Aéroport Montréal-Trudeau : 3 milliards plus tard, beaucoup reste à faire

« On a qualifié dernièrement Montréal-Trudeau de pire aéroport... (Photo André Pichette, Archives La Presse)

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« On a qualifié dernièrement Montréal-Trudeau de pire aéroport au pays en termes de service aux passagers ! » écrit l'auteur.

Photo André Pichette, Archives La Presse

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Michel Archambault

Professeur émérite en tourisme, fondateur de la Chaire de tourisme Transat, ESG UQAM

Montréal-Trudeau fait de nouveau l'objet de critiques virulentes dans les journaux montréalais. Avec des investissements de près de 3 milliards de dollars au cours de la dernière décennie, des améliorations majeures ont certes été apportées : nouvelles jetées internationales pour les États-Unis et à l'international, aire commerciale renouvelée reflétant la restauration montréalaise, aires d'accueil plus conviviales, reconfiguration de l'aire des vols intérieurs, nouvelles décorations et plus. Bravo !

On a vu le trafic augmenter, l'ouverture d'un vol direct tant attendu vers la Chine et l'arrivée de nouveaux transporteurs. Pourtant, on a qualifié dernièrement Montréal-Trudeau de pire aéroport au pays en termes de service aux passagers !

La fluidité des passagers et l'accueil des touristes sont au coeur des discussions : attente à la douane, attente aux carrousels à bagages, longue file pour rejoindre un taxi. Ajoutons à cela le problème longtemps non résolu du rond-point Dorval et l'autobus 747, moyen de transport désuet dans une ville aux congestions fréquentes. Cela s'appelle de la logistique !

En ce sens, le projet du train électrique de la Caisse de dépôt est une bonne nouvelle.

Mais on est aussi en droit de s'attendre à ce que tous les intervenants (Douanes Canada, les gestionnaires de l'aéroport, les syndicats, Transports Québec et autres) trouvent rapidement ensemble des solutions aux attentes inacceptables. La réputation et le développement de Montréal sont en jeu.

Dans la même veine, on pourrait aussi prévoir un kiosque d'information pour les touristes et se servir du décor pour les imprégner davantage de « la joie de vivre et de l'âme festive de Montréal ». L'addition de tapis roulants à l'arrivée et au départ de plusieurs portes d'accès éloignées serait aussi appréciée.

TORONTO ET VANCOUVER SUR UNE LANCÉE

Pendant ce temps, Toronto et surtout Vancouver, consacré six fois meilleur aéroport en Amérique du Nord par Skytrak, continuent sur leur lancée. Avec, en 2015, plus de 40 millions de passagers à Toronto et 20 millions à Vancouver, ces aéroports ont connu une croissance légèrement supérieure à celle de Montréal (6,4 %, 5,1 % et 4,5 % pour Montréal).

Bien sûr, Toronto-Pearson est le carrefour principal au Canada : plus de 13 millions de passagers en transit dont un grand nombre de Québécois. Ce trafic génère à l'aéroport des sommes substantielles en taxes. Pearson est l'un des aéroports mondiaux les plus chers pour les compagnies d'aviation.

Ainsi, Air Canada a-t-elle signé une entente, en vigueur depuis janvier 2014, qui lui permet, selon certains critères, de bénéficier de rabais pour les frais aéronautiques : ceux liés à l'atterrissage, aux services généraux de l'aérogare telles la sécurité et la manutention des bagages, etc.

On peut émettre l'hypothèse que les rabais sont probablement fonction de la croissance des passagers d'Air Canada, par l'ouverture de nouvelles routes directes ou encore, l'augmentation des fréquences sur les routes actuelles. Croissance alimentée en partie par des passagers y transitant en provenance de Montréal. WestJet dispose d'une entente similaire depuis janvier 2016.

Le 14 septembre 2016, Air Canada a annoncé une augmentation de sa fréquence entre Toronto et Pékin de 7 vols par semaine à 10 à 12 vols. Ainsi, Toronto Pearson offrira près de 50 vols directs par semaine vers la Chine comparativement à 3 à Montréal ! Cela constitue un défi supplémentaire pour la croissance de notre aéroport.

OUVRIR DE NOUVELLES ROUTES

Un effort commun de tous les intervenants sera nécessaire pour ouvrir de nouvelles routes directes vers l'Asie, en particulier la Chine (Shanghai) et le Japon ou même l'Amérique du Sud. On doit fortement encourager et appuyer ces efforts.

Un autre axe de développement pour Montréal-Trudeau serait une entente avec Southwest, la reine des low cost : numéro 1 aux États-Unis avec 118 millions de passagers et 97 destinations, elle est présente dans 9 pays et lorgne le Canada. Voilà une occasion à saisir tout en damant le pion à Plattsburgh et Burlington !

Southwest serait-elle la bienvenue ici ? Il s'agit d'ailleurs de la quatrième recommandation du rapport sur les vols internationaux directs déposé en mars 2015 par la Commission sur le développement économique et urbain de la Ville de Montréal. Tous les intervenants sont invités à participer afin d'assurer la réussite de cette recommandation. Il y a quelques années, la Bourse de Montréal, grâce à l'appui unanime de tous les acteurs, a conservé des activités importantes dans les produits dérivés pour ainsi poursuivre son développement.

L'impact économique de la venue d'une compagnie comme Southwest ou encore l'ouverture d'une liaison internationale directe non desservie à Montréal se chiffre par millions annuellement et se traduit par de multiples emplois et de nouveaux investissements.

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