La nécessité de la parité

« Le congrès des jeunes libéraux a fait sursauter... (Photo Erick Labbé, Le Soleil)

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« Le congrès des jeunes libéraux a fait sursauter pas mal de monde ces jours-ci, notamment après le vote contre l'imposition de quotas pour la parité femmes-hommes des candidatures ou du gouvernement », écrit l'auteure.

Photo Erick Labbé, Le Soleil

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Pascale Navarro 

Le congrès des jeunes libéraux a fait sursauter pas mal de monde ces jours-ci, notamment après le vote contre l'imposition de quotas pour la parité femmes-hommes des candidatures ou du gouvernement.

On a vite fait de critiquer cette position, et avec raison. Toutefois, il ne faut pas perdre de vue que le vote a été serré, et que des femmes, dans l'aile jeunesse libérale, sont bel et bien en faveur de mesures de correction en matière de parité femmes-hommes. Et elles n'ont pas été assez nombreuses pour faire pencher la balance : il semble que la démonstration de la nécessité de la parité soit limpide.

De plus, l'argument de compétence, comme étant LE critère de recrutement en politique, est toujours avancé pour contrer la parité. Et soi-disant qu'il faut que les femmes soient libres de décider elles-mêmes si elles veulent se lancer en politique ou non. Évidemment... qui parle de les y obliger ?

Les arguments suivants sont des lieux communs : les femmes n'ont qu'à démontrer plus d'ambition, mériter leur place en politique, garantir leur compétence (je passe sous silence le nombre d'hommes politiques incompétents...), etc. Voilà des poncifs éculés, que des dizaines de pays dans le monde ont dépassés depuis longtemps.

En fait, le Canada et le Québec sont à la remorque de la communauté internationale en matière de parité, et l'aile jeunesse libérale n'a pas démontré, ce week-end, qu'elle était en phase avec son temps.

Mais la réflexion sur la parité est longue : il faut se familiariser avec les enjeux, les concepts, les outils. Et comprendre ce que sont les inégalités systémiques : les conséquences d'un dispositif bâti sur des traditions qui ont toujours tenu les femmes loin de la politique et des lieux de décision. C'est ce que nous devons corriger.

Quant à ceux qui dénoncent la prise de position des jeunes libéraux, je les invite à appuyer la député libérale de Richmond Karine Vallières, qui travaille à la mise sur pied d'une commission parlementaire sur la place des femmes en politique, et à signer la déclaration En marche pour la parité, qui a recueilli à ce jour plus de 3000 signatures. Essayons de ne pas faire de politique partisane, mais de soutenir toutes les femmes.

* L'auteure est également membre du conseil d'administration du Groupe Femmes, politique et démocratie.

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