Des catastrophes naturelles plus mortelles mais moins couteuses

Comme tous les ans, c'est dans les pays... (PHOTO AXEL HEIMKEN, ARCHIVES DPA/AFP)

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Comme tous les ans, c'est dans les pays industrialisés que le taux d'assurance était le plus fort - les dégâts causés par la vague de froid aux États-Unis en début d'année, la tempête Niklas en Europe (ci-dessus), ou encore les incendies en Californie comptent parmi les plus gros postes de coûts pour les assureurs

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Mathilde RICHTER
Agence France-Presse
BERLIN

Les catastrophes naturelles de 2015 ont fait 23 000 morts, bien plus que l'an dernier, mais le montant des dommages matériels est moins élevé, révèle lundi le bilan annuel compilé par le réassureur allemand Munich Re, qui fait référence sur le sujet.

Les catastrophes de l'an dernier ont été plus létales que celles de l'année précédente (7700 décès), mais beaucoup moins que la moyenne des 30 dernières années qui s'élève à 54 000 morts, selon le rapport de Munich Re.

Le séisme qui a frappé le Népal en avril a été la catastrophe la plus meurtrière de 2015, avec 9000 victimes.

En termes de dommages en revanche, le montant est le moins élevé depuis 2009: 90 milliards de dollars, contre 110 milliards en 2014. La moyenne des 30 dernières années s'élève à 130 milliards de dollars par an.

Beaucoup de cyclones tropicaux se sont déchaînés en 2015 dans des régions peu peuplées, et dans l'Atlantique Nord, le phénomène naturel El Niño a fait barrage aux grosses tempêtes, explique le réassureur.

Mais «le montant des dommages (...) ne doit aucunement inciter à relâcher la vigilance», prévient le groupe, dont la division d'études sur les risques climatiques et géologiques analyse au plus près les évolutions.

Après El Niño, La Niña?

«Les scientifiques partent du principe qu'à la phase actuelle d'El Niño pourrait succéder dans les années à venir le contraire, à savoir une phase de La Niña, qui à l'inverse favoriserait par exemple la formation d'ouragans dans l'Atlantique Nord», explique dans le communiqué Peter Höppe, chef de la division Geo Risks Research de Munich Re.

El Niño, phénomène naturel périodique provoqué par un changement de sens des alizés au-dessus du Pacifique équatorial et particulièrement fort l'an dernier, a aussi contribué à faire de 2015 une année extraordinairement chaude, conduisant à des sécheresses et vagues de chaleur et exacerbant les effets du réchauffement climatique.

La vague de chaleur torride qui a touché l'Inde et le Pakistan en mai et juin, et celle qu'a connue l'Europe à l'été ont fait respectivement 3670 et 1250 morts. Ces catastrophes, qui ne dévastent pas cultures et habitations comme les tornades ou les inondations, causent moins de dommages financiers, mais n'en sont pas moins néfastes pour les régions concernées.

Un tiers des dommages assurés

Sur les 90 milliards de dommages recensés, 27 milliards de dollars étaient assurés, précise Munich Re.

Comme tous les ans, c'est dans les pays industrialisés que le taux d'assurance était le plus fort - les dégâts causés par la vague de froid aux États-Unis en début d'année, la tempête Niklas en Europe, ou encore les incendies en Californie comptent parmi les plus gros postes de coûts pour les assureurs - alors que seule une fraction des dommages causés par le séisme au Népal (210 millions de dollars sur 4,8 milliards de coûts) l'était.

Et «comme au Népal, la part des dégâts assurés était minime pour les autres catastrophes dans les pays en développement», constate Torsten Jeworrek, membre du directoire de Munich Re.

En 2015, l'écrasante majorité (94 %) des catastrophes qui ont conduit à des dommages significatifs était d'origine météorologique, et si beaucoup étaient en relation directe avec El Niño, les effets du réchauffement climatique se font également ressentir.

Les récentes inondations dans le nord de l'Angleterre étaient ainsi les conséquences d'une météo inhabituellement douce et de pluies torrentielles. Elles pourraient avoir coûté plus d'un milliard d'euros (1,5 milliard de dollars), selon Munich Re.

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