Peter Kent dit non à la Table ronde sur l'environnement

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Le ministre Kent exige que les données soient remises à Environnement Canada, qui se chargera de rendre l'information disponible, en accord avec «ses politiques».

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Fannie Olivier
La Presse Canadienne
Ottawa

Le ministre de l'Environnement, Peter Kent, interdit à la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie de mettre en ligne de nouveaux documents. Il refuse également qu'elle aille de l'avant avec son plan de transfert de ses données - soit 25 ans de recherches scientifiques et de rapports - vers un autre site Web.

Le bureau de M. Kent assure toutefois que les informations actuelles resteront disponibles au public.

Alors que la Table ronde tirera définitivement sa révérence vendredi après 25 ans d'existence, la pérennité de l'accès à ses données inquiète hautement son président intérimaire, Robert Slater. D'autant qu'il avait un plan pour conserver les données mais que celui-ci a été catégoriquement rejeté par le ministre Kent.

Dans une lettre envoyée la semaine dernière aux dirigeants de la Table ronde dont La Presse Canadienne a obtenu copie, M. Kent a ordonné que les informations ne soient pas transférées à une entité externe - soit le panel d'experts de «La Prospérité durable» - comme il était d'abord prévu. Ce groupe de réflexion aurait mis en ligne les études de la Table ronde, disponibles pour tous.

Le ministre exige désormais que les données soient remises à Environnement Canada qui se chargera de rendre l'information disponible, en accord avec «ses politiques». Devant cette nouvelle directive, M. Slater en est réduit à se croiser les doigts pour la pérennité de ces informations.

«Notre préoccupation est d'assurer l'intégrité de cette propriété intellectuelle. Nous avions un plan qui pouvait assurer cela. Nous allons maintenant retenir notre souffle pour voir quels seront les arrangements alternatifs», a-t-il expliqué en entrevue.

Les conservateurs avaient annoncé dans le budget de l'an dernier leur intention d'abolir la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie (TRNEE), une décision fortement critiquée par les groupes environnementaux et l'opposition.

Il était prévu que son site Web soit mis hors ligne ce mardi. Il s'agit pourtant d'une «ressource publique valable», a insisté M. Slater, particulièrement pour les chercheurs, experts et étudiants dans le domaine. Il affirme que le gouvernement avait été mis au courant de l'intention de transférer les données à un organisme externe il y a plusieurs semaines.

Au bureau de M. Kent, on indique qu'Environnement Canada deviendra propriétaire du domaine de la Table ronde, qui redirigera les utilisateurs au site de Bibliothèque et Archives Canada.

«Les Canadiens auront accès à tout le travail de la TRNEE des 25 dernières années sur le site Web de Bibliothèque et Archives Canada», a écrit par courriel une porte-parole du ministre en réponse aux questions de La Presse Canadienne.

Pour la porte-parole néo-démocrate en matière d'Environnement, Megan Leslie, il y a malgré tout lieu de s'inquiéter.

«Je croirai ce transfert quand je le verrai. Le gouvernement a aboli la TRNEE pour une raison: c'est parce que la Table ronde a soulevé les lacunes du gouvernement», a-t-elle soulevé.

Non-publication

Dans sa lettre datée du 22 mars, Peter Kent interdit par ailleurs à la Table ronde de mettre en ligne du nouveau contenu sur son site.

«De plus, la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie (TRNEE) ne mettra en ligne aucun contenu additionnel sur son site Web externe, dès le moment où cette instruction est émise», a-t-il écrit.

Deux nouveaux documents étaient toutefois prêts à être publiés, dont un document de réflexion rédigé par les anciens présidents et dirigeants de l'organisme à qui on avait demandé des témoignages personnels.

Dans ce document qui ne sera finalement pas publié, l'actuel gouverneur général du Canada et président de la Table ronde de 1988 à 1990, David Johnston, affirme être «fier d'avoir tenté une expérience à ce point audacieuse et couronnée d'autant de succès».

Bob Page, qui a assumé la présidence entre 2008 et 2012, se souvient quant à lui de l'incertitude qui planait sur l'organisation lors de chaque budget fédéral.

«Il s'est avéré que tant et aussi longtemps que les conservateurs étaient minoritaires, nous n'avions relativement rien à craindre; mais le vent a vite tourné lorsqu'ils ont atteint la majorité», a-t-il confié.

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