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L'euthanasie n'est pas une solution humaine

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André BourqueL'auteur est médecin et professeur agrégé au département de... (Photothèque Le Soleil)

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André Bourque
L'auteur est médecin et professeur agrégé au département de médecine familiale de l'Université de Montréal et chef du département de médecine générale du CHUM.Une centaine de médecins appuient sa position, qui résume les principaux éléments d'un mémoire qui a été remis au Collège des médecins du Québec le 31 août dernier.

Le débat sur la dépénalisation de l'euthanasie du suicide assisté ne cesse de ressurgir au Canada et au Québec. Les manifestations les plus récentes en sont le projet de loi C-384, présenté par Mme Francine Lalonde, députée du Bloc québécois, et la recommandation d'un groupe de travail mandaté par le Collège des médecins du Québec de considérer une acceptation de l'euthanasie dans certains cas particuliers.

Sur le sujet de la maladie débilitante et de la mort, la préoccupation première de la majorité est de se voir soulagé de la douleur et des malaises, et bien entouré. Les patients qui expriment le désir de mourir le font le plus souvent parce qu'ils ont besoin de réconfort, qu'ils sont déprimés, ou que leurs douleurs et leurs symptômes ne sont pas bien contrôlés. Ils changent aussi souvent d'idée. La demande à mourir est une sorte de cri du coeur qui représente le plus souvent un appel à la sympathie.

Faire mourir le patient n'est pas une solution humaine pour soulager les situations dramatiques de douleur ou de souffrance terminales: le médecin a toujours le devoir et le pouvoir de faire mourir la douleur, et non pas de faire mourir le patient.

Il est considéré une bonne pratique médicale et même une obligation d'utiliser les opiacés et tout l'arsenal analgésique disponible dans l'intention d'apaiser le plus possible la douleur du malade, même si c'est au prix d'abréger ses jours par les effets secondaires de la médication (ce qui est très rarement le cas). Les avancées de la thérapeutique et de l'organisation des soins de la médecine palliative des 30 dernières années ont été remarquables et sont aussi prometteuses pour l'avenir. Il n'y a pas de limites imposées au médecin lorsqu'il met en oeuvre les moyens pour soulager la douleur ou qu'il décide avec le consentement du patient de cesser des traitements jugés futiles ou disproportionnés.

Il y aura toujours dans nos sociétés des personnes atteintes de maladies terminales ou dégénératives sévères, qui voient venir les complications ou la durée de leur maladie, qui bénéficient de beaucoup de support et de soins mais qui voudraient mettre fin à leurs jours en un temps et un lieu, et qui ne sont pas capables de le faire seules.

Ces personnes ne sont pas nécessairement déprimées et ne voient plus de sens à ce qui leur reste à vivre naturellement. La demande est généralement liée à la personnalité de l'individu et au besoin qu'il ressent de contrôler sa vie... et sa mort. C'est principalement la voix de ces personnes, qui représentent un très petit nombre d'individus qui se fait entendre en faveur de la dépénalisation de l'euthanasie et du suicide assisté. Ces personnes doivent être entendues et aidées à trouver un sens à la vie qui reste, plutôt que de trouver un raccourci vers la mort.

La liberté et l'autonomie de la personne s'arrêtent là où elles empiètent sur celles des autres membres de la société. Une modification de nos lois pour satisfaire la demande d'un tout petit nombre d'individus dans la société mettra en péril la vie d'un beaucoup plus grand nombre, qui n'étaient pas visés. L'expérience des quelques pays qui se sont aventurés dans cette voie démontre que les pratiques deviennent ingérables malgré la mise en place de contrôles et de balises : les protocoles ne sont pas respectés, les consentements non obtenus, les pressions des familles fortes et difficiles à gérer. Des personnes qui ne le demandaient pas sont mises à mort. Survient un glissement.

Dès qu'on accepte de faire mourir les patients dans un état terminal et qui le demandent, on devient confronté à la demande des personnes avec des handicaps et des atteintes chroniques qui les minent, puis à celle des patients avec des atteintes psychologiques. Des personnes même jeunes, avec des atteintes « chroniques » invoqueront les chartes pour qu'on ne discrimine pas envers elles dans leur demande d'euthanasie ou de suicide assisté. L'euthanasie deviendra une issue thérapeutique vers laquelle des personnes se tourneront pour soulager leurs souffrances, alors qu'il y a beaucoup d'autres options.

Il en résultera des pressions indues sur les personnes âgées, celles ayant des handicaps sévères, ou recevant des traitements coûteux: elles apprendront subtilement qu'elles représentent un fardeau pour la société. Il y aura des retentissements défavorables sur les attitudes sociales envers la personne âgée ou débilitée. La personne n'est pas indigne du fait qu'elle dépend des autres ou connaît une déchéance physique ou psychologique. La solution pour assurer le « mourir dans la dignité » demeure dans l'approche palliative compétente, le respect, l'accompagnement et la tendresse.

La dépénalisation de l'euthanasie et du suicide assisté repose entièrement sur une participation de la profession médicale : c'est le médecin qui est appelé à porter un jugement sur l'utilité de préserver la vie ou d'y mettre fin. Pour donner un « droit à la mort » au patient, on doit donner un « droit de tuer » au médecin. Il s'ensuit une érosion de la relation médecin-patient : le médecin n'est plus seulement celui qui guérit, soulage ou réconforte, mais aussi celui qui donne la mort. La mise à mort devient une « option thérapeutique » de la profession médicale. Cela érode le lien de confiance envers toute la profession médicale.

Bien que le suicide soit parfois revendiqué comme une liberté, il demeure avant tout un drame personnel fondamentalement contraire à la nature humaine et un échec de la société. Le suicide n'est jamais sans retentissement sur les autres personnes et sur toute la société. La réponse face à la personne qui veut se suicider a toujours été qu'on lui vienne en aide: elle doit le demeurer.

La proposition d'euthanasie et de suicide assisté marque un refus de confiance à l'égard des progrès de la science médicale et de l'organisation des soins. Elle est aussi irrecevable au plan de la solidarité sociale et du bien commun. Si le débat qui a cours a pour effet de relancer des mesures pour l'amélioration des soins palliatifs, il aura servi à quelque chose.

 

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Commentaires (36)
    • Pour montrer mon opposition à cet article du Dr Bourque et au mémoire de son groupe, je vous fais part de ma dernière Lettre ouverte.

      «Un soin approprié en fin de vie
      Voici une «petite ouverture» audacieuse, réaliste, prudente et sécuritaire : «L'euthanasie pourrait faire partie des soins appropriés dans certains cas particuliers.
      C'est l'une des positions que le Groupe de travail en éthique clinique du Collège des médecins du Québec recommande au Conseil d'administration du Collège après avoir réfléchi à la question ces trois dernières années. C'est ce qu'a appris L'actualité médicale, ( Vol. 30 #11, 20 mai 2009). Le Groupe de travail a présenté ses recommandations le 17 octobre dernier et un projet d'énoncé de position a été déposé le 8 mai 2009. Le Collège doit maintenant décider s'il accepte cette petite ouverture vis-à-vis de l'euthanasie, s'il la rejette ou s'il désire poursuivre sa réflexion.»
      Voilà le fruit de ce groupe de travail qui en a reçu le mandat suite au colloque «Aider à mourir ? Une réflexion de société tenu par le Collège au printemps 2006... Des gens favorables et défavorables à l'euthanasie ont été rencontrés.
      Le Collège perçoit vis-à-vis de l'euthanasie une tolérance sociale croissante au Québec et il est conscient qu'elle interpelle de plus en plus les médecins... L'euthanasie constituerait une solution ultime lorsque toutes les autres options de soins auront été épuisées. Nous sommes loin de la dérive appréhendée par les opposants.»
      L'appui de la population à une aide médicale à mourir est quand même phénoménale.
      À 80 %, depuis longtemps, la population québécoise est favorable à une aide médicale pour mourir, en autant qu'elle est pratiquée dans cadre bien défini, sécuritaire et périodiquement évalué. Deux personnes sur trois, recevant des soins palliatifs, désirent avoir cette possibilité d'aide, au cas où ça irait mal (Étude pan-canadienne, 2007). Le 15 avril 2009, à Beloeil, 200 étudiants/es du 3e âge de l'Université de Sherbrooke ont participé au Colloque Mourir dans la dignité peut-il être un choix ?; ce colloque fut organisé par le Comité AUTAM de Beloeil. 166 personnes ont complété la feuille d'évaluation, et 162 personnes se sont dites favorables à une aide médicale à mourir, à un changement dans la loi. Presqu'à l'unanimité ! Les pensées évoluent, les valeurs changent, les personnes aussi; de très nombreux travailleurs professionnels oeuvrant en soins de fin de vie y seraient fort probablement favorables, si libres de s'exprimer.
      Cet automne, en leur nom, que notre Collège des médecins accepte cette «petite ouverture». Si acceptée, nous l'espérons grandement, les impacts seront nombreux et positifs.
      Nous verrons le nombre des suicides diminuer drastiquement chez les aînés, chez les personnes avec des maladies évolutives et spécialement chez les finissants de la vie. Ce qui sera un énorme plus pour les familles et pour la société. De tels suicides ont tellement d'impacts négatifs connus et même insoupçonnés.
      Nous ne verrons pas des personnes ou des groupes, d'ici ou d'ailleurs, venir donner des sessions de formation sur comment mettre fin à ses jours. Nous ne verrons plus des finissants de la vie aller en Suisse pour une aide au suicide.
      Nous verrons diminuer le nombre de meurtres par compassion et des aides au suicide. Ce sera tellement mieux pour la santé des familles. De nombreux procès souvent dramatiques seront ainsi évités. Et les personnes qui se feront suppliées de donner une aide à mourir à un de leurs proches aimés, auront enfin une alternative de poids, soit celle d'une aide médicale pour aider ce finissant de la vie à terminer ses jours honorablement.
      Nous verrons augmenter de façon significative la sérénité des soignants, ce qui est énorme dans les milieux de soins. Nous verrons cette exceptionnelle aide médicale à mourir être vécue dans la relation Personne en fin de vie-famille ET médecin-équipe soignante. Cette relation apportera sécurité et sera porteuse de confiance. Dans les pays où l'aide médicale à mourir est possible, si permise et appropriée, le degré de confiance au médecin a augmenté, contrairement à ce qu'avaient prédit certains fondamentalistes opposants.
      Nous verrons, en soins palliatifs, diminuer les douleurs incontrôlables. Même si de grands progrès ont été accomplis dans le soulagement de la douleur et le contrôle de symptômes fréquents en fin de vie (nausées, vomissements, détresse respiratoire, angoisses, etc.), il restera toujours des situations hors contrôle, inacceptables pour les malades. Il restera toujours, surtout, chez plusieurs, une immense souffrance globale et un refus d'une existence qui n'est plus qu'une succession de situations humiliantes, dégradantes et indignes. Et quelqu'admirables que soient la présence et la compassion des plus dévoués en soins palliatifs, ceux-ci demeureront souvent incapables à redonner un sens suffisant à une agonie qui n'en finit plus. La sédation terminale sera un soin de plus; mais plusieurs refuseront cette anesthésie qui risque de durer des jours et des semaines. Faut rappeler que la douleur n'est plus la première raison de demander une aide médicale à mourir; tout au contraire.
      Nous verrons aussi les finissants de la vie vivre plus longtemps et augmenter leur qualité de fin de vie, ayant une assurance, une garantie qu'un médecin les aidera à mourir, si voulu et si nécessaire, si approprié, voilà le mot pour un mourir digne et de compassion. Cette assurance-fin-de-vie, selon des médecins, donne de l'énergie aux grands malades pour recevoir et pour profiter davantage des traitements de fin de vie. Avec cette possibilité d'aide médicale à mourir, si voulue et si nécessaire, ils accepteront plus les traitements, en bénéficieront davantage et vivront plus longtemps. Ce qui est presque du monde du paradoxe : l'aide médicale à mourir possible, si appropriée, fera vivre mieux et plus longtemps !
      Nous verrons enfin un grand désir des aînés, très majoritairement exprimé, devenir davantage à la portée du possible : mourir chez soi. Comme dans les pays où l'aide médicale à mourir fait partie des soins appropriés.
      C'est une «petite ouverture» chez le Collège des médecins, mais c'est un immense pas sur la route de la paix sociale, de la dignité, de la sérénité, de la compassion et du libre-choix.
      MERCI au Groupe de travail en éthique clinique du CMQ. FIERTÉ à vous tous !
      Cet automne, mesdames et messieurs chers médecins du Bureau de direction, OSEZ accepter cette recommandation, au nom de la vie, de la qualité de la fin de la vie et de la personne en fin de vie.»

    • Qu'on nous accorde le droit de vivre avant de gloser sur celui de mourir.
      Nos politiciens pillent la caisse, détruisent les programmes sociaux, autorisent leurs policiers à tuer sans crainte de conséquences et condamnent des secteurs entiers de la société à une vie sans qualité, afin de protéger les privileges des corporations qui garnissent leurs caisses.
      Je nous trouve bien modestes de ne réclamer que le droit de mourir.

    • Je félicite Dr. Bourque pour son article puisqu'il réflète bien les problèmes de l'euthanasie. La solution se trouve dans l'amélioration du système de santé québécois, qui est vraiment dans un état déplorable, et aussi dans la formation des médecins en soins palliatifs, car malheureusement plusieurs ne savent pas comment soulager la douleur efficacement. La vie des patients ne doit pas être évaluée selon les moyens économiques de notre société. Le suicide n'est jamais une façon digne de mourir, il est contradictoire de vouloir hospitaliser contre leur volonté des personnes qui veulent se suicider d'un côté et d'un autre côté vouloir aider des gens à se suicider quand ils le demandent...

    • En réponse au commentaire de rejbeau : Oui, il manque d'infirmières et de médecins qui nous coûtent très cher à former. Pourquoi donc les utiliser à une tâche qui de un, ne nécessite pas l'ampleur de leur savoir, et de deux, est étrangère à leur rôle, à cette même formation qu'on leur donne, à leurs aptitudes et à leur envie. Je dis donc Oui ! Bien sûr ! Utilisons notre personnel médical coûteux pour soutenir les vivants. Mais ne brouillons pas les cartes en leur demandant aussi de traiter les morts.

      Dans certains hôpitaux et département de soins palliatifs, nous retrouvons déjà des bénévoles qui veillent sur les mourants, leur parlent et les accompagnent. Ces gens possèdent des aptitudes bien distinctes qui leur permettent de côtoyer les mourants à longueur de journée tout en gardant à l'esprit qu'ils doivent inévitablement mourir.
      Ces gens ne sont pas là pour l'argent, mais plutôt parce qu'ils s'y trouvent utiles, car ils sont conscient de leur différence; de leur capacité à côtoyer la mort.

      Pourquoi ne pas leur donner la reconnaissance qu'il méritent, un emploi, et leur fournir une formation qui complémenterait leurs aptitudes ainsi que leurs qualités humaines. Ces gens, dans leur fonction d'euthanasiste-accompagnateur, pourraient libérer le personnel médical de nombreux actes, ils pourraient travailler conjointement avec les familles (si il y en a), les notaires et les représentants des différents cultes.

      Il est plus qu'urgent, comme société, de ré-apprivoiser la mort et de l'intégrer à nouveau dans notre vie.

    • Si je suis un jour atteinte d'une maladie incurable, ce sera à moi de décider quand je partirai. Ma vie m'appartient, ma mort aussi.

    • Tôt ou tard l'euthanasie devra être envisagée puisque le nombre de patients en soins paliatifs va doubler et même tripler dans les 20 prochaines années. Personnellement, je suis entièrement d'accord à ce qu'une personne en perte d'autonomie puisse avoir le choix de mettre fin à ses jours. J'ai vu trop de situations où des patients paliatifs étaient devenus des rats de laboratoire.

      L'euthanasie n'est plus un problème social, religieux ou d'éthique, c'est devenu un enjeu économique. Les médecins en soin paliatifs font des fortunes alors qu'ils pourraient être recyclé dans des disciplines médicales qui auraient un impact social plus important. Et que dire des compgnies phamaceutiques ????

    • Merci dclic ! Il s'agit du commentaire le plus éclairé et cohérent qu'il m'ait été donné de lire sur Cyberpresse depuis plusieurs semaines, voire mois.

    • J'aimerais pouvoir decidé de ma vie ou de ma mort en temps et lieu. J'ai vue des gens mourir dans ma famille de cancer ...Mon père avait des trous dans les hanches, mange par le cancer. Il a eu une fin atroce. Ma soeur aussi morte d'un cancer des ganglions...assez atroce comme mort. Mon chum aussi est mort d'un cancer, J'en ai pris soin jusqu'en dernier de tout chez lui car il voulait mourir dans sa maison. Je ne voudrais pour rien au monde finir ainsi. Laisser moi le choix de mourir dignement..

    • Jema..: dit: "Des professionnels spécialistes, que nous pourrions appeler ¨euthanasistes¨, ou ¨passeurs". .....C'est là un voeu PIEUX....car nous n'avons pas assez d'infirmières, nous n'avons pas assez de Médecins et on va former encore d,autres personnes....des PASSEURS...qui feront comme les passeurs "de frontière" dans les pays du tiers mondes qui prennent l'argent......et laisse les personnes "passer la frontière et plus souvent en mourrir"...

      Inclosion dit : C'est sa qualité qui l'est. Investissons nos énergies dans l'amélioration et le maintien de la qualité de vie des gens souffrant de diverses maladies ou de handicaps, voilà ce qui pourrait être bénéfique pour tout le monde. Avant la mort, bonifions la vie!
      et Reconnaissant que chaque personne est unique et mérite tout le respect et la dignité qui lui sont dus,
      Voyons .....BONIFIONS LA VIE....eh oui un autre voeu pieux puisque le système de Santé est MALADE.....et peine a aider tout le monde...

      Pour finir avez vous lu la lettre de Pierre Lussier, Fils de Doris Lussier qui dit cette phrase:
      "Que l'extreme droite réformiste ne vienne pas me dire que restituer ses excréments qui ne peuvent être évacués par la voie normale en raison du blocage intestinal que cause la morphine, est une façon RELIGHIEUSEMENT DIGNE de vivre ses derniers jours."
      une lettre qui mérite une relecture et une bonne réflexion....

      rej

    • Merci dclic !

    • Très belle réflexion qui pourrait se résumer à ceci: doit-on privilégier un groupuscule au détriment de la masse. Il est certain que non même si cela exige une fermeté qui serait inévitablement difficile à gérer si une personne qui nous est chère appartenait à ce petit groupe. La mort n'est pas un privilège de la vie. Elle en est une résultante. Bien que j'aimerais poursuivre un dialogue, je suis en accord avec l'auteur qui soulève très judicieusement plusieurs points questionnables sur l'euthanasie et le suicide assisté. Reconnaissant que chaque personne est unique et mérite tout le respect et la dignité qui lui sont dus, la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres. Nous ne pouvons acquiesser à la demande d'une personne qui, de par sa nature, en condamnerait plusieurs autres.
      Contrairement à la chanson de Luc De La Rochllière, la vie n'est pas si fragile. C'est sa qualité qui l'est. Investissons nos énergies dans l'amélioration et le maintien de la qualité de vie des gens souffrant de diverses maladies ou de handicaps, voilà ce qui pourrait être bénéfique pour tout le monde. Avant la mort, bonifions la vie!

    • soyons clairs..ceci est encore une queston de dollars pour les pharmaceutiques, étirer la vie pour mieux engranger le cash jusqu'au dernier souffle, je crois que l'auteur s'il était en positon de vivre une maladie terminale changerait d'avis, m'enfin personne n'a survécu à une maladie terminale pour nous expliquer son expérience et ça c'est la clé je crois que personne ne peut donner de conseil à qui que ce soit à ce sujet, la décision devrait appartenir à chaque individu

    • je vais rajouter une tranche, je suis en furie, la planète supposément ne peut plus supporter autant d'humains que maintenant nous avons atteint le max....pourtant la moitié de la planète crève de faim .....pendant ce temps nous les pays riches (...) avons des grands penseurs qui osent émettre ce genre de propos.. honte à vous! vous faites vos frais avec les personnes agées pendant ce temps nous les un ti-peu plus jeunes n'avons aucun medecin de famille ne sommes pas assez cinglés pour aller se poster dans une file d'attente à 4h00 du matin pour avoir la Chance de voir un médecin qui va nous expédier en 5 min de déblatérer n'importe quoi pour tu te casses sans avoir pris le temps de vraiment diagnostiquer ton mal, nous avons une meilleure chance de nous diagnostiquer sur google qu'avec des médecins à cash, alors.. je me dis c'est surement pas les médecins qui vont décider pour moi quand je n'ai même pas accès au système de santé

      bon vent vos théories !!!

    • Le paragraphe qui tue:
      "L'expérience des quelques pays qui se sont aventurés dans cette voie démontre que les pratiques deviennent ingérables malgré la mise en place de contrôles et de balises : les protocoles ne sont pas respectés, les consentements non obtenus, les pressions des familles fortes et difficiles à gérer. Des personnes qui ne le demandaient pas sont mises à mort. Survient un glissement."
      Je tombe des nues: jamais je n'ai entendu de pareil jugement sur l'expérience des autres pays avec le suicide assisté. Ou bien c'est de la désinformation dans un but précis ou bien l'auteur sait de sources sûres des choses que le public ignore. Nous le prions instamment de bien vouloir faire profiter tous les citoyens de ces informations surprenantes après qu'il les ait, bien sûr, validées car il s'agit d'accusations fort sérieuses et je suis certain que l'auteur ne confond pas des cas anecdotiques exceptionnels (il y en aura toujours, avec ou sans suicide assisté) avec une réelle dérive comme il nous le laisse croire.

      Michel Virard

    • Les arguments de M Bourque sont intéressants, mais nettement non suffisants pour nous convaincre, et avec tendance à faire peur inutilement.

      Si 100 médecins pensent comme lui, il y en a fort probablement des milliers d'autres médecins québécois qui pensent autrement. Et à raison.

      Question de dignité et de libre-choix (ultime liberté).
      Question de la PERSONNE en fin de vie, de son seul intérêt. Et pas des intérêts des intervenants.

      Pour une opinion contraire, consultez mon site www.yvonbureau.com
      Et celui de AQDMD
      Pour l'expérience de la Belgique où l'euthanasie a été décriminalisée en 2002, allez sur le site de ADMD Belgique

    • Oui, la mort nous effraie tous et rares sont ceux qui semblent vouloir s'y frotter ouvertement, de manière responsable, ou avec sagesse. Bien sur, des actes d'euthanasie sont pratiqués quotidiennement et je crois que cette façon de faire est comprise par la population. Mais mon impression est que ces ¨accompagnements¨ sont, dans la majorité des cas, pratiqués en marge des normes et des procédures standards, par des médecins ou infirmiers compatissant.

      Aussi, je peux comprendre qu'un médecin, formé pour guérir et animé d'un désir de vaincre la mort, ne soit pas à l'aise avec le rôle qu'on lui demande, sans parler des dimensions éthiques, légales ou théologiques. Il semble donc y avoir un vide à combler.

      Je propose la création d'un nouveau corps professionnels; Des professionnels spécialistes, que nous pourrions appeler ¨euthanasistes¨, ou ¨passeurs¨. Ces derniers pourraient être formés en divers disciplines telles, l'anesthésie, le droit, la théologie et, bien entendu, la mort. Il y a longtemps que des professionnels ce spécialises en naissance, il est grand temps qu'on reconnaisse le besoin de spécialistes en mourance (oui, ce terme existe).

    • Hum, je trouve toujours drôle d'être privé d'un de mes droits (celui de décider moi-même de mon propre sort) par quelqu'un qui veux protéger mon droit.

      Merci beaucoup, mais je pense être assez grand savoir en toute connaissance de cause qu'assez c'est assez.

      Alors que les CHSLD'et les hopitaux peinent à donner un bain par semaine, que la nouriture est insipide, que personne n'a le temps pour simplement prendre le temps avec les bénéficiaires (mais de quels bénéfices?) Un gentil samaritain me dit que je déprime et qu'il faut que je m'accroche. Même si je suis à terme comdamné? On ne fais même pas cela aux animaux.

    • je suis d accors avec ce moyen de mourir. Je travaille aupres des personnes agées et je vois souffir a tous les jours; donc, je suis d accord avec cet acte.

    • On ne fait même pas endurer la douleur aux animaux. Je suis technicienne en santé animale et lorsque qu'il y a un animal entrain d'agoniser, on ne lui donne pas des opiacés ou quoi que ça soit pour le garder en vie jusqu'à ce qu'il meut de lui-même mais on l'euthanasie. On ne veut pas qu'il souffre pour rien. Je trouve que l'on devrait faire pareil avec les humains. En tout cas, si un jour je suis prise sur mon lit d'hôpital et qu'il n'y a plus rien à faire pour me sauver la vie, j'aimerais beaucoup partir sans souffrir.

    • Cet argumentaire n'est pas bien nouveau, c'est essentiellement celui fournis par la majorité (5-4) dans l'arrêt de la Cour suprême sur le suicide assisté (Rodriguez c. Colombie-Britannique [1993], 3 R.C.S. 519). Outre une insistance sur le caractère sacré de la vie, infléchissant le droit à la vie garanti par la Charte canadienne jusqu'à en faire pratiquement un «devoir de vie», la majorité argumentait sur la base d'une pente fatale, comme l'auteur de cet article, sur la base d'expériences internationales aux conséquences non désirables. Sur ce point, il est bon de rappeler la réponse de la juge McLachlin (dissidente):

      «[... Selon l'argument de la majorité,] on doit lui refuser ce choix en raison du risque que d'autres personnes exercent à tort leur pouvoir sur des personnes faibles et malades et mettent fin à leur vie contre leur gré. Par conséquent, on demande à Sue Rodriguez de porter le poids du risque que d'autres personnes, dans d'autres circonstances, agissent criminellement pour tuer d'autres personnes ou pour les convaincre de se suicider. On lui demande d'être le bouc émissaire.»

      La question centrale est celle du rôle de la Cour, du rôle du droit et des Chartes. S'il s'agit réellement de protéger des individus ou minorités de la pression de la majorité, l'on voit mal comment peut se justifier, sur la base d'un risque que craint la majorité, un refus d'accorder à ce «tout petit nombre d'individus» dont parle l'auteur, qui aurait raison d'invoquer un droit de choisir la mort sur la base d'une conception personnelle et honnête (effectivement endossée et fortement valorisée) de la dignité. Bien sûr, malgré la décriminalisation du suicide en 1972, l'idée d'un «droit» au suicide demeure problématique. Comme le souligne l'auteur, une personne qui veut mourir se doit, selon nos intuitions morales les plus fortes, avant tout d'être aidée. Il reste presque inconcevable que des circonstances aussi contingentes que l'état du système de santé, la représentation ou le fait qu'il est invivable de séjourner dans un CHSLD, l'idée que la personne n'a plus de valeur ou qu'elle est socialement exclue lorsqu'elle atteint un stade de passivité, etc. puissent encourager quelqu'un vers la mort. Il reste que, dans de très rares situations, et sur ce point l'auteur semble être d'accord, il est impossible de remettre en doute d'une part la volonté éclairée du patient de mourir et d'autre part l'inéluctabilité d'un déclin de son état de santé jusqu'aux limites de la dignité humaine, voire bien au-delà. Dans ces cas, aucun argument moral ou légal ne peut changer le fait que ces personnes ont droit de choisir.
      L'auteur souligne que «la proposition d'euthanasie et de suicide assisté marque un refus de confiance à l'égard des progrès de la science médicale et de l'organisation des soins». En fait, en raison même des progrès de la médecine, permettant de plus en plus les cas d'acharnement thérapeutique et même allant bien plus loin que le curatif pour assurer un traitement strictement palliatif, c'est tout notre rapport à la mort qui demande à être réfléchi à nouveau et qui, je crois, implique la considération de telles mesures comme l'assistance au suicide.

    • Personnellement ,je crois que lorsqu'il n'y a plus rien à faire ,il faudrait envisager légalement l'euthanasie.
      Souvent on laisse souffrir des gens qui d'une facon ou de l'autre, mourront de douleur car il est faux de prétendre que la médecine peut soulager toute les douleurs.
      Il n'y a qu'à aller dans certains départements d'hopitaux pour constater ce fait.
      Dans certains cas,on a même prétendu que certains médecins font des expériences sur des personnes condamnées.
      L'euthanasie doit être bien encadré et seule la personne impliquée peut prendre cette décision qui doit être prise lorsque la personne a tous ses moyens ; lors de la rédaction de son testament avec mandat serait surement approprié.

    • Quelle arrogance que de dire que l'euthanasie ne peut être considérée...Elle est déjà (et sans contrôle) dans tous les hopitaux...oui aux soins palliatifs on soulage la douleur....et inexorablement en augmentant les doses.....oups le patient glisse dans l'inconscient et au final l'issue est la même... la mort salvatrice, qui soulage des souffrances. Pour dire que NON il ne FAUT PAS , il ne faut pas avoir assisté des gens en souffrances, des personnes dignes et qui veulent le demeurer jusqu'à la fin, des personnes intelligentes, qui savent ce qu'elles veulent et n'ont nul besoin de pressions externes pour demander à être aider à en finir. J'espère que quelqu'un sera là pour m'aider lorsque mon tour arrivera, car il arrivera un jour et je compte que si je ne peux le faire moi même il se trouvera quelqu'un qui m'aimera assez pour le faire. Que de discussions et palabres inutiles, on fait à nos animaux ce que nous nous refusons à nous humains ! Avant la révolution tranquille, les personnes souffraient (ma mère, mon père et bien d'autres) pour "racheter" le pardon de leurs péchés et ceux des autres, mais nous sommes arrivés à un stade où cela ne tient plus...Nous ne voulons pas l'anarchie mais un soulagement pour les personnes qui le demandent et uniquement ces personnes. En Belgique ca fonctionne très bien, et nous au Québec, au Canada (!le plus beau meilleur pays") on ne peut pas y arriver !!!!

    • Voilà (enfin!) une opinion sur la dépénalisation de l'euthanasie et sur le suicide assisté sensée. Oui, ce médecin est très certainement catholique. Et puis après? Ne nous apporte-t-il pas un regard humain et respectueux envers la personne qui souffre (qui peut être nous)? Le respect de l'autre (peu importe son état) et l'humanisation de notre société, ne sont-elles pas des valeurs auxquelles nous adhérons ici, au Québec, au Canada? Pour ma part, je crois que légiférer en faveur de l'euthanasie et du suicide assisté est tout à fait déshumanisant...

      J'appuie donc entièrement le Dr Bourque et je lui souhaite bonne chance dans sa démarche! Car, il est bien évident qu'il trouvera des adversaires sur sa route. Cela est toujours le cas quand on tente de défendre la vie... Étrange tout de même...

    • Je ne vois aucun respect de la vie à obliger quelqu'un a subir un corps et une vie dégradée contre son gré sous prétexte que cette personne peut vivre encore plusieurs années. La bonne conscience ne devrait pas tolérer de refuser aux gens de choisir d'en finir lorsqu'il n'y a plus d'autres retour possible, librement et sans contrainte, ni de la médecine ni de la famille. Libre de continuer de vivre, entouré d'amour, ou de mourir tout aussi libre et entouré d'amour.

      Les opiacées ne rendent pas le respect et la dignité aux gens, elle leur enlève. Ces drogues achèvent d'enlever aux gens le contrôle d'eux-même que la maladie leur a ravis. Il y a un moment où la dignité qui reste est enlevé, une seringue à la fois, une mort lente et dans la torpeur, incapable de percevoir les larmes de ceux qui nous voient mourir une respiration à la fois. Affamé, desséché, volontairement. En imposant à la famille de voir l'être aimé se dégrader, la bouche ouverte dans une agonie interminable de drogué. Tant de souffrance alors qu'un peu de respect envers le patient peut lui permettre de décider pour lui-même, accueillir les derniers mots, les derniers conseils, les derniers souvenirs, dans la di-gni-té qui manque tant dans les derniers jours d'un agonisant.

      Réduire le désir de choisir sa fin à la seule dépression est réducteur et méprisant. Plutôt que d'accepter, avec ces patients, l'inélucabilité de leur situation et leur accorder une fin entouré des êtres aimés, la médecine prétend se donner bonne conscience en obligeant les gens (des humains comme eux, comme nous!) à défaillir lentement, entouré de larmes que l'on ne peut plus consoler, les veines pleine d'une drogue qui nous prive des derniers mots d'amour. Voilà ce qui est inhumain!

      "La liberté et l'autonomie de la personne s'arrêtent là où elles empiètent sur celles des autres membres de la société." Précisément! De quel droit ces gens décident qu'un humain n'a d'autres choix que d'endurer l'intolérable? Des dérapages, il y en aura toujours, on en voit tout les jours dans la réglementation aveugle imposée aux soins palliatifs. Là, j'accorde un point à l'auteur. Néanmoins, quand donc les médecins comprendront que la mort fait partie de la vie? Il y a des milliers de maux et de fléaux sur cette terre que la médecine n'effacera jamais, et la mort n'est pas une maladie.

      Ironique que celui qui défend l'agonie lente et privé de choix, sous prétexte de pressions indues qui pourraient être subies de la part de la famille, est celui-là même qui prétend qu'il est préférable d'attendre que les patients soient trop gelés pour se rendre compte que c'est la famille qui décide de cesser l'alimentation. On ne peut décider de sa propre fin, mais quelqu'un d'autre peut le faire, par contre!

      Je jure de me tuer, quelque soit la façon, plutôt que laisser un tenant de la mort méprisante me refuser le droit d'en finir lorsque les alternatives auront été épuisées. Et garde à celui qui me ranimera!

    • Ceci étant dit, ce n'est pas à l'État de décider.

    • J'appuie entièrement la position du Dr Bourque. Je dis bravo. Elle me semble conforme à une saine éthique médicale.


      Michel Lebel

    • Mon opinion est biasée. J'ai vu mon père souffrir horriblement les derniers jours de sa vie. Il n'avait que 53 ans mais son corps était détruit par la sclérose latérale amyotrophique. Tout ce qu'il répétait à chaque souffle était "arrêté, arrêté..." 7 jours à recevoir la dose "maximale" de morphine. 7 jours à le regarder pâtir. 7 jours à lui tenir la main pour qu'il quitte finalement alors qu'il était seul...

      Ne pas avoir eu de jeunes enfants, j'aurais terminé la souffrance de mon père adoré puisque les médecins ne voulaient pas augmenté sa dose de narcotique pour ne pas le tuer... Quelle ironie.

      Mais je comprend la réticence des médecins et de la société face à l'euthanasie. La chance d'abus est grande. La dépression est très présente dans les cas de maladies graves. Ou tirer la ligne?

      Mais regarder un proche dans un état de souffrance qu'on ne ferait pas subir à son animal de compagnie est pénible, très pénible, surtout quand on sait que le soulagement de la douleur permanente pourrait se faire sans plus de douleur au patient...

    • Il est évident que le soulagement de la douleur doit être une préoccupation fondamentale de l'équipe médicale. Il est évident que dans la majorité des cas il s'agit d'un cri du coeur, d'un appel à l'empathie. Mais comme vous le dite si bien il y aura toujours des personnes atteintes de maladies terminales ou dégénératives sévères qui ne trouvent plus de sens à leur vie malgré les efforts de toutes les équipes spécialisées pour les aider. (Je pense au cas de Manon B que je vécu de près). Que faite vous avec ces gens là, vous persistez à les convaincre que la vie a peut-être encore un sens?
      Il est évident que l'on doit favoriser le développement des soins palliatifs, mais il arrive dans certains cas, une minorité c'est vrai ou ces solutions sont inefficaces. Les soins palliatifs atteignent aussi leurs limites.
      Souvent le soulagement de la douleur avec de fortes doses d'antalgiques n'est il pas une façon détournée de pratiquer l'euthanasie?
      Avec un véritable débat, je crois qu'un encadrement adéquat est possible pour éviter les glissements. Je ne suis pas convaincu qu'il y a tant d'abus dans les pays dont vous faites mention. Il ne s'agit pas de donner un droit de tuer aux médecins, c'est un abus de langage de votre part, mais peut-être admettre que dans certains cas la médecine a atteint ses limites. Finalement ce pas pas uniquement au médecin à porter un jugement sur l'utilité de la vie d'une personne mais avant tout c'est à la personne elle même avec ses limites. Comme le dit un grand penseur, nous serons toujours confronté à notre finitude, notre solitude et notre incertitude (JF MAlherbe.)

      Jean-Claude Tanguay
      infirmier retraité

    • Les médecins n'ont aucun scrupules a pratiquer des avortements en ce faisant ils mettent un terme a une vie en devenir, et là ils ont des réticences envers l'euthanasie qui elle, met fin a une vie qui est déjà fini. ou est la cohérence? Ont-ils une morale a deux vitesse?

      ce n est pas aux médecins, ni au gouvernement de décidé a notre place a propos de l'euthanasie, ils n ont qu'a nous permettre d exercer notre propre choix .

    • Le docteur Bourque n'a pas les deux pieds sur terre. Quand un système de santé n'arrive plus à offrir des services adéquats, quand les gens ne peuvent pas se trouver de médecin de famille, quand les maisons de soins publiques n'ont pas de places (CHSLD) et que les privées coûtent la peau des fesses, ce n'est pas "subtilement" que les personnes âgées et/ou handicapées "vont apprendre ... qu'elles sont un fardeau pour la société". Ces personnes âgées et handicapées savent déjà qu'elles sont un fardeau. Si ce n'est pas pour la société, c'est pour leur propre famille, quand elles en ont.
      Le docteur Bourque rêve en couleurs s'il croit que ses collègues utilisent des moyens adéquats pour contrôler la douleur des souffrants. Le docteur Bourque dit qu'il n'y a pas de limites imposées aux médecins dans leur utilisation de l'arsenal contre la douleur, sauf que la personnalité de trop grands nombres de ses collègues qui se croient encore des divinités capables de guérir l'inguérissable les empêche de prescrire adéquatement pour soulager la douleur des souffrants. On voit trop bien le nombre de suicides monter, et il ne s'agit pas toujours à cause de troubles psychiatriques, mais à cause du manque de soins adéquats. Par pudibonderie, on préfère laisser aux riches la possibilité de se payer un suicide assisté chez Dignitas en Suisse, et les pauvres, qu'ils endurent leur merde de douleur! Qu'ils se saoûlent à la bière! On va leur suggérer de prendre du Tylenol...

    • J'ai absolument rien à faire de l'opinion de ce médecin sur l'importance de "trouver une raison de vivre plutôt qu'un racourcis vers la mort". C'est son opinion personnel qu'il peux fort aise appliquer à sa propre personne lorsque viendra le temps.

      Mais qui est-il pour IMPOSER sa vision des choses sur MA vie? Qui est-il pour appuyer une loi qui m'enlèverais ma liberté de choisir?

      Le jour où je serai plogué sur les opiates à fortes doses sans chance de survis, j'espère que le gouvernement où je vis ne viendra pas me dire comment terminer mon existence.

    • Je crois que la vie de chacun/chacune lui appartient et le choix d'en disposer aussi PAR CONTRE si l'euthanasie devient "normale" ou pratique courrante avec la societé d'aujourd'hui qui est très extrêmiste ça risque de devenir dangereux car certaines personnes seront poussées à demander l'euthanasie même s'ils ne la désirent pas vraiement, les médecins risquent de recevoir de la pression pour la faire, etc... donc il faut être très prudent avec ça et il vaut mieux regarder les autres options, les encourager, et mettre plus de mesures alternatives en place.

    • Je crois que les médecins se mentent à eux-mêmes. Lorsque le patient ne va plus très bien et que le médecin autorise une plus forte dose de morphine pour soulager un patient, tout le monde le sait que ce patient va mourir dans les heures qui suivent. Ça, à mon avis, c'est exactement ça de l'euthanasie...

    • Tous les gens n'accordent pas nécessairement la même importance à la vie, c'est évident. Les catholiques comme l'auteur de cet article (je suppose) n'oseraient pas envisager le suicide.
      N'ayant aucune croyance religieuse, je me considère propriétaire de ma vie. C'est un privilège évidemment, par contre je me réserve le droit d'en disposer à ma guise. Atteint d'une maladie dégénérative incurable, mon choix serait probablement d'en finir avant d'être parké dans un CHSLD. Et au plus vite avant d'en n'être plus capable, justement puisqu'il n'y a pas de suicide assisté disponible.
      Maintenant, de quelle façon? Avec le contrôle des armes au Canada, difficile de se procurer un gun, et en plus c'est salissant. Encore plus salissant et pénible avec un couteau. Se pendre doit être très difficile et je ne sais pas faire de noeud. Le métro, le pont, ça dérange bien des gens. Et il faut penser au choc de ceux qui nous trouvent...
      Ne serait-ce pas finalement plus humain de simplement assister le suicide? N'est-ce pas ça le respect, pouvoir mourir dans la dignité?

    • Bonjour,

      En le 19 mars 1986, mon père mourrait d'un cancer généralisé à l'âge de 46 ans. Moi, j'en avais 13. Deux semaines avant sa mort, il était plongé dans un coma causé par la très forte dose de morphine qu'il recevait. Il ne parlait évidemment pas. Ça ne l'a pas empêché de crier quand les infirmiers sont venus le retourner pour le soulager un peu des plaies de lit qui le rongeaient. Moi, debout dans le corridor de l'Hôtel Dieu de Montréal, je l'ai entendu crier. J'ai 34 ans et j'entend encore son cri. Un cri de douleur épouvantable. Malgré la morphine. Malgré le coma. Malgré les efforts des médecins à "soulager sa douleur".

      Il y a des situations qui demandent au médecin d'être humain. L'auteur de cet article semble avoir oublier la signification du mot "soulagement". De mon point de vue, il semble davantage intéressé à se décharger d'une partie importante de son travail : la responsabilité du bien-être d'autrui. Et si cela implique d'aider à mourir sans souffrance, les médecins ont le devoir de faire ce qu'il faut. Heureusement, ce n'est pas tous les médecins qui s'opposent à la face humaine de la médecine. J'en ai eu la preuve ces dernières années. Et ça me réconforte un peu.

    • comment appele t on ca une personne age , a qui l on donne des medicaments contre la douleur et que l on ne nourri plus,sans solite rien ,elle fini par mourir de faim, cela est arrive a une personne proche, ca ce fait et les medecins sont contre l euthanasie demande par les personnes malades, dans des cas comme ca ces la famille qui decide.

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