Washington s'attaque à la pollution à l'ozone

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Les groupes de défense de l'environnement ont estimé que cette mesure est une des plus importantes en matière de santé publique prises par le président Obama pendant son second mandat.

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Jean-Louis SANTINI
Agence France-Presse
Washington

L'administration Obama a annoncé mercredi un durcissement des normes d'émissions d'ozone, un polluant responsable de maladies respiratoires affectant des millions d'Américains, mais cette mesure a provoqué une levée de boucliers des industriels et des républicains qui la jugent contreproductive.

L'Agence de protection de l'environnement (EPA) propose de limiter les émissions d'ozone, aussi appelées «smog», entre 65 et 70 parties par milliard (ppm) contre 75 ppm actuellement, soit une réduction de 7 à 13%.

L'EPA doit revoir ses limites en matière de pollution tous les cinq ans. La dernière mise à jour des normes d'ozone remonte à 2008.

«Abaisser les limites de la pollution à l'ozone en s'appuyant sur les dernières avancées scientifiques permettra de purifier notre air et protéger les plus vulnérables», a déclaré l'administratrice de l'EPA, Gina McCarthy.

Le millier d'études examinées par les scientifiques consultés par l'EPA indiquent qu'une exposition à des niveaux d'ozone même inférieurs à 75 ppm est néfaste pour le système respiratoire, provoque de l'asthme ou l'aggrave, et est lié à une mortalité prématurée.

L'ozone se forme dans la basse atmosphère sous l'effet du rayonnement solaire qui provoque une transformation photochimique des oxydes d'azote, du monoxyde de carbone et des composés organiques volatiles émis par les échappements des véhicules, des industries, des centrales au charbon et de certains solvants et peintures.

Selon l'analyse de l'agence, ces nouveaux standards devraient permettre d'empêcher de 320.000 à 960.000 crises d'asthme.

Ce durcissement devrait aussi prévenir de 750 à 4300 décès prématurés chez les adultes.

Ces normes entreront en vigueur après une période de consultation de 90 jours.

Industriels et républicains vent debout 

Les groupes de défense de l'environnement ont estimé que cette mesure est une des plus importantes en matière de santé publique prises par le président Obama pendant son second mandat.

Mais les responsables de l'opposition républicaine au Congrès et les milieux industriels sont vent debout contre cette décision. Ils estiment qu'elle imposera un lourd fardeau économique et ne produira que peu de bienfaits supplémentaires pour la santé publique.

«Les nouvelles normes écrasantes de l'administration Obama, les plus coûteuses jamais proposées par l'EPA, risquent de coûter plus de 1500 dollars par an aux ménages, de réduire le PIB de milliers de milliards et de détruire des millions d'emplois», a réagi le président de la Chambre des représentants, le républicain John Boehner

Pour l'American Chemistry Council (ACC), qui représente les industries chimiques, «la croissance du secteur manufacturier pourrait être ralentie, voire s'arrêter dans certains États».

L'organisation patronale affirme que les industries ont déjà réduit de 67% depuis 1980 les émissions des six principaux polluants de l'air alors que le PIB américain a cru de 133% pendant ces 30 dernières années.

La bataille menée par le président Obama sur le front de l'environnement s'intensifiera encore en 2015, alors que l'EPA doit aussi finaliser des mesures historiques visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, dont le dioxyde de carbone (CO2) émis par les centrales électriques au charbon existantes et en projet.

Ces normes, qui visent à lutter contre le réchauffement climatique, pourraient provoquer la fermeture de certaines centrales et retarder la construction de nouvelles unités.

Les chefs de l'opposition républicaine, qui en janvier va contrôler les deux chambres du Congrès après sa victoire aux élections législatives de novembre, ont promis de bloquer et d'inverser toutes ces initiatives de M. Obama.

Ils avaient déjà critiqué le président après le récent accord conclu avec la Chine aux termes duquel les deux plus grands pollueurs de la planète se sont engagés à plafonner et réduire leurs émissions de CO2, affirmant qu'il était trop favorable à Pékin.

Par ailleurs, la Cour suprême a annoncé mardi avoir accepté pour la première fois de revoir les normes de l'EPA limitant les rejets de mercure et autres polluants dans l'atmosphère imposées aux centrales électriques en se saisissant de trois plaintes de 21 États américains et d'industriels.

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