Déclin «irréversible» d'un glacier majeur de l'Antarctique

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Une fissure dans le glacier de Pine Island dans la partie occidentale de l'Antarctique longue d'au moins 30 kilomètres et profonde de 50 mètres.

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Agence France-Presse
PARIS

Le glacier de Pine Island, le glacier de l'Antarctique contribuant le plus à la hausse du niveau de la mer, connaît un déclin «irréversible» et pourrait ajouter jusqu'à un centimètre aux océans en 20 ans, selon une étude publiée dimanche.

Le glacier de Pine Island, situé à l'ouest du continent blanc, est responsable de 20 % de la perte totale de l'Antarctique occidental, écrit dans la revue Nature Climate Change une équipe internationale de chercheurs conduite par le Laboratoire de glaciologie et de géophysique de l'environnement (LGGE) de Grenoble.

Ce glacier, qui a reculé d'une dizaine de kilomètres depuis les années 2000, s'amincit à un rythme de plus en plus rapide depuis quarante ans.

La contribution d'un glacier à l'élévation du niveau de la mer tient à la partie de la glace flottant sur l'océan, qui va fondre ou se disloquer en icebergs. Or, avec le réchauffement, la ligne d'échouage, c'est-à-dire la limite séparant la partie posée sur le continent de la partie flottant sur la mer, ne cesse de reculer, augmentant la masse de glace flottant sur la mer et contribuant à l'élévation.

Pour tenter de pronostiquer l'évolution de ce glacier dans les prochaines décennies, les chercheurs se sont basés sur trois modèles de simulation d'écoulement de la glace. Conclusion: le recul du glacier est «irréversible» et pourrait se poursuivre sur une quarantaine de kilomètres au cours des 50 prochaines années, indique le CNRS dans un communiqué.

Sa contribution pourrait ainsi «tripler voire quintupler dans les vingt prochaines années».

À lui seul, il pourrait contribuer à une hausse du niveau des mers comprise entre 3,5 et 10 mm dans les vingt prochaines années. Selon le dernier rapport en date des experts du climat du Giec, publié en septembre, la hausse globale du niveau de la mer attendue d'ici le milieu du siècle se situe entre 17 et 38 cm.

Depuis une vingtaine d'années, l'Antarctique de l'Ouest contribue de manière significative à l'élévation de la mer contrairement à la partie est qui reste à l'équilibre, c'est-à-dire que la quantité de glace perdue équivaut à celle de la neige qui alimente les glaciers, explique le CNRS.

Le Giec a rappelé en septembre que la hausse du niveau de la mer s'est accélérée depuis 20 ans. Les calottes du Groenland et de l'Antarctique contribueraient pour un peu moins d'un tiers, le reste se répartissant entre la dilatation thermique des océans et la fonte des glaciers de montagne.




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