Un demi-million de forages

Des progrès techniques et une flambée des prix, c'est tout ce qu'il a fallu... (Photo: Le Nouvelliste)

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Des progrès techniques et une flambée des prix, c'est tout ce qu'il a fallu pour que la pénurie appréhendée de gaz naturel en Amérique du Nord s'évanouisse comme par enchantement.

«Ça a commencé il y a 10 ans dans la région de Fort Worth, au Texas, dit André Caillé. À l'époque, aux États-Unis, on pensait qu'on n'avait plus de gaz, on s'apprêtait à construire une dizaine de terminaux méthaniers pour l'importer par bateau.»

 

Le progrès, c'est l'apparition du forage horizontal, à la fin des années 80, puis, en 2000, la fracturation des sédiments par injection d'eau et de sable pour extraire le gaz du schiste, une roche qu'on trouve un peu partout sur le continent.

Une fois le forage initial terminé, une période d'essai permet de déterminer si le puits sera rentable. Par la suite, il est branché sur un gazoduc. La durée de l'exploitation peut être de 15 ou 20 ans.

Dix ans et un demi-million de forages plus tard, la situation a radicalement changé. «On se rend compte qu'on a du gaz pour au moins 50 ans», dit M. Caillé.

Déréglementation

Ces forages ont eu lieu dans un contexte complètement déréglementé, soulignent les opposants au gaz de schiste. «Aux États-Unis, cette industrie n'est pas assujettie aux règlements sur la qualité de l'eau, la qualité de l'air et l'accès à l'information», affirme Kim Cornelissen, de Saint-Marc-sur-Richelieu.

On doute aussi des bénéfices de cette exploitation pour les communautés locales. «Il faut absolument faire le bilan des coûts, des impacts et des bénéfices, sinon on va se faire avoir, dit Pierre Batellier, résidant de Saint-Marc-sur-Richelieu et coordonnateur d'un programme de gestion et développement durable à l'École des hautes études commerciales. Il y a eu 6000 puits dans l'État de New York et seulement 200 emplois créés, en dehors du camionnage.»

M. Caillé assure qu'il se créera 7500 emplois bien rémunérés au Québec. «Ce sont des salaires de l'Alberta sans avoir à aller en Alberta. On va tous s'en porter mieux.»

«Le plus gros impact, pour moi, c'est qu'on achète pour 2 milliards de gaz de l'Alberta chaque année, poursuit M. Caillé. Après, on n'en achètera plus.»

Les opposants croient qu'il est plutôt temps de faire un virage. «Comme dans le cas des sables bitumineux, on est dans des cas extrêmes, dit André Bélisle, de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA). Ce qui était facilement accessible est épuisé. On est rendus à exploiter le pétrole au fond de la mer et le gaz à 1000 mètres de profondeur. Est-ce qu'on ne pourrait pas plutôt laisser de côté les énergies fossiles et investir dans les énergies propres?»

 




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