Amiante: des Asiatiques viendront protester au Québec

La relance de la mine Jeffrey permettrait de... (Photo: André Pichette, archives La Presse)

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La relance de la mine Jeffrey permettrait de maintenir des centaines d'emplois à Asbestos, ville en déclin où tous s'accrochent au projet.

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Isabelle Hachey

Une délégation asiatique composée de militants, de syndicalistes et de victimes de l'amiante s'invitera au Québec en décembre pour tenter de convaincre le gouvernement de Jean Charest de refuser son soutien au projet de mine souterraine à Asbestos.

Les militants viendront d'Inde, d'Indonésie, de Corée et du Japon dans l'espoir de sensibiliser le premier ministre Charest aux ravages de l'amiante sur la santé publique en Asie, où la demande pour ce minerai cancérigène ne cesse de croître.

La délégation demandera au gouvernement de ne pas garantir le prêt de 58 millions de dollars nécessaire à la relance de la mine souterraine Jeffrey, à Asbestos. Si le projet se concrétise, Mine Jeffrey produira 200 000 tonnes d'amiante par an. Pour les 25 prochaines années, le minerai sera exporté dans les pays en voie de développement, surtout en Inde, où la demande est très forte.

Pour les militants, l'utilisation sûre et contrôlée de l'amiante est une chimère dans les pays du tiers-monde. Les conditions de travail n'y ont rien à voir avec celles des pays occidentaux, où les réglementations sont plus rigoureuses.

«Nous croyons qu'il s'agit d'une affaire urgente et que vous avez la responsabilité de nous entendre, puisque ce sont les habitants de nos pays qui paieront le prix de cette décision», écrit Sugio Furuya, coordonnateur de l'Asian Ban Asbestos Network (A-BAN), dans une lettre envoyée mardi au bureau du premier ministre Charest.

Conditions

Le gouvernement a promis qu'il accorderait son soutien à Mine Jeffrey sous plusieurs conditions. Il veut notamment s'assurer que l'amiante québécois n'ait aucun impact négatif sur la santé publique dans les pays qui l'importent.

Or, les membres de la délégation sont bien placés pour montrer que l'exportation de l'amiante est dangereuse, selon M. Furuya. Certains d'entre eux souffrent d'amiantose et de mésothéliome. D'autres militent au sein de syndicats d'ouvriers. «Nous avons une connaissance directe du fait que l'utilisation de l'amiante est dommageable pour la santé dans nos pays», écrit-il à M. Charest.

Cette «connaissance directe» fait défaut aux membres de la Conférence régionale des élus (CRE) de l'Estrie, à qui le gouvernement a demandé un avis sur le maintien de l'industrie de l'amiante dans la région. La relance de la mine permettrait de maintenir des centaines d'emplois à Asbestos. Dans cette ville en déclin, tous s'accrochent au projet.

Exercice truqué

L'avis de la CRE devrait être publié d'ici la fin de l'année. Mais déjà, tout le monde s'attend à ce qu'il soit favorable. Aux yeux des militants, l'exercice est truqué depuis le début.

«D'une seule voix, l'Association médicale du Québec, la Société canadienne du cancer, les experts et les organisations québécoises de santé publique vous ont demandé de ne pas financer Mine Jeffrey, rappelle M. Furuya dans sa lettre. Ils ont clairement affirmé que l'exploitation et l'exportation de l'amiante par le Québec étaient inacceptables d'un point de vue médical.»

En mission économique en Inde, l'hiver dernier, M. Charest avait refusé de rencontrer des syndicalistes et des ouvriers victimes de l'amiante. Cette fois, ce sont eux qui viennent à lui. Leur demande a bien été reçue au bureau du premier ministre, mais selon son porte-parole, il était encore trop tôt, hier, pour dire s'il leur accordera une place dans son emploi du temps.




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