Le capitalisme ou la Terre: il faut choisir, dit Evo Morales

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Le Forum social sur le climat a attiré quelque 20 000 personnes, dont ces femmes autochtones de Bolivie.

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Philippe Bernes-Lasserres
Agence France-Presse
Cochabamba

Le président de Bolivie Evo Morales a ouvert mardi un Forum social sur le climat en dénonçant la «dette» historique du capitalisme en matière de réchauffement et en affirmant qu'il revenait aux peuples autochtones de montrer la voie pour «sauver la Terre mère».

«Ou bien le capitalisme meurt, ou bien c'est la Terre mère», a martelé Morales, l'un des chefs de file de la gauche radicale latino-américaine, devant quelque 20 000 représentants de mouvements sociaux, d'ONG, de syndicats, de peuples autochtones et du monde scientifique.

«Nous sommes ici parce que les pays industrialisés n'ont pas honoré leurs engagements de réduction de gaz à effet de serre» à Copenhague, a-t-il ajouté, en reprenant le message très militant en toile de fond du Forum, qui pourrait réduire sa capacité à servir de laboratoire à nouvelles idées climatiques.

La «Conférence mondiale des peuples sur le Changement climatique et les Droits de la Terre mère», convoquée à Cochabamba (centre) jusqu'à jeudi, se veut une voix alternative, un effort de la société civile pour influencer les négociations climat en souffrance.

Elle entend saisir un moment politique entre l'accord a minima à Copenhague sur un réchauffement limité à 2 degrés et les faibles espoirs d'un accord contraignant au prochain cycle de négociations en décembre à Cancun (Mexique). Les recommandations de Cochabamba seront transmises aux négociateurs de Cancun.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon a, dans un message transmis mardi, salué la tenue du forum, se disant prêt à «écouter ceux qui sont les plus exposés au changement climatique, ceux qui ont le moins contribué au problème, mais seront les plus affectés».

«J'espère que les délibérations auront une contribution positive, constructive et viable» aux négociations climat, a déclaré M. Ban, dans son message lu par Alicia Barcena, chef de la Commission économique d'Amérique latine de l'ONU, qui a été chahutée par la foule.

Dans la matinée, l'assemblée cosmopolite et colorée, avec ponchos et drapeaux andins, a savouré les retrouvailles de la famille altermondialiste. Sur fond de musique andine, elle s'est réunie dans un petit stade bordé de montagnes à Tiquipaya, en banlieue de Cochabamba.

Auparavant, les amautas (sages aymaras) avaient fait des offrandes pour demander «la force, l'énergie, et la sagesse de Pachamama» -la Terre Mère dans la vision andine- pour les débats à venir.

«Les gens qui vont changer le monde sont ici», a lancé à la tribune Faith Gemmill, déléguée amérindienne de l'ethnie Gwich'in du conseil intertribal d'Alaska.

M. Morales, lui-même d'origine aymara, a affirmé que le mode de vie de ces peuples autochtones, leur relation harmonieuse avec la nature devait former la base de «la seule véritable alternative au mode de développement» menaçant la planète.

Il a réénuméré mardi ses propositions, formulées en décembre à Copenhague: une déclaration des droits de la Terre Mère, un tribunal climatique international, et un référendum planétaire - auprès de deux milliards de personnes - sur les grands choix en matière de climat.

Quatre chefs d'État, tous proches alliés antilibéraux de M. Morales, étaient attendus dans la semaine: Hugo Chavez (Venezuela), Daniel Ortega (Nicaragua), Rafael Correa (Equateur) et Fernando Lugo (Paraguay).

Quelques stars annoncées, comme l'acteur américain Danny Glover ou le réalisateur d'Avatar James Cameron, brillaient par leur absence mardi.




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