Pourquoi s'attaquer aux bénévoles ?

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L'auteur dénonce le fait que le maire de Montréal, Denis Coderre, ait utilisé une formation qu'il a lui-même donnée bénévolement pour justifier un contrat au solliciteur de l'équipe Coderre.

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Laurent Deslauriers

Montréal

Monsieur Coderre, pourquoi dénigrer vos précieux bénévoles, ceux qui s'impliquent avec fougue au bénéfice de votre ville, ceux qui l'aiment et la font rayonner et ne veulent que la rendre meilleure ?

J'ai été profondément déçu, lors de la dernière réunion du Conseil municipal, quand vous m'avez pris à partie afin de mieux dénoncer vos opposants politiques. Que la joute partisane ait lieu est une chose, mais qu'elle utilise de simples citoyens qui s'impliquent bénévolement dans leur ville, c'est très grave, voire malsain. Le 28 novembre dernier, comme chaque année, mon coloc, collègue et ami Laurent Lévesque et moi donnions une formation sur le vélo d'hiver. Comme d'habitude, la participation était gratuite.

La seule différence : il y avait plus de 150 personnes à l'Espace La Fontaine, plutôt que trois ou quatre dans notre salon. Comme à l'accoutumée, nous avons préparé et donné cette formation bénévolement. Il y avait 200 $ de frais à débourser pour payer le lieu. C'est ce qu'a fait l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, en donnant 200 $ à l'organisme parrain de l'évènement, UTILE, qui a payé la salle. En d'autres mots, aucune personne physique n'a touché le moindre sou.

Lors de la période de questions des membres du Conseil de janvier, vous en receviez une au sujet du contrat de 24 999 $ octroyé au solliciteur de votre équipe, Robert Bouvier. En guise de réponse, vous demandiez si « ça se passe ailleurs ? », ajoutant que l'opposition officielle engageait elle aussi certains de ses membres pour des contrats, comme pour « l'exemple de la formation du vélo d'hiver ». Il s'agit non seulement de comparer l'incomparable, mais aussi de placer un simple citoyen dans le rôle du mouton noir.

Plutôt que de critiquer les citoyens qui s'impliquent dans votre ville, pourquoi ne pas les encourager à le faire davantage ?

Chaque jour, des centaines de personnes oeuvrent à Montréal, pour des causes aussi diverses que variées. Vous ne pouvez pas les connaître toutes et tous, mais ces citoyennes et ces citoyens méritent sinon vos encouragements, au moins votre reconnaissance. Ils font une différence. Ces gens font partie de la vitalité de la métropole québécoise et les dénigrer est une erreur.

En employant, devant le Conseil municipal, l'exemple très mal choisi de la formation de vélo d'hiver que j'ai donnée, c'est devant tous les Montréalais que vous m'avez rabaissé. Ce Conseil est l'agora du peuple et une personne qui n'est coupable de rien ne mérite en aucun cas d'y être traînée dans la boue, surtout pas à des fins politiques, et encore moins si elle n'y est pas pour pouvoir se défendre.

Mais il y a plus. Comme citoyen impliqué, c'est assez absurde de se faire accuser d'être membre ou bénévole d'un parti. « La politique, comme le disait si bien Jean-Martin Aussant alors que nous travaillions ensemble, devrait être une chose belle et noble ». S'y impliquer devrait donc être positif et valorisé. Quoi qu'il en soit, je n'ai jamais été membre ou même bénévole de quelque parti politique municipal que ce soit et votre intervention, pour le mépris qu'elle porte à mon égard, ne peut que décourager vos citoyens de s'impliquer, que ce soit en politique ou ailleurs.

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