Monsanto gagne une bataille sur un herbicide controversé

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Un agriculteur de l'Arkansas montre les dommages qu'aurait causé le dicamba à ses plantes de soja.

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Agence France-Presse
New York

Monsanto a gagné mardi une bataille autour d'un herbicide controversé sur lequel le géant de l'agrochimie a beaucoup misé, des législateurs de l'Arkansas décidant d'aller à l'encontre de recommandations de leur propre administration en ne limitant pas l'utilisation du produit chimique.

L'agence en charge de la régulation des pesticides dans cet État du sud des États-Unis avait préconisé début novembre d'interdire le dicamba, cousin du glyphosate, dans les champs entre le 16 avril et le 31 octobre après avoir observé des problèmes importants cet été.

L'utilisation de cet herbicide a en effet soudainement bondi après la commercialisation par Monsanto de semences de soja et de coton génétiquement modifiées pour le tolérer.

Mais le dicamba a aussi eu tendance à se propager sur les champs alentours, y compris les nouvelles formules censées être moins volatiles développées par Monsanto, BASF et DowDupont, déclenchant de nombreuses réclamations, en particulier dans l'Arkansas.

Un comité du Congrès de l'État a toutefois rejeté mardi les recommandations de l'agence et lui a demandé de retravailler sur le sujet en prenant notamment en compte «des preuves basées sur la science», selon un communiqué.

Ce comité législatif a également incité l'agence à réfléchir à une éventuelle différentiation des règles entre le nord et le sud de l'État et en fonction des températures et du niveau d'humidité de l'air.

«Cela représente un pas dans la bonne direction», s'est félicité auprès de l'AFP Scott Partridge, responsable de la stratégie mondiale de Monsanto. Cette décision «envoie un message très clair aux agriculteurs de l'Arkansas en reconnaissant qu'ils ont besoin de ce produit».

Les distributeurs du dicamba, Monsanto et BASF en tête, imputent principalement l'éparpillement de l'herbicide à sa mauvaise utilisation par les agriculteurs et assurent que les problèmes peuvent être évités grâce à une meilleure formation.

D'autres, scientifiques ou agriculteurs, assurent que la nature même du produit est en cause puisqu'il est connu pour sa propension dans certaines conditions, en particulier quand il fait chaud et humide, à se transformer en gaz et à se déplacer au gré du vent.

Les débats autour du dicamba dans l'Arkansas sont particulièrement observés aux États-Unis. Après la recommandation émise par l'agence début novembre, le Missouri, le Dakota du Nord et le Minnesota ont pris ou annoncé qu'ils prévoyaient de prendre des mesures restreignant l'utilisation du dicamba pendant une partie de la saison.




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