Plan Nord : le plus précieux n'est pas toujours au fond d'une mine

« Québec devrait financer une économie du tourisme pour... (Photo fournie par le ministère de l'Environnement)

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« Québec devrait financer une économie du tourisme pour des endroits aussi magnifiques que la rivière Nastapoka », suggère l'auteur.

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Marc-André Dubois

Conseiller, programme arctique du WWF

Quand on regarde le territoire du Québec dans les yeux du sud au nord, on voit quoi ? On voit de belles vieilles montagnes érodées au sud sur le bord des frontières américaines, les Appalaches. On voit la vallée fertile et son fleuve grandiose, le Saint-Laurent. On voit une immense forêt et des tonnes d'eau douce qui font rêver le monde entier, là on entre dans le territoire du Plan Nord. Et ensuite la toundra et ses rivières majestueuses qui supportent une biodiversité extraordinaire, le Nunavik.

La diplomatie arctique du gouvernement provincial actuel est certainement intéressante et le premier ministre se positionne bien avec les grands acteurs arctiques de ce monde tels que l'Islande. Alors que le premier ministre a invité des experts en développement arctique à Québec en décembre pour vendre son Plan, nous avons devant nous une belle occasion de nous pencher sur la question de notre identité nordique et de redéfinir ce que l'on désire construire dans le Nord québécois.

Quand les intérêts commerciaux dictent l'aménagement du territoire, ils prennent tout. La seule forêt ancienne dans la vallée du Saint-Laurent demeure celle qui se trouve sur le mont Saint-Hilaire.

La façon dont nous avons développé le territoire dans le passé ne doit pas se répéter.

En se tournant vers le futur, ce que le Plan Nord fait, nous devrions repenser la façon dont nous voulons développer ce vaste territoire. De la république de Sakha en Russie au Nunavik, l'approche consiste tout d'abord à identifier les gisements précieux. Et finalement protéger le reste.

DÉVELOPPER EN PARTENARIAT

Les mines, les mines, c'est bien beau, mais nous allons creuser où et comment ? Et à quel prix ? La Belle Province a la chance et le luxe de pouvoir bien développer le Nord en partenariat avec les gens qui y vivent. Seulement s'il existe un financement robuste afin de compléter et de développer la science nécessaire et nos connaissances du territoire.

Le Plan Nord a comme cible de protéger 50 % de ce territoire, ce qui est bien et louable, mais cela veut aussi dire qu'on va laisser la moitié du territoire pour des activités industrielles, ce qui est énorme ! Cette cible est quantitative, maintenant le gouvernement doit comprendre le territoire pour protéger les espaces qui sont et seront nécessaires à la résilience des systèmes socioécologiques.

La sécurité alimentaire et le bien-être des populations locales passent-elles par le développement minier ? Je veux bien croire que le monde a soif de minerais, mais est-ce vraiment la principale source de revenus pour la province et les communautés concernées ?

Le Plan Nord vise surtout à convaincre les investisseurs que le développement du Nord québécois est durable.

Ce développement sera vraiment durable si Québec se concentre sur le tourisme et la pêche commerciale de petite envergure.

Québec devrait reproduire la cogestion adaptative de l'omble chevalier tel que dans la région de Cambridge Bay au Nunavut. Québec devrait financer une économie du tourisme pour des endroits aussi magnifiques que la rivière Nastapoka.

Comme Paul Shrivastava, directeur de Future Earth et résidant de Montréal, l'a si bien dit, le territoire du Québec est fabuleux, un coin de paradis, il ne faudrait pas en faire une place de stationnement.

* Ce texte est une opinion personnelle et ne représente pas une position du Fonds mondial pour la nature.




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