Familles: Pas le coeur à la fête

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« Ce que l'on voit, c'est surtout un nombre croissant d'enfants dont les chances sont compromises et un système scolaire qui ne sera bientôt que l'ombre de lui-même », écrit Nancy Harvey.

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Nancy Harvey

Monsieur le ministre Proulx, nous profitons de la Semaine québécoise des familles (du 9 au 15 mai) pour vous interpeller sur vos deux mandats : celui de la famille et celui de l'éducation et les responsabilités qu'ils impliquent.

Cette semaine est traditionnellement marquée par la promotion et la célébration de la famille, mais après deux années intensives de mesures d'austérité qui ont touché vos deux ministères, les familles montréalaises n'ont pas du tout le coeur à la fête.

Quand notre grand de cinquième passera toute son année scolaire dans un module préfabriqué de la cour de son école surpeuplée. Quand il y a une année complète d'attente pour avoir un diagnostic en orthophonie pour notre petit dernier.

Quand nous voyons nos tarifs de garde augmenter au point qu'une institution financière nous propose un prêt pour l'occasion. C'est de la colère que nous ressentons !

Quand nous contribuons de quelques livres à la bibliothèque de notre école primaire parce qu'il n'y a plus de budget et que, de toute façon, au dire de votre prédécesseur, aucun enfant ne mourra de ça ! Quand le professeur de notre enfant nous dit qu'il a des difficultés en lecture mais ne pourra pas recevoir le soutien dont il aura besoin à cause des budgets réduits en orthopédagogie. Quand, encore, nous sommes en attente depuis six mois d'un diagnostic pour notre enfant de 2 ans que nous soupçonnons être atteint d'autisme et qu'aucun service de première ligne n'est disponible. Là, c'est de l'impuissance que nous ressentons !

Quand on nous oblige à emmener notre bébé à la garderie sans quoi le taux de fréquentation de notre CPE ne sera pas respecté et qu'il risque de voir sa subvention diminuer. Quand nous vivons cette période trouble de la séparation conjugale qui nous oblige à faire une demande d'aide sociale et qu'il nous faudra faire des démarches d'emploi sans en avoir la force ni la capacité. C'est du découragement et de l'incompréhension que nous ressentons !

SOUTENIR LES FAMILLES

Comme ministre de la Famille et de l'Éducation, trouvez-vous que vos mandats sont respectés ? Le ministère de la Famille est censé soutenir les familles en finançant adéquatement le réseau des CPE et les organismes communautaires qui oeuvrent auprès d'elles. Or, votre gouvernement fragilise les CPE au profit des garderies privées et sous-finance les organismes communautaires Famille qui ne bénéficient même pas d'une indexation annuelle.

Le ministère de l'Éducation, quant à lui, se doit d'encourager l'accroissement du niveau de scolarité de la population québécoise et de favoriser l'accès aux formes les plus élevées du savoir à toute personne qui en a la volonté. Pour l'instant, ce que l'on voit, c'est surtout un nombre croissant d'enfants dont les chances sont compromises et un système scolaire qui ne sera bientôt que l'ombre de lui-même.

Monsieur le ministre, vous êtes en fonction depuis peu. Prenez le temps de parler aux gens qui travaillent sur le terrain, allez à la rencontre des familles afin de mieux comprendre ce qui se cache derrière les statistiques et les colonnes de chiffres. Lorsque vous avez été questionné sur le fait que vos enfants fréquentent une école privée, vous avez évoqué votre liberté de choix. Sachez, monsieur, que pour la majorité des Québécois, cette liberté de choix n'existe pas. Le réseau public est le nôtre et il est de votre devoir de le défendre.

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