Souhaitons la disparition de La grande guignolée

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« En 2016, plus de 400 000 personnes ont eu recours aux services des Banques alimentaires du Québec chaque mois », écrit Virginie Larivière.

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Virginie Larivière

Porte-parole pour un Collectif pour un Québec sans pauvreté

La grande guignolée des médias est une tradition qui semble avoir de beaux jours devant elle.

En effet, les mesures d'austérité, les politiques appauvrissantes et l'inaction générale du gouvernement en matière de lutte contre la pauvreté sont durement ressenties par plusieurs personnes qui doivent de plus en plus recourir à la charité pour boucler les fins de mois.

Le premier ministre Couillard nous prouve qu'il vit sur une autre planète quand il prétend que son gouvernement a « littéralement sauvé le Québec ». Comment explique-t-il que le bilan-faim du réseau des Banques alimentaires du Québec révèle une augmentation de la fréquentation des banques alimentaires année après année ? En 2016, plus de 400 000 personnes ont eu recours à leurs services chaque mois. Et de plus en plus de ces personnes ont pourtant un revenu d'emploi !

Bien sûr, à court terme, tout le monde souhaite que les banques alimentaires puissent mieux répondre aux besoins des personnes en situation de pauvreté, autant dans le temps des Fêtes que le reste de l'année. Et c'est tant mieux si La grande guignolée des médias arrive à regarnir un peu les frigos et les paniers de Noël.

UN PROBLÈME DE FOND

Mais nous savons bien qu'il ne s'agit là que d'une réponse temporaire à un problème de fond.

Si nous avons à coeur la dignité des personnes et l'amélioration durable de leurs conditions de vie, nous devrions plutôt viser la mise en place de politiques publiques axées sur l'élimination de la pauvreté.

C'est ce que propose le réseau des Banques alimentaires du Québec lui-même avec ses recommandations qui vont de l'augmentation du salaire minimum et de l'aide sociale à un meilleur accès à du logement abordable.

Et pour cela, on ne peut pas compter sur la charité individuelle. On a besoin de volonté politique, d'un gouvernement qui prend ses responsabilités. Pas d'un gouvernement qui menace de couper les prestations d'aide sociale ou qui juge « approprié » un salaire minimum qui ne permet même pas aux personnes travaillant à temps plein de sortir de la pauvreté. La volonté politique d'éliminer la pauvreté doit rapidement se substituer aux banques alimentaires.

Le 2 décembre dernier, le directeur des opérations de Moisson Montréal, André Bossé, affirmait : « Notre but, ce serait de fermer. Mais la réalité, ce n'est pas ça. »

Collectivement, en ce temps des Fêtes, faisons le souhait de voir disparaître un jour les banques alimentaires et des initiatives comme La grande guignolée des médias. Comme le dit la campagne des Fêtes du Collectif pour un Québec sans pauvreté, « la magie de Noël, c'est pas assez » !




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