Agressions sexuelles : une nouvelle manière d'éduquer les garçons*

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« Je crois qu'on est capable de remplacer une connerie comme "un garçon ça ne pleure pas" par quelque chose d'utile comme "un garçon, ça ne harcèle pas une femme, sous aucun prétexte" », écrit l'auteur.

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Adib Alkhalidey

Humoriste

À voir le nombre d'agressions sexuelles et actes misogynes qui font surface dans les médias - et qui au fond laissent deviner le nombre extraordinaire de comportements déplorables, disgracieux et dégueulasses dont sont victimes au quotidien des femmes qui n'ont pas accès à des tribunes d'envergure pour faire part de leur expérience -, je crois qu'il est temps d'envisager sérieusement une nouvelle manière d'éduquer les garçons.

Et comme nous avons la paresseuse tendance d'attendre que des instances gouvernementales trouvent les solutions à notre place, je nous arrête tout de suite : c'est un problème perpétué et encouragé en grande majorité par des hommes, donc la responsabilité revient en grande partie aux hommes d'admettre qu'il y a défaillance dans notre manière de concevoir notre rapport aux femmes et de trouver non seulement une solution, mais des stratégies de prévention et de sensibilisation efficaces et effectives au plus sacrant.

Moi, quand j'étais petit, mon père a passé une bonne partie de son temps à me répéter « qu'un garçon, ça ne pleure pas ». Quand on y pense, et je sais que je ne suis pas le seul, c'est assez farfelu de constater que les hommes déploient de grands efforts pour convaincre les petits garçons de stopper un comportement aussi naturel et sain que celui de pleurer. Si on est capable de gaspiller notre temps à enseigner de telles bêtises aux jeunes, je crois qu'on est capable de remplacer une connerie comme « un garçon ça ne pleure pas » par quelque chose d'utile comme « un garçon, ça ne harcèle pas une femme, sous aucun prétexte ».

J'ai de la chance, au secondaire j'ai eu une prof de FPS extraordinaire qui nous a expliqué un jour que ce qu'on voyait dans les vidéoclips, des femmes à moitié nues qui rêvent de se frotter sur des gars, ce n'était pas représentatif de la réalité. Que ça diminuait l'image des femmes, qu'une grande part du bien-être des filles qui nous entourent à l'école passe par le respect qu'on leur démontre.

Ce jour-là, on a tous appris à respecter les limites de nos camarades de classe et on a écouté Big Pimpin' de Jay-Z.

Le message était clair : vous avez le droit d'aimer la musique, mais n'oubliez pas que c'est de la fiction. La vraie vie, c'est pas ça. D'ailleurs, je ne sais même pas si ce cours existe toujours, mais je peux garantir qu'il est essentiel : je me sers ben plus aujourd'hui de ma capacité à respecter les femmes qui m'entourent que de ma capacité à isoler des x. Tout ça pour dire que le respect, comme les maths, ça s'enseigne.

CHANGER LES CHOSES

Je continue ma réflexion sur le sujet. Je crois vraiment qu'on peut changer les choses. Si vous avez des idées, n'hésitez pas à les proposer dans les commentaires. Je fais souvent des blagues ici, mais on est presque 75 000 et je suis certain qu'on peut aussi discuter d'enjeux sociaux qui nous concernent tous et toutes.

Soit dit en passant, j'ai réappris à pleurer il y a quelques années. J'ai versé une larme ce matin en voiture tandis que j'écoutais la radio et qu'il était question d'agression sexuelle. Je préfère faire partie de l'équipe des pleurnichards occasionnels plutôt que de contribuer à ce fléau par passivité.

#manthefuckupandcryalittlebit

#admettrequonestwackcestledébutde lasolution

#hashtagonfemenistfleeeeekz

*Ce texte a d'abord été publié sur la page Facebook de l'auteur.

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