec 1990.




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