Al Gore: le motivateur vert

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Louise Leduc
La Presse

Jamais mois de mars n'aura été aussi chaud, et les températures n'ont jamais été aussi élevées dans le monde que durant les 10 premières années du siècle, a signalé jeudi à Montréal l'ex-vice-président américain Al Gore dans une allocution prononcée au Sommet du millénaire.

Les États-Unis et le Canada ont conjointement «l'obligation morale d'agir», a dit le récipiendaire du prix Nobel en 2007.

«Il n'est pas acceptable qu'une partie du monde soit aux prises avec l'obésité et consomme de façon excessive alors même que deux milliards de personnes vivent avec moins de 1$ par jour. Ce n'est pas juste, ce n'est pas acceptable, et il faut faire quelque chose.»

Le gros problème, a rappelé Al Gore, c'est que les pays qui créent le moins de gaz à effet de serre sont souvent ceux qui subissent le plus les contrecoups des changements climatiques.

Al Gore a été applaudi à tout rompre à maintes reprises pendant son discours par un auditoire conquis d'avance et composé pour beaucoup de jeunes québécois.

C'est cependant plus par la forme, par son talent d'orateur, que par le fond qu'Al Gore s'est illustré.

Comme l'a dit ensuite en entrevue Steven Guilbeault, porte-parole du lobby environnemental Équiterre, le discours prononcé par Al Gore en est surtout un de motivation. «Al Gore peut parler d'environnement pendant des heures, il connaît ces questions sur le bout de ses doigts, mais il n'était pas là à des fins pédagogiques. Il était là pour nous inspirer.»

Et manifestement, il y est parvenu. Il a d'abord séduit les personnes présentes en leur disant combien ils devraient être fiers d'appartenir à un pays qui a, de loin, envoyé le plus de Casques bleus dans des missions de paix.

Il a aussi été applaudi à tout rompre, surtout par les femmes présentes, quand il a dit combien l'éducation des filles était essentielle à la lutte contre les changements climatiques. En quoi? En ce que des femmes instruites, au fait des méthodes de contraception, sont des femmes qui font moins d'enfants et qui, ce faisant, limitent la surpopulation mondiale et la surchauffe planétaire.

La capacité des citoyens d'agir est cependant limitée et la lutte contre le réchauffement climatique a subi un sérieux recul à Copenhague, en décembre, lors de ce sommet qui a accouché d'une souris. Al Gore a effleuré le sujet.

Non, ça n'a pas été un succès, mais l'ex-vice-président refuse de parler d'échec et de se laisser décourager. «La volonté politique est une ressource renouvelable», a-t-il dit, invitant les gens à faire confiance à Barack Obama pour reprendre le combat.

Au sommet de Copenhague, Obama et les États-Unis n'ont pas pu exercer le leadership qui est habituellement le leur parce que le président américain y est arrivé les mains vides, «sans rien avoir à mettre sur la table», le Sénat n'ayant pas avalisé au préalable le plan national sur la réduction des gaz à effet de serre. Ça viendra, a assuré Al Gore.

Peut-être, mais manifestement non sans de sérieux compromis. Ainsi, dans l'espoir de rallier les républicains à son plan de réduction des gaz à effet de serre, Barack Obama a annoncé en mars son intention d'ouvrir l'exploration pétrolière et gazière à de vastes zones d'océan au large des côtes allant de la Virginie jusqu'à la Floride.

Il n'a pas été possible aux journalistes de poser des questions à Al Gore. Il devait repartir rapidement après son allocution et après avoir répondu, sur scène, à quelques questions posées par l'animatrice du jour, Sonia Benezra.




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