Conjuguer réduction des GES et pragmatisme économique

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« En matière de réduction des GES, ce sont les entreprises qui sont les mieux outillées pour atteindre les objectifs fixés par le gouvernement », estime Stéphane Forget.

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Stéphane Forget

Président-directeur général, Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ)

La rencontre fédérale-provinciale du mois de mars dernier a lancé les travaux pour l'élaboration d'une stratégie canadienne en matière de croissance propre et de changements climatiques. De nouveau réunis, le premier ministre Trudeau et les premiers ministres des provinces chercheront à confirmer les mesures visant sa mise en oeuvre.

Ce sommet canadien sur le climat est une occasion de rappeler que les démarches gouvernementales en matière de lutte contre les changements climatiques sont l'affaire de tous et qu'elles doivent refléter les attentes et les préoccupations de tous les acteurs concernés, y compris les entreprises. La question doit être abordée dans le cadre de discussions franches et ouvertes.

La FCCQ croit à l'importance de respecter les meilleures pratiques environnementales dans une perspective de développement durable. Cependant, cela ne doit pas se faire au détriment de la compétitivité des entreprises.

Les objectifs du développement durable, rappelons-le, visent aussi la création d'une économie innovante et vigoureuse.

Nous reconnaissons que les entreprises ont des opportunités économiques à saisir dans la lutte contre les changements climatiques.

Le Canada, qui a raté jusqu'ici tous ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre (GES), s'est engagé à réduire de 30 % ses émissions d'ici 2030. Nous croyons que l'atteinte de cette cible, ainsi que celle de la cible québécoise qui est 37,5 % ne seront pas chose facile. C'est pour cette raison que nous croyons que la mise en oeuvre de la stratégie canadienne en matière de changements climatiques doit tenir impérativement compte des efforts des provinces. À cet égard, le Québec, qui fut un précurseur en mettant en place un système de plafonnement et d'échange de droits d'émission de GES, présente déjà le meilleur bilan de réduction par habitant au Canada, grâce notamment aux efforts des entreprises.

DES PARTENAIRES INCONTOURNABLES

Comme nous l'avions souligné lors de l'adoption de la cible québécoise de réduction des GES, nous croyons que l'objectif ambitieux que s'est fixé le Canada doit être accompagné d'un plan crédible et réaliste. Dans la lutte contre les changements climatiques, les entreprises doivent être considérées comme des partenaires incontournables. En matière de réduction des GES, ce sont les entreprises qui sont les mieux outillées pour atteindre les objectifs fixés par le gouvernement. Ce sont elles qui sont à même de décider ce qui est le mieux en matière d'innovation et elles le feront toujours au meilleur coût.

Les ambitions en matière de lutte contre les changements climatiques ne pourront se réaliser sans une économie dynamique et compétitive. La stratégie canadienne sur les changements climatiques doit pouvoir conjuguer réduction des GES et pragmatisme économique.

Le défi de cette stratégie réside dans la volonté et la capacité du gouvernement fédéral de trouver le juste équilibre entre l'atteinte de ses objectifs tout en préservant la compétitivité des entreprises. Le ministère des Finances du Québec a déjà indiqué que les effets de la cible québécoise seront globalement négatifs sur l'économie québécoise. Il ne faudrait pas que la stratégie canadienne vienne la fragiliser davantage.




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