Pensions: Saisir l'occasion

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« Les Québécois adaptent leur comportement par rapport au travail, à la retraite et à l'épargne, mais le défi est considérable », écrivent les auteurs.

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En juin, les ministres des Finances discuteront des changements à apporter au régime public de pensions.

Ils sont nécessaires pour aider les individus à mieux planifier et à vivre leur retraite en sécurité dans la réalité d'aujourd'hui et de demain et pour adapter le système face au vieillissement de la population et à son impact sur les finances publiques et l'économie.

Depuis la mise en place du Régime de rentes du Québec (RRQ) en 1966, le Québec s'est transformé.

À l'époque, on comptait 10,1 travailleurs pour chaque retraité. Aujourd'hui, ce ratio est de 3,7 et dans 20 ans, il sera de 2,3. Moins de 50 % des femmes étaient sur le marché du travail alors qu'aujourd'hui, c'est près de 80 % qui le sont. Les hommes prenaient leur retraite à 65 ans et vivaient en moyenne jusqu'à 78 ans. Aujourd'hui, un Québécois de 65 ans vivra en moyenne jusqu'à 85 ans ; une Québécoise, jusqu'à 87 ans.

Les Québécois adaptent leur comportement par rapport au travail, à la retraite et l'épargne, mais le défi est considérable. D'abord, épargner tout en composant avec les dépenses de la vie courante et la fiscalité existante. Ensuite, générer du rendement alors que les taux d'intérêt sont très bas et les produits financiers, de plus en plus complexes.

SURVIVRE À SES ÉPARGNES

À l'enjeu d'avoir assez d'épargne à la retraite, s'ajoute le risque de longévité, soit l'angoisse de survivre à ses épargnes. Dans le secteur privé, moins d'un travailleur sur cinq bénéficie d'un régime à prestations déterminées lui offrant des garanties et une gestion collective des risques. Difficile, sans de tels régimes, de gérer le risque de longévité.

Les systèmes de retraite québécois et canadiens, qui sont parmi les meilleurs au monde, peinent à s'adapter à une concurrence mondiale pour nos entreprises, à des attentes de rendement réduites, à une espérance de vie qui continue à augmenter et à une diversité des profils et des approches quant à la conciliation travail-retraite.

Le Régime de rentes du Québec (RRQ), auquel tous les travailleurs contribuent, est un régime efficace qui a fait ses preuves, mais qui, comme la Sécurité de la vieillesse du gouvernement fédéral, est ancré dans la réalité du XXe siècle plutôt que celle du XXIe.

Le rapport D'Amours visait l'équité intergénérationnelle et la mutualisation des risques en proposant des pistes de réflexion pour moderniser notre système de retraite, incluant le RRQ auquel on suggérait d'ajouter une composante : la Rente longévité.

Une amélioration ciblée qui offrirait des garanties à ceux qui épargnent déjà et permettrait à ceux qui n'épargnent pas suffisamment de le faire efficacement. Cette proposition s'ajoute aux RVER et aux autres changements déjà en cours relativement aux régimes de retraite privés et à l'épargne individuelle. Bien sûr, il peut apparaître plus facile de simplement augmenter les rentes du RRQ, mais est-ce la meilleure façon de faire ?

Sans aucune modification, une meilleure compréhension et utilisation du RRQ actuel pourrait facilement être atteinte. S'il est vu comme procurant une rente de 25 % du salaire à compter de 65 ans, avec le système d'anticipation et de report, il en prévoit déjà une de 35 % à 70 ans ! Inversement, beaucoup de Québécois choisissent plutôt une rente réduite de seulement 16 % à 60 ans. Ce régime, procurant de solides garanties la vie durant, est souvent mal utilisé en ce moment.

BONIFIER LE RRQ

L'ajout d'une Rente longévité pourrait s'avérer une excellente avenue pour bonifier le RRQ, notamment en ce qui concerne les cotisations requises, la capitalisation, la coordination avec les régimes existants et la conciliation travail-retraite. Des travaux récents montrent qu'il est possible de retravailler la Rente longévité pour tenir compte des commentaires reçus à la suite du dépôt du rapport D'Amours afin d'en améliorer l'efficacité tout en diminuant le coût à 2 %.

En juin, les ministres des Finances auront l'occasion d'innover en s'appuyant sur la plus grande force de notre système de retraite, soit un partage de responsabilités entre l'État, les employeurs et les individus. Sauront-ils faire preuve de la même audace, de la même clairvoyance que les créateurs du RRQ et du Régime de pensions du Canada au milieu des années 60 ? Nous espérons que oui.

* René Beaudry, Alban D'Amours, Luc Godbout, Claude Lamoureux, Bernard Morency et Martin Rochette, tous membres du Comité d'experts sur l'avenir du système de retraite québécois (2011-2013).

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