Dawson : nous ne laisserons pas la noirceur nous envahir

« Face au chaos, à la violence et à... (Photo André Pichette, Archives La Presse)

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« Face au chaos, à la violence et à la tragédie insensée, notre école s'est resserrée pour tisser des liens étroits de communauté, d'amour et de paix », écrivent les auteurs. Ci-dessus : des élèves de Dawson devant l'entrée du collège en 2008.

Photo André Pichette, Archives La Presse

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Jonathan Abecassis et Charlie Brenchley

Diplômés en 2007 et 2009

Chaque année, le 13 septembre met sa croix sur nos calendriers telle une cicatrice qui refuse de guérir. Pour plusieurs d'entre nous, les années passées au collège Dawson ont été parmi les plus marquantes et formatrices de notre vie. Malgré tout, en jetant un regard sur les 10 années qui se sont écoulées depuis le retentissement de ces coups de fusil dans les couloirs de notre école, nous ne pouvons que constater tout le chemin parcouru.

Le 13 septembre 2006, des vies ont été bouleversées à jamais. Pour certains, le traumatisme a laissé des marques permanentes sur leur corps. Pour d'autres, les blessures sont invisibles à l'oeil nu. Et, pour une jeune victime, la vie fut écourtée de manière tragique.

Cet acte de lâcheté et de violence complètement aléatoire est une manifestation d'un aspect honteux de notre genre humain. Par contre, nous devons constater que face au chaos, à la violence et à la tragédie insensée, notre école s'est resserrée pour tisser des liens étroits de communauté, d'amour et de paix.

Dix ans plus tard, dans le couloir où l'odeur de poudre à fusil a envahi nos narines et le son des cris désespérés a hanté nos esprits, on peut voir aujourd'hui un panneau souhaitant « bienvenue ». Il prend fièrement sa place à l'entrée de l'atrium et offre un accueil chaleureux à tout visiteur et élève franchissant son seuil.

Entre la deuxième et la troisième lumières de ce même atrium, un trou laissé par une balle de fusil a été bouché et repeint à maintes reprises, et il est maintenant invisible aux nouveaux élèves qui parcourent ce corridor vers leur salle de classe.

Le jardin de la Paix, créé à la mémoire d'Anastasia De Sousa, une toute nouvelle élève innocente qui a péri dans ce drame, est en pleine floraison.

L'arbre planté en son honneur est passé d'un jeune plant à un symbole toujours plus imposant et puissant de la fragilité de la vie.

De toute évidence, la popularité du collège ne fait qu'augmenter. Récemment, l'école a loué de l'espace dans les immeubles avoisinants afin de répondre aux demandes d'admission d'élèves qui ont tous choisi cette institution avec l'intention d'y approfondir leurs aptitudes et leurs connaissances. Et, tous les jours, ces d'élèves et leurs professeurs parcourent les corridors et remplissent les salles de classe sans crainte.

ALLER DE L'AVANT

Depuis 2006, les élèves qui ont obtenu leur diplôme du collège ont poursuivi leur chemin. Plusieurs d'entre nous avons déménagé, avons lancé nos carrières, nous sommes mariés ou poursuivons des études supérieures.

Chacune de ces évolutions est une preuve tangible du fait que même si notre communauté n'oubliera jamais son passé, elle a collectivement choisi de s'unir dans un esprit de force et d'optimisme. Nous ne laisserons pas la noirceur nous envahir.

Certaines de nos cicatrices ne seront jamais entièrement guéries ; elles nous rappellent constamment tout ce qui a été perdu et ne nous permettent pas d'oublier tous ceux qui souffrent encore depuis ce jour fatidique, mais elles servent surtout à nous rappeler que nous avons gagné.

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