Protection de la biodiversité: le Québec fait piètre figure

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Selon le rapport présenté mardi, seulement 9 % du territoire et 1,35 % d'aires marines ont été protégés, ce qui est loin des cibles intérimaires prévues pour 2015 et qui met en péril l'objectif de 2020.

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Le Québec est souvent salué pour ses initiatives en matière de lutte aux changements climatiques. Le bilan est nettement plus sombre cependant du côté de la protection de la biodiversité.

C'est le constat effectué par Nature Québec et la Société pour la nature et les parcs (SNAP) dans un rapport accablant rendu public hier et salué par le secrétaire exécutif de la Convention internationale sur la biodiversité, Braulio Ferreira de Souza Dias.

Réseau d'aires protégées tant terrestres que marines insuffisant, disparition grandissante des milieux humides, absence de politique nationale en matière d'aménagement du territoire, diminution des budgets et des ressources financières alloués au ministère de l'Environnement. Les constats sont nombreux et fort peu élogieux pour le Québec.

Nature Québec et la SNAP concluent d'ailleurs qu'aucun des objectifs du plan stratégique sur la diversité biologique ne serait atteint d'ici 2020 dans la Belle Province.

Ces 20 objectifs, surnommés les objectifs d'Aichi, ont été entérinés en 2010 à Nagoya, au Japon, par la communauté internationale. Le Québec a adopté en 2013 ses orientations en matière de diversité biologique en se basant d'ailleurs sur les objectifs d'Aichi.

Or, la province est loin d'être un bon élève en la matière. Le rapport de 98 pages décortique huit des 20 objectifs dans le contexte québécois. Le bilan est peu reluisant. «Si les tendances se maintiennent, aucun des objectifs d'Aichi évalués ne sera atteint au Québec», concluent les deux auteurs, Sophie Gallais (Nature Québec) et Alice de Swarte (SNAP).

Si les 20 objectifs d'Aichi ne sont pas tous analysés, c'est que certains d'entre eux ne concernent pas le Québec, comme celui concernant la protection des récifs coralliens. Les huit objectifs évalués sont ceux pour lesquels les deux organismes avaient l'expertise voulue. «Je pense néanmoins que notre portrait reflète bien la réalité», affirme Sophie Gallais, chargée de projet à Nature Québec.

«La perte et la dégradation des habitats naturels demeurent la plus grande cause de la dissolution et du morcellement de notre biodiversité, précise Alain Branchaud, directeur général de la SNAP. C'est encore la norme ici au Québec d'autoriser la destruction de milieux humides dans des secteurs où ces habitats ont déjà concédé plus de 80% de leur superficie au développement, ajoute-t-il.

Le rapport présente aussi une série de recommandations afin de corriger le tir. «Il est encore temps de renverser la cadence», affirme Alain Branchaud. Pour cela, il faudra faire en sorte qu'il y ait notamment une plus grande collaboration entre les différents ministères.

Un objectif d'Aichi sous la loupe

Objectif 11

D'ici 2020, au moins 17% des zones terrestres et 10% des zones marines sont protégées.

Note du Québec: 3/5 pour les zones terrestres (progression vers l'objectif mais à un rythme insuffisant) et 2/5 pour les zones marines (aucun progrès significatif)

Faits saillants du Québec: 9,16% d'aires protégées terrestres au Québec, la cible pour 2015 de 12% n'a même pas été atteinte. On attend encore que le gouvernement du Québec identifie les 50% du territoire qui seront protégés dans le cadre du Plan Nord. Il y a aussi seulement 1,35% d'aires marines protégées, très loin de l'objectif des 10%.

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