Présidentielle américaine : en spirale vers les bas-fonds

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« Chacun cherche à prouver sa valeur en réussissant à déshonorer son adversaire qu'il considère maintenant comme un ennemi à abattre symboliquement », écrit l'auteur.

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Marc Therrien

Psychologue

Ce deuxième débat télévisé entre Donald Trump et Hillary Clinton de même que les événements qui l'ont préparé, et ceux qui le suivront, démontrent que le niveau des échanges s'abaisse de plus en plus. On a délaissé le principe d'humanisme des Lumières, par lequel on se concentre rationnellement sur l'analyse et l'examen critique des idées, pour préférer l'attaque des personnes.

On ne se contente plus du terrain des émotions, on descend un peu plus bas vers le bas-ventre pour s'intéresser à l'intimité sexuelle des protagonistes. Le débat est maintenant devenu un combat dans cette spirale descendante vers les bas-fonds, pour ne pas dire les égouts.

Chacun cherche à prouver sa valeur en réussissant à déshonorer son adversaire qu'il considère maintenant comme un ennemi à abattre symboliquement.

Ainsi, Hillary Clinton semble non seulement incapable de ramener la qualité des échanges vers le haut, mais plutôt volontaire d'accompagner Trump dans son goût effréné pour l'exagération excessive. Le spectacle de cette lutte acrimonieuse pour la présidence des États-Unis semble animé par l'esprit antique de l'hubris, cette ivresse de la démesure provoquée par l'orgueil et la passion où l'on jouit de l'outrage et l'on pense gagner en supériorité en dominant l'autre par ses insultes.

UN PUR LIBERTAIRE

Donald Trump ne se satisfait plus d'incarner un fervent partisan du libéralisme économique. Son appétit insatiable pour la jouissance sans limites et la transgression des règles fait de lui un pur libertaire. On se demande bien comment un capitaliste anarchiste peut devenir président des États-Unis et contribuer à ce que le monde reste humain et vivable en valorisant les rapports de prédation motivés par la possession.

Ainsi, si on croit encore que l'électeur est capable de faire un choix rationnel, cette fois il devra le faire en raisonnant ses émotions. Il ne s'agit plus de voter pour la personne la plus compétente ou apte à gouverner, mais d'élire la personne « qu'on aime le plus » comme on le fait, par exemple, pour les concours de talents artistiques du genre America's Got Talent ou, ici au Québec, La voix. Si par malheur le peuple américain devait faire de Donald Trump son élu, il faudra conclure qu'il est prêt à continuer sur le chemin de la décadence par amour pour la démesure.

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