Étiquetage de la viande: Ottawa s'attaque aux normes

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Une guerre commerciale semble se profiler à l'horizon entre le Canada et les... (Photo Archives La Tribune)

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Lee-Anne Goodman
La Presse Canadienne
WASHINGTON

Une guerre commerciale semble se profiler à l'horizon entre le Canada et les États-Unis, alors qu'Ottawa menace d'adopter des «mesures de représailles» dans le cadre d'un différend avec Washington sur les normes d'étiquetage des viandes.

Le gouvernement américain a annoncé jeudi de nouvelles normes sur «l'étiquetage du pays d'origine» qui permettrait d'effectuer un suivi du boeuf et du porc, de l'élevage jusqu'aux réseaux de transformation et de distribution.

Tom Vilsack, secrétaire américain à l'Agriculture, affirme que les nouvelles règles visent à régler un différend important entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.

«Le département demeure convaincu que ces modifications amélioreront le fonctionnement du programme, en plus d'arrimer les nouvelles règles aux obligations américaines en matière de commerce international», a-t-il déclaré par voie de communiqué.

Le Canada n'est toutefois pas convaincu que ces règles témoignent d'une volonté sérieuse, de la part des Américains, de régler le problème.

«Le Canada est extrêmement déçu des modifications réglementaires apportées par les États-Unis (jeudi) en ce qui a trait à l'étiquetage», ont fait savoir les ministres de l'Agriculture et du Commerce international, Gerry Ritz et Ed Fast, dans une déclaration commune.

Selon les ministres, les modifications ne permettront pas aux États-Unis de respecter leurs obligations contractées dans le cadre d'un jugement rendu l'an dernier par l'OMC, qui a estimé que le nouveau système était discriminatoire envers le bétail étranger, et qu'il ne correspondait pas aux engagements commerciaux de Washington.

«Le Canada étudiera toutes les possibilités qui s'offrent à lui, y compris, au besoin, l'application de mesures de représailles», précise le communiqué.

Des responsables canadiens seraient effectivement à l'oeuvre pour dresser une liste de ces «mesures de représailles» contre des produits américains, ouvrant la voie à une guerre commerciale.

Plus tôt jeudi, M. Ritz s'est prononcé sur la question alors qu'il participait à une mission économique au Kazakhstan.

«Même leur propre industrie s'est manifestée pour dire qu'il en coûterait des centaines de millions de dollars pour respecter les normes; nous évaluons donc ce qu'ils proposent», a-t-il déclaré lors d'une conférence téléphonique.

«Bien entendu, la prochaine étape est de retourner à l'OMC. Cela prendra un mois ou deux - les Américains tenteront de vendre leurs modifications, et nous tenterons de convaincre l'OMC que cela est complètement inapproprié.»

En plus de contester la décision de Washington, le ministre Ritz a ajouté que le Canada devait se concentrer pour trouver de nouveaux marchés pour sa viande. «Alors que les Américains rendent difficile l'accès à leur marché, il en revient donc aux gouvernements de faire le tour de la planète et de développer des parts de marché ailleurs.»

Le Nouveau Parti démocratique a pressé le gouvernement de demeurer ferme dans le dossier. «Les néo-démocrates croient que des normes d'échanges commerciaux justes et robustes sont essentielles pour le succès de nos industries», a déclaré Don Davies, porte-parole du parti en matière de commerce. «Le gouvernement doit s'impliquer et défendre ces secteurs importants.»

En vertu de la nouvelle réglementation, le gouvernement américain exige désormais des vendeurs de viande d'indiquer explicitement l'origine du boeuf, du porc et du poulet vendu dans les magasins américains. De telles étiquettes comporteront la mention «né, élevé et abattu aux États-Unis» pour la viande américaine. Les coupes de viande des autres pays pourraient être étiquetées, par exemple: «né au Canada, élevé et abattu aux États-Unis».

Le Canada s'oppose à ce système d'étiquetage, en invoquant la question du coût et de l'ampleur des démarches administratives. Ottawa met également en garde contre une «désintégration» de la chaîne d'approvisionnement nord-américaine si les États-Unis vont de l'avant.

Washington a tout d'abord imposé son système d'étiquetage selon le pays d'origine en 2008, un geste qui, selon le département américain de l'Agriculture, a été conçu pour aider les consommateurs à effectuer des choix éclairés en matière d'alimentation.

Ce système a entraîné une réduction de 50 pour cent des expéditions de bétail canadien aux États-Unis en un an, en plus de provoquer une chute de 68 pour cent des exportations des abattoirs de porcs.

Le Conseil canadien du porc estime que les nouvelles règles ont déjà coûté environ 1 milliard de dollars au Canada par année en exportations de boeuf et de porc.

Les nouvelles mesures sont populaires aux États-Unis; elles sont appuyées par plusieurs groupes de consommateurs ainsi que par des regroupements de producteurs.

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