L'avenir de Montréal est-il dans sa banlieue ?

« Ce qui manque à Montréal est une extension... (Photo Ivanoh Demers, archives La Presse)

Agrandir

« Ce qui manque à Montréal est une extension de la ligne bleue dans l'axe de l'île », argumente Dimitrios Raptis.

Photo Ivanoh Demers, archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Dimitrios Raptis

Le futur de Montréal est-il à Brossard, Sainte-Anne-de-Bellevue et à Deux-Montagnes ?

D'après son plan dévoilé le 22 avril, la Caisse de dépôt va construire sur des terres agricoles de ces faubourgs de Montréal des colonies d'habitations et va les gérer par sa filiale Ivanhoé. Avec les trains proposés, les colons auront accès rapide au centre-ville, à l'aéroport et au plus grand parc industriel avoisinant, directement ou par correspondance. Ceci, beaucoup plus rapidement que l'est de Montréal. Un monde de rêve.

Vraiment ? Considérons les faits suivants : 

1. La création de colonies à la périphérie du Grand Montréal diminue l'efficacité de l'agglomération. Moins de terres agricoles, plus d'infrastructures, plus de stationnements, plus de voitures. D'énormes stationnements seront créés aux terminus des trains et ceux qui déménageront aux faubourgs n'auront plus les restrictions de stationnement de Montréal.

2. La valeur ajoutée aux faubourgs viendra de la baisse de la valeur à Montréal, qui va perdre ses spécialistes qui maintenant retournent dormir chez eux à Montréal après le travail. Côté prospérité, la ville suivra l'exemple nord-américain du trou de beigne : Montréal au centre, les faubourgs le beigne.

Les trains sur des rails surélevés offrent une très belle vue aux voyageurs. Ce sont les voisins des rails qui souffrent de la pollution visuelle, du bruit et de l'obstacle à la libre circulation. La valeur foncière va fondre. La ligne de train vers Mascouche, à Montréal-Nord, donne un exemple de ce qu'un train peut faire à un arrondissement.

3. Ce qui manque à Montréal est un prolongement de la ligne bleue dans l'axe de l'île, de l'aéroport à l'est de l'A25 et juste au sud de l'A40. Les autobus l'alimenteront aux deux bouts et toute l'île profitera d'un service qui roulera même en cas de neige abondante et de verglas, contrairement aux trains, surtout les électriques. Pas besoin de stationnements.

L'autoroute 40 sera décongestionnée, parce que les habitants de l'Est auront accès par un service rapide au parc industriel. La congestion sur l'A40 est présentement le plus grand problème de circulation et des gaz à effet de serre qui en résultent au Québec. Cette congestion se répand dans beaucoup de rues et d'autobus dans la direction est-ouest.

En plus, en cas de panne de la ligne verte, la bleue sera une option pour voyager dans l'axe est-ouest. Des centaines de milliers de nouveaux passagers par jour, garantis. Les nouveaux trains, par contre, auront 10 fois moins que ça, encore moins au début, regardons Mascouche.

4. Le prolongement du métro vers Laval a coûté 150 millions le kilomètre et on parlait d'une « folle escalade de prix ». Transports Québec évalue le prolongement vers Anjou à 500 millions le kilomètre. Comment faut-il caractériser ce prix ? Le prix des nouvelles constructions pour les trains proposés sera de 80 millions par kilomètre, si tout va bien.

5. Ce qui importe avant tout est un Montréal écoénergétique, prospère et où il fait bon vivre. Et un Québec qui fait vraiment des efforts pour limiter les gaz à effet de serre en rendant ses villes globalement plus efficaces.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer