L'innovation au service des patients

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« Nos propositions ne sont pas un plan d'action complet, mais elles constituent un point de départ », soutiennent les auteurs.

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Paul Hébert

Chercheur et professeur au Centre de Recherche du CHUM et chef du Département de médecine au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM)*

Les ministres de la Santé du Canada se réunissent pour planifier le prochain Accord canadien sur la santé. Le premier accord, au coût de plus de 40 milliards, n'a malheureusement pas amélioré l'accès ou la qualité des soins.

Nous sommes convaincus que les mesures favorisant l'innovation peuvent assurer des changements durables pour combler les besoins en santé de la population. Le défi : favoriser l'innovation qui respecte les diverses compétences, les preuves scientifiques et les nombreux intérêts en jeu, et ce, dans une enveloppe budgétaire limitée.

Au Québec comme au Canada, notre ingéniosité et notre inventivité sont reconnues, mais lorsqu'il est question d'innovation, nous sommes réputés comme étant le pays des perpétuels projets pilotes.

Selon le rapport fédéral de la commission Naylor 2015 sur l'innovation, ce désavantage concurrentiel s'explique ainsi : une incapacité à déployer à grande échelle des pratiques exemplaires, nouvelles ou anciennes, qui mènent à des améliorations durables et généralisées du système de soins de santé. Tout cela parce que nous sommes victimes d'une fragmentation et des silos du système, d'une compétition malsaine pour l'obtention de ressources limitées et d'une rigidité des ordres professionnels de la santé et des syndicats. Voici quelques facteurs d'une longue liste d'obstacles à l'innovation.

NOUVEL ORGANISME CONSULTATIF

Pour repositionner le Canada et ses provinces sur la scène internationale, le rapport Naylor recommande la création d'une nouvelle agence fédérale pour insuffler une vision et coordonner tous les investissements fédéraux en recherche et en santé. Toutefois, cette agence pourrait ne pas susciter un grand intérêt puisqu'il y a aujourd'hui plus de 15 organisations fédérales en plus d'organisations provinciales.

Nous pensons plutôt qu'un organisme consultatif auquel participeraient les parties prenantes pour conseiller les ministres de la Santé serait opérationnel plus rapidement. On pense ici à une table ronde formée de leaders gouvernementaux, d'organismes fédéraux, d'organismes caritatifs, de représentants du secteur privé et de patients. Cette table ronde des sciences de la santé et de la vie pourrait superviser la mise en oeuvre d'un plan d'action axé sur l'innovation, agir comme centre d'échanges et faciliter l'adoption à une plus grande échelle d'interventions exemplaires.

Tout comme le groupe de travail Naylor, il nous paraît nécessaire d'investir un milliard par année dans des fonds destinés à l'innovation en soins de santé pour permettre le déploiement de programmes régionaux. Il faudra aussi procéder à des investissements stratégiques pour bâtir une infrastructure nationale en santé. Les modèles de réseaux de santé intégrés, développés au Royaume-Uni et en Alberta, sont des exemples qui nous permettraient d'arrimer les ressources, les programmes et l'évaluation aux conditions des patients dans le continuum de soins.

Un exemple de réseau qui réussit bien est celui travaillant dans le traitement des accidents cérébrovasculaires qui a récemment complété des études démontrant que déboucher des artères du cerveau et admettre les patients dans des unités spécialisées diminue l'impact d'un AVC. Par ailleurs, la participation des citoyens, des patients et des décideurs s'intègre facilement dans de tels réseaux.

Si nous espérons créer un réel « système de santé apprenant », tel que décrit lors de la table ronde de l'Institute of Medecine des États-Unis en 2007, il faudra accorder la priorité à la mise en oeuvre d'un système d'information, non seulement pour améliorer la communication à tous les niveaux, mais aussi pour mesurer l'impact de nos interventions. Cette tâche pourrait être confiée à l'Institut canadien d'information sur la santé et à Inforoute Canada, des organismes visant déjà cet objectif. Au Québec, le ministre Gaétan Barrette a annoncé que la province déploiera des efforts considérables afin d'établir un réseau d'information. C'est une bonne nouvelle.

Il est essentiel de partager à l'échelle nationale les résultats des programmes pilotes et de créer une base de données nationale sur ceux-ci.

Nos propositions ne sont pas un plan d'action complet, mais elles constituent un point de départ. Souhaitons qu'un plan d'action mobilisateur axé sur l'innovation soit au coeur d'un nouvel Accord sur la santé.

*Également signataires : William Tholl, président et chef de la direction de SoinsSantéCAN, et la Dre Carol Herbert, présidente de l'Académie canadienne des sciences de la santé.

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