Comment faire de nos enfants une priorité ?

« Peu ont décrié l'ironie d'une politique sur la... (Photo Thinkstock)

Agrandir

« Peu ont décrié l'ironie d'une politique sur la réussite éducative après les coupes budgétaires que le gouvernement Couillard a imposées aux écoles et aux services de garde éducatifs à l'enfance », écrit l'auteure.

Photo Thinkstock

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Dre Catherine Dea

Au nom des Jeunes médecins pour la santé publique

Il y a actuellement un momentum pour faire du développement de nos enfants une réelle priorité au Québec. En effet, du 20 au 27 novembre se tiendra la première édition de la Grande semaine des tout-petits, dont le lancement coïncide avec la Journée internationale des droits de l'enfant.

Cette journée soulignée à travers le monde nous rappelle que « rien n'est plus important que de bâtir un monde dans lequel tous nos enfants auront la possibilité de réaliser pleinement leur potentiel et de grandir en bonne santé, dans la paix et dans la dignité »  (Kofi Annan, ancien secrétaire général de l'ONU).

Au Québec, il est préoccupant que 26 % des enfants de la maternelle présentent une vulnérabilité quant à leur développement, et que cette proportion atteigne 32 % dans les milieux les plus défavorisés*.

Une autre occasion se présente également cet automne pour mieux positionner la santé et le bien-être des tout-petits dans nos choix de société avec la tenue de deux consultations publiques se déroulant à travers tout le Québec.

D'une part, la Commission sur l'éducation à la petite enfance veut faire un bilan des enjeux entourant les services éducatifs à l'enfance, sous l'initiative de l'Association québécoise des CPE (AQCPE). D'autre part, le ministère de l'Éducation mène actuellement une consultation gouvernementale dont l'objectif est de développer une nouvelle politique sur la réussite éducative.

Jusqu'à maintenant, si le conflit d'intérêts potentiel de la Commission financée par l'AQCPE a été souligné dans les médias, peu ont décrié l'ironie d'une politique sur la réussite éducative après les coupes budgétaires que le gouvernement Couillard a imposées aux écoles et aux services de garde éducatifs à l'enfance.

Par exemple, au printemps 2015, les mesures d'austérité ont résulté en la suppression de 265 postes en milieu scolaire et réduit le soutien pour les enfants en difficulté d'apprentissage. En CPE, les compressions de 50 millions pour l'année en cours ont aussi mené à des gymnastiques organisationnelles qui risquent d'affecter la qualité éducative des services offerts.

UN ESPOIR

Il est tout de même encourageant de constater que le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx pose quelques questions sur les services éducatifs à l'enfance dans sa consultation publique sur la réussite éducative. Après tout, il est également ministre de la Famille et est donc probablement au courant du fort consensus scientifique voulant que les investissements en petite enfance offrent les plus grands bénéfices pour améliorer la réussite éducative. Si le ministre Proulx se fait questionner par le Conseil du trésor, on espère qu'il saura répondre que chaque dollar investi au préscolaire rapportera en moyenne de 4 à 6 $ à la société, notamment par la prévention du décrochage scolaire, des problèmes de santé mentale et de la criminalité.

Ces deux consultations menées en parallèle arriveront-elles aux mêmes recommandations concernant les solutions pour améliorer le développement des enfants et la réussite éducative au Québec ? Rien n'est moins sûr. Pour ce faire, il faudrait que la rigueur scientifique soit un principe à l'avant-plan pour guider les décisions politiques.

À ce propos, les Jeunes médecins pour la santé publique soulignent le récent mémoire du Directeur de santé publique de Montréal portant sur les enjeux d'accès et de qualité des services éducatifs à l'enfance. Avec près de 80 références scientifiques, ce mémoire conclut que c'est le modèle des CPE qui offre actuellement le plus grand potentiel pour améliorer le développement des enfants et réduire les inégalités de santé au Québec.

Si le gouvernement décide de s'appuyer sur la science pour mettre la santé et le bien-être de nos enfants au coeur de ses choix, non seulement il devrait arriver aux mêmes conclusions, mais des actions concrètes sont grandement attendues en ce sens. Ainsi, le Québec sera plus en mesure de favoriser l'égalité des chances et de donner le meilleur départ possible à chaque enfant.

* Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle, 2012

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer