«Elle m'a envoyé un baiser, puis elle est partie»

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La grippe A (H1N1)

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La grippe A (H1N1)

Ce qui avait commencé avec quelques morts mystérieuses au Mexique fait maintenant trembler le monde entier. Consultez notre dossier complet. »

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Le mari de Sylvie Hébert, Marco (qui a... (Photo: Alain Roberge, La Presse)

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Le mari de Sylvie Hébert, Marco (qui a préféré taire son nom de famille), est lui aussi porteur du virus H1N1. Il se soigne aux antiviraux depuis lundi et reste terré dans sa résidence, non loin de Châteauguay, pour ne pas contaminer ses proches. Leur fils de 13 ans, Jonathan, n'a pas contracté la maladie.

Photo: Alain Roberge, La Presse

Catherine Handfield
La Presse

Sylvie Hébert a ressenti un léger mal de tête, le 29 octobre, après sa journée de travail. Le lendemain, elle a préféré rester à la maison, se sentant grippée. Elle faisait un peu de fièvre.

Ces symptômes, aussi légers soient-ils, annonçaient le pire. Quatre jours plus tard, Sylvie Hébert, une femme de 42 ans débordante de santé, est morte, mardi soir, foudroyée par la grippe A (H1N1).

Son mari, Marco (qui a préféré taire son nom de famille), est lui aussi porteur du virus. Il se soigne aux antiviraux depuis lundi et reste terré dans sa résidence, non loin de Châteauguay, pour ne pas contaminer ses proches. Leur fils de 13 ans, Jonathan, n'a pas contracté la maladie. Mais Sylvie Hébert, elle, fait partie des rares victimes de graves complications. Samedi, elle s'est mise à tousser de plus en plus. Légèrement asthmatique, elle cherchait son souffle.

Vers midi, épuisée, elle a demandé à son mari de la conduire au Centre hospitalier Anna-Laberge, à Châteauguay. Mme Hébert y travaillait depuis plusieurs années comme commis au service informatique. «Rendus à l'hôpital, tout a déboulé, a raconté Marco, rencontré jeudi après-midi. Elle a été admise à l'urgence, puis dirigée dans une chambre isolée. Son état s'est dégradé d'heure en heure.»

Dimanche, les médecins l'ont intubée. Elle était de plus en plus faible, respirait de moins en moins bien. Sylvie Hébert a alors compris qu'elle ne pourrait combattre ce virus, qui affectait maintenant ses muscles et ses organes vitaux.

Elle a regardé son mari dans les yeux et lui a demandé de dire à leur fils qu'elle l'aimait. «Elle m'a dit qu'elle s'était battue, mais qu'elle n'était plus capable. Elle m'a envoyé un baiser, puis elle est partie», a confié son mari, la gorge serrée par l'émotion.

Sylvie Hébert ne s'est jamais réveillée. Après avoir été victime d'un arrêt cardiaque, elle a été transférée à l'hôpital Saint-Luc, à Montréal. C'est là qu'elle s'est éteinte, mardi soir, devenant la troisième victime de la grippe A (H1N1) au Québec depuis le début de la deuxième vague.

Son départ laisse un vide béant au sein de sa famille et met un terme à plusieurs rêves. Elle, son mari et leur fils Jonathan, tous amoureux de la nature, souhaitaient se faire construire un chalet à Tadoussac. Ils voulaient aussi s'acheter des kayaks, l'été prochain. «Sylvie souffrait d'asthme, mais sa santé était excellente, a dit Marco. Elle s'entraînait plusieurs fois par semaine, faisait de la randonnée pédestre et du cyclotourisme, et surveillait de près son alimentation.»

«Bref, la grippe a détruit en quatre jours la vie d'une personne en forme», a ajouté Marco, qui peine à croire qu'il ne reverra plus sa femme.

Marco ignore où ils ont contracté la maladie. Deux jours avant les premiers symptômes, Sylvie Hébert avait été vaccinée avec ses collègues du Centre hospitalier Anna-Laberge. Le vaccin n'avait pas eu le temps de faire effet.

Marco est persuadé que sa femme était porteuse du virus avant de recevoir le vaccin. La direction de santé publique de la Montérégie a martelé jeudi qu'il était «impossible» que Sylvie Hébert ait développé la maladie à cause de la vaccination (voir encadré). Marco y croit à 100%.

Sylvie Hébert et lui doutaient de la menace réelle de la grippe A (H1N1). «On se disait : voyons donc, les médias en mettent trop, comme ça avait été le cas avec la grippe aviaire», a-t-il dit.

Aujourd'hui, Marco a changé d'avis. Et il a accepté de parler à La Presse pour lancer un message à la population : «Je ne suis pas le premier ministre, je ne suis qu'un simple opérateur d'entreprise, mais j'ai vu ce que la grippe peut faire : allez vous faire vacciner.»

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