Ottawa versera 30 millions $ à Québec pour réduire ses GES

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L'argent sera assorti de certaines conditions. Les provinces devront démontrer que leurs projets serviront bel et bien à réduire les émissions de GES et qu'il s'agit d'initiatives additionnelles aux efforts déjà existants.

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Mylène Crête, Mia Rabson
La Presse Canadienne
Ottawa

Québec recevra au moins 30 millions $ d'Ottawa par l'entremise du Fonds pour une économie à faibles émissions de carbone.

La ministre de l'Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, a dévoilé jeudi les détails de ce fonds de 2 milliards $, qui vise à financer des projets pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).

En tout, 1,4 milliard $ du fonds iront dans les poches des provinces et territoires. En plus des 30 millions $ de base, le Québec recevra aussi un montant calculé en fonction de sa population.

L'annonce a été accueillie favorablement par le mouvement écologiste Greenpeace. «C'est une bonne nouvelle quand un gouvernement investit des fonds supplémentaires dans la lutte contre les changements climatiques parce qu'il faut en faire davantage», a souligné son porte-parole Patrick Bonin, en entrevue avec La Presse Canadienne.

M. Bonin a rappelé que le plan actuel du gouvernement ne permettra pas d'atteindre la cible pour 2030 au chapitre de la réduction des gaz à effets de serre. Il continue de réclamer des mesures et de l'argent supplémentaires.

Selon lui, cet argent supplémentaire se trouve dans les coffres des entreprises pétrolières et gazières. «(Ces sommes) pourraient être bonifiées si le gouvernement cessait de financer et subventionner l'industrie pétrolière et gazière. Si cet argent était redirigé, cela permettrait d'avoir davantage de mesures en place et de faire une transition plus rapide vers les énergies renouvelables et les emplois verts. Et ça, on en a grandement besoin.»

Le porte-parole écologiste espère aussi que le secteur pétrolier et gazier ne profitera pas de la manne. «Cet argent ne doit pas être dirigé vers l'industrie pétrolière et gazière, car cela serait une forme de subventions supplémentaires à une industrie qui doit faire ses devoirs et qui doit gérer elle-même ses problèmes d'émissions. Ce secteur ne paie pas le prix de sa pollution. Cet argent ne doit pas servir à encourager les parias de l'environnement et ceux qui ont traîné les pieds pendant des années.»

Seules les provinces qui ont signé le Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques auront droit à leur part. Le Manitoba et la Saskatchewan auront jusqu'à la fin du mois de décembre pour y adhérer. La ministre McKenna a affirmé qu'elle demeurait optimiste.

Selon elle, il «est de bon aloi» que les provinces qui se sont engagées à aider le pays à atteindre ses cibles puissent avoir leur part.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, a comparé le plan à de «l'extorsion».

«Retenir des fonds aux provinces qui refusent d'adhérer aux politiques fédérales est un nouvel abysse pour le fédéralisme canadien», a-t-il écrit sur sa page Facebook.

L'idée de forcer la main à Winnipeg et à Regina est loin de déplaire à Greenpeace. «C'est tout à fait légitime que le gouvernement tienne son bout parce que tout le monde doit pousser à la roue. On ne peut pas laisser des provinces s'en sortir, sans que tout le monde contribue à la lutte», a affirmé M. Bonin.

L'argent sera assorti de certaines conditions. Les provinces devront démontrer que leurs projets serviront bel et bien à réduire les émissions de GES et qu'il s'agit d'initiatives additionnelles aux efforts déjà existants. Catherine McKenna a indiqué que des négociations étaient déjà en cours avec les provinces.

La deuxième portion du fonds, qui s'élève à 600 millions $, sera versée pour des projets proposés autant par les provinces, les municipalités, le secteur privé et d'autres organismes de la société civile.

Le Canada s'est donné pour objectif de réduire ses émissions de GES de 30 pour cent sous les niveaux de 2005 dans le cadre de l'accord de Paris sur le climat.




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