Fonte des glaces: la Russie va évacuer d'urgence une station polaire

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Eleonore Dermy
Agence France-Presse
Moscou

La Russie a annoncé jeudi qu'elle allait évacuer d'urgence sa station polaire installée sur la banquise de l'Arctique, en raison de la fonte anormale des glaces et de leur rupture qui menacent les 16 membres de la mission.

Le ministre des Ressources naturelles et de l'Écologie, Sergueï Donskoï, a ordonné d'«élaborer en trois jours un plan d'évacuation de la station polaire scientifique Severny Polious 40», a indiqué dans un communiqué le ministère.

Cette décision s'explique par «un développement anormal de processus naturel dans le bassin Arctique qui a abouti à la destruction des champs de glaces autour de la station», selon la même source.

«La glace se crevasse. Des fissures sont apparues sur la banquise», a précisé à l'AFP un porte-parole du ministère.

La destruction des glaces «menace non seulement la poursuite des activités de la station et la vie de son personnel, mais aussi l'environnement dans la zone de sa dérive, située non loin de la zone économique du Canada», souligne le communiqué.

L'éventuel recours à un brise-glace afin de déplacer la station sur la Terre du Nord, un archipel russe dans l'océan Arctique, doit notamment être étudié, selon cette source.

Le porte-parole de l'Institut de l'Arctique et de l'Antarctique, basé à Saint-Pétersbourg (nord-ouest de la Russie), a expliqué à l'AFP que la banquise s'était brisée en six morceaux.

«Cela ne menace pas les gens, mais il est impossible de travailler dans ces conditions: la banquise peut dériver, et il n'y a là-bas qu'un seul système de fourniture en énergie», a précisé Arkadi Sochnikov.

Severny Polious 40, la quarantième station polaire russe déployée dans cette région depuis le début de la conquête de l'Arctique par l'URSS en 1937, a été ouverte en octobre 2012 afin notamment de surveiller l'environnement de l'océan Arctique et d'effectuer des observations météorologiques.

La fissuration de la banquise «est liée au réchauffement climatique», a expliqué pour sa part Vladimir Sokolov, responsable de la station à l'Institut de l'Arctique et de l'Antarctique.

«Cela a nettement compliqué le travail des chercheurs sur place, les glaces sont devenues plus minces, les conditions climatiques plus rudes», a-t-il ajouté.

Toutefois, il faut continuer les recherches dans les zones polaires, a-t-il insisté, soulignant que l'Arctique et l'Antarctique avaient une influence importante sur les processus climatiques de la planète entière.

Début mai, l'Organisation météorologique mondiale (OMM), une agence spécialisée de l'ONU, s'est alarmée de la «fonte record des glaces de l'Arctique en août-septembre», dans son rapport annuel sur le climat 2012, publié à Genève.

L'OMM a en outre confirmé que l'année 2012 se classe parmi les dix années les plus chaudes jamais observées, depuis le début des relevés en 1850.

Le précédent record de fonte de la banquise datait de 2007.

Ainsi, la Russie a dû évacuer en 2008 les employés de sa station polaire Severny Polious 35, qui étaient à la dérive sur une banquise d'une superficie réduite à 300 mètres de large et 400 mètres de long. Au début de leur travail, la superficie totale de la banquise était de 15 km2, selon l'agence publique Ria-Novosti.

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