Le camp pro-climat américain gagne en puissance

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L'ancien maire de New York Michael Bloomberg s'est entretenu avec le président français Emmanuel Macron et la mairesse de Paris Anne Hidalgo, vendredi dernier à l'Élysée.

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Catherine TRIOMPHE
Agence France-Presse
New York

Quatre jours après l'annonce du retrait des États-Unis de l'accord de Paris, les rangs des Américains décidés à redoubler d'efforts pour limiter le réchauffement ne cessent de grossir, et certains estiment que l'Amérique pourrait même dépasser ses objectifs en matière de climat.

«On est toujours dedans» : le milliardaire new-yorkais Michael Bloomberg a soumis lundi aux Nations unies une lettre signée par plus de 1000 organisations, entreprises et autorités locales américaines, prêtes à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre malgré la décision choc annoncé jeudi dernier par Donald Trump.

L'ancien maire de New York, 10e fortune mondiale qui a fait de la lutte contre le réchauffement l'une de ses grandes causes, avait pris la tête dès vendredi d'une coalition de dizaines de maires, gouverneurs et organisations prêts à poursuivre leurs efforts pour réduire les émissions des États-Unis, deuxième plus gros émetteur mondial de carbone derrière la Chine.

M. Bloomberg avait aussi annoncé que sa fondation, Bloomberg Philanthropies, fournirait au bureau de l'ONU chargé du climat les 15 millions de dollars qui équivalent à la contribution que devaient apporter les États-Unis.

Maintenant que la barre symbolique du millier de signatures a été franchie, la lettre ouverte a été remise au secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres et à sa secrétaire exécutive pour le climat Patricia Espinosa. Les signataires y dénoncent le retrait des États-Unis comme une «grave erreur».

«Aux États-Unis, ce sont les autorités locales et des États qui, avec les entreprises, sont essentiellement responsables de la baisse importante des émissions de gaz à effet de serre ces dernières années. Les actions de tous ces acteurs vont se multiplier et s'accélérer dans les années à venir, quelles que soient les politiques de Washington», indiquent-ils dans cette lettre.

«Au-delà» des objectifs

On retrouve parmi les signataires les puissants États de New York et de Californie - qui avaient annoncé dès jeudi soir une «alliance pour le climat», rejointe depuis par onze gouverneurs - plus de 200 villes grandes et petites, des centaines d'entreprises parmi lesquelles des géants de la high-tech comme Apple, Google ou Amazon, Nike ou Adidas en passant par de nombreuses PME, et des universités.

«On assiste à une réaction massive à la décision de Trump, avec presque tout le monde qui va dans la même direction», a commenté Steven Cohen, directeur exécutif du Earth Institute, spécialisé dans le changement climatique à l'université new-yorkaise de Columbia.

«Trump a involontairement donné un coup de fouet à la réduction des gaz à effet de serre», a-t-il estimé. Au point qu'il pense que «les États-Unis vont faire plus que tenir leurs engagements de réduction, ils vont aller au-delà», dit-il. Les États-Unis se sont engagés, dans le cadre des accords de Paris, à réduire leurs émissions de 26 à 28% d'ici 2025 par rapport à 2005.

Pour lui, le fait que ces organisations et autorités locales soient prêtes à tourner le dos à Trump et à appuyer sur l'accélérateur n'a rien de surprenant, car de nombreuses organisations et autorités locales étaient déjà très impliquées dans ces efforts de réduction, des efforts synonymes d'«investissements à long terme», sans possibilité d'arrêt du jour au lendemain.

«Les États-Unis ont déjà commencé à réduire leurs émissions plus vite que prévu», dit-il. «Les États de New York ou la Californie se tournent agressivement vers les énergies renouvelables et je ne vois pas pourquoi cela changerait, ça a du sens économiquement».

Darren Rosenblum, professeur de droit des affaires à l'université Pace, n'est pas surpris non plus de voir tant d'entreprises américaines rejoindre le camp des défenseurs de l'accord de Paris.

«Le vrai problème pour les entreprises américaines», dit-il, «c'est qu'avec les États-Unis seul pays hors de l'accord (...) elles ne seront plus attractives pour les investisseurs» et «cela pourrait nous coûter cher».

Elles ont donc intérêt à «commencer à mettre en place» ce qui va devenir une norme pour le reste du monde.

Sans aller comme M. Cohen jusqu'à imaginer que les États-Unis puissent dépasser leurs engagements, il estime lui aussi tout à fait possible que grâce à tous ces efforts, «ils les tiennent largement».




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