L'extinction des espèces, nouveau défi écolo  

Le pika américain, petit mammifère habitant dans les... (Photo AP)

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Le pika américain, petit mammifère habitant dans les montagnes, ne peut supporter la chaleur. Il pourrait devenir le premier animal d'Amérique du Nord à être protégé à cause du réchauffement climatique.

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Mathieu Gobeil
La Presse

L'humain est responsable d'un taux d'extinction des espèces vivantes jusqu'à 1000 fois plus élevé que le taux naturel, et près d'un quart de toutes les espèces vivantes pourrait disparaître d'ici le milieu du siècle.

Gouvernements et entreprises ne pourront ignorer cette crise.

C'est du moins ce que croit le secrétaire exécutif de la Convention sur la diversité biologique de l'ONU, Ahmed Djoghlaf. Ce dernier soutient que les pays se donneront cet automne, à la 10e Convention sur la diversité biologique à Nagoya au Japon, un outil de protection des espèces vivantes qui pourrait changer la donne environnementale et les relations commerciales entre pays industrialisés et pays en développement.

Les pays tenteront d'adopter le 29 octobre prochain un protocole sur l'accès et le partage des bénéfices découlant de l'utilisation des ressources génétiques. Plantes, médicaments et séquences génétiques extraits des espèces propres aux pays en développement pourraient valoir leur pesant d'or pour ces mêmes pays.

«Le protocole de Nagoya sera le nouvel ordre économique mondial. C'est l'outil du XXIe siècle», a affirmé M. Djoghlaf lors d'une conférence organisée hier par le Conseil des relations internationales de Montréal.

En vertu du nouveau protocole, les compagnies pourraient devoir verser des redevances et effectuer des transferts technologiques vers les pays hébergeant les espèces. Le protocole à venir aura une base juridique, mais il reste à voir si des sanctions seront imposées aux pays signataires et aux compagnies qui ne respecteront pas le protocole.

«Quel est l'intérêt pour un pays pauvre de protéger la biodiversité s'il n'y voit pas davantage?», poursuit M. Djoghlaf. Il ajoute qu'en tenant compte que 80% de la biodiversité se trouve dans les forêts, des pays comme le Brésil, l'Afrique du Sud ou le Congo, pourraient tirer des bénéfices énormes en protégeant leur forêt. Une mesure qui contribuerait à freiner le réchauffement climatique.

«On a tendance à penser que tout peut être réglé par la technologie. Mais simplement en stoppant la déforestation à l'échelle mondiale, on peut réduire de 20% nos émissions de gaz à effet de serre.»

Selon l'ONU, la crise de la biodiversité, amplifiée par le réchauffement climatique constitue une bombe à retardement.

Par ailleurs, Ahmed Djoghlaf soutient que le Canada continue à faire bonne figure en matière d'environnement et de biodiversité, même si le gouvernement actuel poursuit des «intérêts à court terme», comme le développement de l'industrie des sables bitumineux, qui vont à l'encontre des objectifs de protection des espèces.




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