Économie du partage : panacée ou menace ?

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« Si mon voisin s'inscrivait sur Airbnb, je n'aurais aucun problème avec ça. Par contre, passé un certain nombre de "visites", ça me pose problème », écrit Hugo Brossard.

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Hugo Brossard

Intervenant jeunesse

Économie de partage. Ces trois mots provoquent pas mal de remous ces temps-si. Certains y voient l'avenir de l'économie. D'autres y voient une attaque contre le statu quo.

D'autres encore utilisent ces mots comme s'il s'agissait d'une incantation qui repousse la réglementation et en exempte celui qui les prononce. Panacée ou menace ? Le débat fait rage. Pour que celui-ci soit productif, il importe avant tout de définir les termes.

Qu'est-ce que l'économie de partage ? Quelle est sa caractéristique principale ? Selon moi, il s'agit principalement d'une question d'échelle. L'économie de partage existe au niveau des individus et des communautés.

Je m'explique.

Prenons le cas d'Airbnb. C'est génial, Airbnb. C'est une plateforme internet permettant de louer son appartement à des touristes. Pour le locataire, ça permet d'arrondir les fins de mois. Pour le voyageur, ça permet de trouver à se loger à bas prix. Pour les deux, ça peut permettre de faire des rencontres fort intéressantes, puisque rien n'empêche de louer une partie de votre appartement quand vous y êtes et de servir à la fois d'hôte et de guide. Ça permet aussi de rentabiliser votre appartement pendant que vous voyagez. Qui diantre pourrait être contre ? On est libre d'utiliser son chez-soi comme on l'entend, non ?

Si mon voisin s'inscrivait sur Airbnb, je n'aurais aucun problème avec ça. S'il reçoit quelques étrangers durant l'année, en quoi est-ce différent de recevoir de la visite ? Par contre, passé un certain nombre de « visites », ça me pose problème. J'ai choisi mon appartement pour son calme. Je n'ai pas choisi d'habiter à côté d'une chambre d'hôtel. Le va-et-vient constant, les visiteurs parfois turbulents ou fêtards, très peu pour moi. C'est une des raisons qui sont à la base des règlements de zonage. Un quartier résidentiel n'est pas l'endroit idéal pour y implanter un motel. De quel droit mon voisin pourrait-il m'imposer cela ?

Le covoiturage, c'est génial. Qu'on parle du défunt Allo stop ou d'Amigo, personne n'est contre. Si je vais du point A au point B, pourquoi ne pas offrir un siège à quelqu'un moyennant une part des frais ? Partageons la route, c'est mieux pour tous. Moins cher pour le conducteur, moins cher que le bus pour le passager, plus écolo, que demander de mieux ? Par contre, il y a des limites. Si je ramasse celui qui m'appelle d'un point A de son choix pour l'emmener vers un point B de son choix, moyennant rémunération, sans que je n'aie l'intention de m'y rendre par moi-même, ce n'est plus du covoiturage. C'est du taxi. On ne partage pas les frais, on paie pour un service.

Il existe un principe simple pour différencier les choses. Si ça cancane comme un canard, ressemble à un canard et marche comme un canard, c'est, en fait, un canard.

Il en va de même avec ceux dont l'initiative communautaire d'économie de partage devient un commerce. À ce stade, il serait injuste envers les autres commerces similaires de les exclure de l'obligation de respecter les normes de leur industrie.

Celui qui offre le service bénéficie aussi du service et non simplement du paiement. Dans l'économie de partage, on partage les frais. Il ne s'agit donc pas d'une relation client-fournisseur de service, mais plutôt d'une coopération associée à ce partage des frais encourus. La définition repose sur le gros bon sens. Et c'est là le problème.

C'est pour cela que les lois qui tentent d'encadrer cette économie sont critiquées de toutes parts. La limite entre l'économie de partage et le commerce typique est floue. Tout un chacun considère être dans son droit. Selon moi, plusieurs jouent sur les mots pour se justifier. Le principe du canard reste un bon test.




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