Le problème de l'étalement urbain

« En ville, on peut vivre en profitant de... (PHOTO PATRICE LAROCHE, ARCHIVES LE SOLEIL)

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« En ville, on peut vivre en profitant de la proximité des services, des transports en commun et de la disponibilité de l'autopartage », rappelle l'auteur.

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Pascal Grenier

Québec

Lettre au maire de Québec, Régis Labeaume.

Monsieur le maire, vous cherchez de nouveaux objectifs pour 2016. Pourquoi ne pas réduire l'étalement urbain ? S'y attaquer, c'est lutter contre le principal problème environnemental régional. Avec des autoroutes dans toutes les directions, limiter la dispersion urbaine est un réel défi pour Québec.

L'étalement urbain entraîne plusieurs conséquences indésirables et est un véritable gouffre financier. Comment le réduire ? Mentionnons que ce sont surtout les jeunes adultes qui sont attirés par la banlieue. Ils y recherchent une meilleure qualité de vie, la présence de la nature, un terrain plus grand et l'absence de pollution. Ceci se matérialise par une grande maison, dans un quartier tranquille, une auto par adulte, une piscine, des jeux extérieurs pour les enfants et un jardin.

Le problème est que cet idéal est en train de détruire la planète. La ville doit être conçue pour être agréable et en même temps minimiser la consommation de ressources. Pour y arriver, elle doit offrir des services publics de quartiers tels que des piscines, parcs avec jeux, bibliothèques, patinoires, sentiers pédestres, pistes cyclables, jardins communautaires et des transports publics efficaces.

La question du coût est aussi très importante pour un jeune couple dans sa décision de s'installer en ville ou en banlieue.

À première vue, il peut paraître plus avantageux de choisir la banlieue avec le prix des terrains et des taxes moins élevé.

Par contre, à moyen terme, les économies réalisées sont vite dépassées par l'achat d'une deuxième et parfois d'une troisième voiture et les déplacements sur de longues distances, sans compter la dépense en temps due à la congestion. En ville, on peut vivre avec une seule - et même parfois sans - auto, en profitant de la proximité des services, des transports en commun et de la disponibilité de l'autopartage. Les économies sont alors considérables.

La Ville de Québec fait déjà des efforts pour densifier son bâti. Par exemple, le récent programme « Accès famille » favorise l'achat d'une maison à Québec. Toutefois, ce programme pourrait être amélioré en retirant des parties excentriques du territoire, comme Lac-Saint-Charles et Val-Bélair, qui sont dans l'étalement urbain. 

Le récent plan particulier d'urbanisme de Sillery, avec l'ajout de 800 logements en ville, est un pas dans la bonne direction. On pourrait faire la même chose pour les terrains vacants au centre-nord de Beauport. La ville pourrait aussi faire l'achat de vastes lots pour constituer des banques de terrains, lesquels pourraient être revendus en échappant à la spéculation foncière. Par contre, l'élargissement de l'autoroute 73 entre Jean-Talon et De-La-Faune n'est qu'une solution temporaire qui ne fera qu'encourager l'étalement vers le nord.

Voilà donc tout un programme pour vous, maire de Québec, en 2016. Oui, il serait intéressant de faire du patinage, du kayak et de la pêche sur la Saint-Charles, mais l'aménagement viable de la ville, en réduisant la production de gaz à effet de serre, demande beaucoup plus et est un véritable héritage à laisser à nos enfants et petits-enfants.

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