Pourquoi tant tergiverser avant d'aider Bombardier ?

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« Le développement de la Série C a représenté un audacieux pari pour Bombardier », souligne André Bourbeau.

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André Bourbeau

Ancien député de Laporte, a occupé plusieurs postes ministériels

Un constat saute aux yeux, celui de la différence de traitement à l'égard du soutien à l'industrie automobile de l'Ontario d'une part et, d'autre part, au secteur aéronautique du Québec.

On a tous noté la rapidité avec laquelle le gouvernement canadien est venu au secours de l'industrie automobile de l'Ontario et on peut observer la désolante lenteur avec laquelle il traite la demande d'aide financière présentée par Bombardier, demande soutenue par l'ensemble du secteur aéronautique et des milieux économiques et politiques du Québec.

Même en se voulant compréhensif, il est difficile ne pas y voir une situation de deux poids deux mesures.

Le secteur aéronautique a, au Québec, l'importance de l'industrie ontarienne de l'automobile. La région métropolitaine de Montréal rassemble quelque 215 entreprises dans ce secteur, dont certaines sont des leaders mondiaux, dont Bombardier Aéronautique, Bell Helicopter Textron, CAE et Pratt & Whitney Canada. Plus de 40 000 personnes travaillent dans ce secteur, qui exporte 80 % de sa production. L'aéronautique est un fleuron québécois et canadien, et Bombardier en est l'incontestable chef de file.

Le développement de la Série C a représenté un audacieux pari pour Bombardier. Ce fut l'un des plus importants programmes privés de recherche et développement du Canada au cours des dernières années. Cet effort coûteux a permis de concevoir et de mettre en production l'un des avions les plus performants du monde dans sa catégorie. Il s'agit d'une percée technologique et industrielle dont tout le Canada devrait être fier. C'est une innovation autrement plus significative que la modernisation de la succursale canadienne d'un fabricant d'automobiles américain !

La commercialisation de la nouvelle série d'avions de Bombardier se heurte à une conjoncture moins favorable que prévu. Les effets de la crise économique de 2009-2010 se font encore sentir dans certains pays. La faible croissance économique à l'échelle mondiale incite plusieurs transporteurs aériens à la prudence. Enfin, les autres grands constructeurs aéronautiques, soutenus de diverses façons par leurs gouvernements nationaux, livrent une féroce concurrence à cet avion canadien qui présente des qualités exceptionnelles.

Transports Canada a « certifié » l'appareil CS100. Bombardier a réalisé ses premières ventes. La production industrielle a démarré pour de bon. Il faudra cependant un certain temps avant d'absorber les coûts de l'imposant programme de recherche et développement qu'il a fallu déployer pour développer la Série C. La commercialisation à l'échelle mondiale de ces appareils va également mobiliser des ressources importantes.

Les succès de la Série C et de Bombardier ont des retombées sur tout le secteur aérospatial et aéronautique canadien.

Au Québec, les avions demeurent le premier produit manufacturier exporté, ce qui contribue à la création et au maintien d'emplois de qualité et au dynamisme de notre économie.

Le gouvernement fédéral ne doit pas attendre que Bombardier soit en grave difficulté financière avant de lui offrir un soutien financier en lien avec les investissements récents et à venir, notamment dans la Série C. À l'instar de ce que font les autres pays, le Canada peut aider Bombardier en respectant les règles de commerce international. Il est temps qu'il cesse de tergiverser.




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